Des semaines de lutte nous attendent et on va avoir besoin de tout le monde. On nous demande d’apprendre aux élèves à se projeter dans l’avenir pendant qu’on les entasse à 35 par classe, qu’on fait partager un.e AESH entre des élèves aux emplois du temps incompatibles et qu’on remercie des collègues la veille de la rentrée. Appelons ça par son nom : de la gestion de pénurie. Et cette pénurie, elle est organisée, ne nous y trompons pas.
Cette rentrée en offre l’illustration parfaite. Une des mesures phare, le questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles, arrive sans moyen de plus à notre connaissance. C’est commode : ça se décrète lors d’une simple conférence de presse, ça donne l’image d’un gouvernement qui agit, et ça ne demande pas de budget supplémentaire. Une mesure qui coûte peu à l’État, beaucoup plus aux personnels. Oui, il faut libérer la parole, et dix millions d’élèves doivent être interrogé.es à l’automne. Mais la DEPP ne compte en 2026 qu’un.e médecin scolaire, un.e infirmier·e, un.e assistant.e social.e ou un.e psyEN pour mille élèves. Une parole libérée qui ne trouve personne pour l’entendre c’est une parole qu’on abandonne.
C’est pour tout ça qu’on se retrouve toustes ensemble le mardi 29 septembre à 11h, esplanade Charles de Gaulle, en grève et dans la rue pour exiger moins d’élèves par classe, de vrais moyens pour les accompagner au mieux, un vrai statut pour les AED et les AESH, la titularisation de toustes les précaires, la défense du statut de fonctionnaire pour toustes et des salaires dignes. Notre école tient parce que nous la portons à bout de bras, en silence. Mais une école qui ne tient que par notre surcharge n’a aucune raison de changer tant que nous continuons à la porter. Alors arrêtons. Soyons bruyant.es.
Et l’école n’est pas seule à suffoquer. Nos dirigeants savent tout chiffrer : les postes à supprimer, les hectares qui brûlent. Ce qu’ils ne chiffrent jamais, c’est le prix de l’inaction. Pas d’argent pour alléger une classe, pas d’argent pour rafraîchir un lycée, pas d’argent pour protéger le vivant. Ils appellent ça de la rigueur. Nous, on appelle ça de l’abandon.
Nos élèves l’ont bien compris, de plus en plus d’entre eux souffrent d’ Éco-anxiété dit-on, comme s’il fallait les soigner. Ces jeunes-là ne font simplement pas l’autruche et tant mieux : ce qui devrait nous angoisser c’est que celles et ceux qui décident ont l’air de ne pas prendre la mesure de la situation. Alors soutenons le vivant et luttons ensemble.
Ça commence par le climat dès le samedi 26 Septembre avec le collectif pour le climat, le vivant, la paix et la justice sociale : pique-nique à 12h30, forum populaire à 13h30, ateliers banderoles, puis manifestation à 15h30 esplanade Charles de Gaulle. Cette manifestation se veut solidaire et intergénérationnelle, porteuse de solutions et d’espoir. Parce qu’on ne fait pas classe dans un monde qui surchauffe et que la guerre et l’extrême droite n’ont jamais rien fait pousser d’autre que des ruines. « Canicules, incendies, pesticides, guerre : on veut vivre ! »
On devrait tout arrêter pour que l’école et le monde restent en état de nous accueillir. Alors on vous attend : le 26 et le 29 septembre. Seul.es, on peut nous ignorer. Ensemble, nous sommes capables d’un vacarme farouche et porteur d’espoir. Rien ne changera sans nous, autant commencer maintenant. À très vite dans la rue !









