Assassinat d’un enseignant dans les Yvelines : SUD éducation exprime son horreur

Un enseignant d’un collège des Yvelines a été décapité en fin d’après-midi, ce vendredi 16 octobre. D’après une publication revendiquant l’attentat sur les réseaux sociaux, l’assassinat ferait suite à un cours de l’enseignant sur la liberté d’expression, utilisant les caricatures de Mahomet faites dans Charlie Hebdo.

SUD éducation exprime son horreur face à cet assassinat et adresse ses pensées à ses proches, ses collègues, ses élèves, sa famille. La douleur de perdre un proche, un professeur, un collègue est insupportable, particulièrement dans de telles conditions.

Les enseignant-e-s doivent pouvoir aborder les différents sujets du programme en classe en utilisant les supports pédagogiques qui leur paraissent pertinents sans avoir à craindre des représailles, sans même parler des menaces sur leurs vies. À ce titre, l’ensemble des enseignant-e-s se montrent solidaires des proches de notre collègue, de sa famille, de ses élèves, de ses collègues.

Samuel Paty : l’heure est au recueillement, pas aux récupérations

Beaucoup de monde dans les rues de Rennes pour rendre hommage à Samuel Paty samedi dernier.
Nous continuerons à nous battre contre tous les fascismes qu’ils soient nationalistes ou religieux.
 

Le communiqué de Sud Education :

À la suite de l’assassinat ignoble de notre collègue, l’heure est avant tout au recueillement. SUD éducation a appelé les personnels à participer aux rassemblements en hommage à notre collègue, notamment à toutes les initiatives prévues le dimanche 18 octobre. L’heure est au recueillement, au deuil et à la solidarité avec les proches, la famille, les élèves et collègues de Samuel Paty.

Les dérapages islamophobes, qui se sont multipliés à la faveur du débat autour de la loi dite sur les “séparatismes”, ont depuis hier encore crû en intensité. Des personnalités médiatiques, des responsables politiques, des parlementaires, se croient autorisé-e-s à déverser leur haine. SUD éducation condamne toutes les généralisations, stigmatisations et récupérations réactionnaires de ce drame, d’où qu’elles viennent.

Les personnels savent que l’éducation, le partage du savoir et l’esprit critique sont des remparts contre l’obscurantisme et le fanatisme et constituent la cible des tenant-e-s d’idéologies meurtrières et rétrogrades.

Le ministre Blanquer a déclaré à la presse se préparer à imposer un “cadrage strict” aux enseignant-e-s amené-e-s à évoquer cet attentat avec les élèves à la rentrée. Cette annonce est inquiétante, quand on sait que dans la perspective du déconfinement, le ministère de l’Éducation nationale a produit des fiches éduscol stigmatisant ouvertement les élèves de confession musulmane. Ces fiches ont été retirées précipitamment suite à l’intervention d’organisations syndicales dont SUD éducation. Rappelons que le ministre n’a eu de cesse de stigmatiser et caricaturer les musulman-e-s..

Les professionnel-le-s de l’éducation n’ont pas besoin que le ministre leur explique leur métier de pédagogue. Ils et elles ont besoin d’être protégé-e-s par leur employeur quand ils et elles sont victimes de menaces. Ils et elles ont également besoin que les infirmier-ère-s, assistante-s sociales-aux, médecins, psychologues soient suffisamment nombreuses et nombreux dans les établissements pour prendre en charge tou-te-s les élèves qui en ont besoin.

A ce sens, les rassemblements prévus appartiennent à celles et ceux qui font le service public, pas à celles et ceux qui le détruisent : la présence du ministre au rassemblement parisien résonne à ce titre comme une récupération indigne. Les personnels ne s’y trompent pas.

Covid19 : Stop à la mascarade !

Avec un protocole sanitaire allégé et surtout aucun moyen pour le faire respecter, nous savons depuis la rentrée que nous courons à la catastrophe. Aujourd’hui le gouvernement adopte un discours culpabilisateur et Macron vient d’annoncer ce mercredi 14 octobre de nouvelles restrictions. Pour SUD éducation l’heure est à la prise de mesures fortes pour protéger l’ensemble des salarié-e-s et les usagers et usagères des services publics.

Pas de moyens supplémentaires

Alors que l’Éducation nationale a été durement impactée par l’épidémie avec une longue fermeture des établissements scolaires, rien n’a pourtant été organisé pour permettre une rentrée garantissant l’accueil des élèves comme la sécurité des personnels.
Pour SUD éducation, répéter l’expérience des fermetures d’établissements n’est pas souhaitable. C’est pour ça que le gouvernement devrait tout faire pour l’éviter. Force est de constater que nous en sommes loin : aucun recrutement significatif, pas de plan de constructions ou de réquisitions de locaux, pas de dédoublements, pas d’investissements, pas de dotation en masques gratuits pour les élèves et le rationnement en masques pour les personnels.

La gestion de l’épidémie par le déni

Au contraire, l’Éducation nationale pratique la politique de l’autruche. Alors que ce qui était bon en juin dernier n’est plus valable en septembre, plus le nombre de cas augmente et moins ils sont comptabilisés. Presque aucun cas contact sur nos lieux de travail, pas de test systématique des élèves lorsqu’il y a des cas dans une classe, mesures d’isolement au compte goutte : à force de vouloir cacher l’épidémie pour valider les décisions politiques désastreuses on la nourrit. Les établissements ne fermant pas en cas de personnels positifs dans le premier degré, même dans le cas où toute l’équipe est atteinte, se sont des enseignant-e-s remplaçant-e-s qui se déplacent d’écoles en écoles, parfois par demi-journée avec le risque accru d’attraper le virus. De plus, au lieu de prendre leurs responsabilités, de nombreux-ses DASEN et IEN culpabilisent les équipes en les accusant de négligence pendant leur pause repas. Par ailleurs l’administration n’anticipe aucunement d’éventuelles fermetures d’établissements à des échelles plus larges : rien sur l’attribution de matériel aux familles, et aux élèves et aux enseignant-e-s, rien sur le cadrage réglementaire de l’enseignement à distance, rien sur l’organisation à prévoir des enseignements et l’accueil des publics fragiles par exemple. Comme début mars, le ministère répète en boucle “on est prêts”, alors qu’il n’a rien communiqué sur le sujet depuis une circulaire laconique de début juillet. Ce n’est pas acceptable : les personnels doivent avoir des éléments d’anticipation pour débattre, entre eux, des meilleures manière d’assurer la continuité des apprentissage dans le respect de leurs statuts et de leurs conditions de travail.

Il faut un plan d’urgence

Plutôt que de tout renvoyer à la responsabilité individuelle, il faut des mesures fortes. SUD éducation propose depuis juin dernier un plan d’urgence pour l’éducation. Du retard a été pris mais il n’est pas trop tard ! SUD éducation propose 34 mesures à appliquer immédiatement ! Nous appelons les personnels à s’organiser dans les établissements pour faire imposer les mesures sanitaires essentielles et à continuer de faire remonter toutes les difficultés rencontrées localement.
SUD éducation appelle les personnels à se mobiliser par tous les moyens pour faire appliquer ces 34 mesures.

Covid-19 : SUD éducation revendique un plan d’urgence pour l’éducation

La rentrée de septembre 2020 a montré l’étendue de l’impréparation du ministère. Aucun poste n’a été créé, le protocole sanitaire de juillet n’a été adapté qu’à la marge, et la gestion des  cas de Covid-19 est toujours davantage renvoyée au local. SUD éducation revendique depuis le printemps un plan d’urgence  pour l’éducation, à même de garantir les meilleures conditions de travail possibles pour les personnels, dans des conditions sanitaires acceptables. Il doit notamment comprendre des recrutements massifs de personnels, la titularisation de l’ensemble des non-titulaires sans condition de concours ni de nationalité, et un plan d’investissement massif dans la construction et la rénovation du bâti scolaire permettant d’accueillir les élèves avec davantage d’espaces. Il s’agit également dans ce cadre et dès à présent de réfléchir aux modalités pédagogiques adaptées à cette période de réouverture en septembre, en tenant compte des inégalités qui se sont accrues.

Ce plan d’urgence est toujours d’actualité : les créations de postes peuvent se faire à n’importe quel moment de l’année, par le biais du recours aux listes complémentaires, de la titularisation à temps plein des contractuel-le-s, de l’ouverture de concours exceptionnels.

Volet sanitaire

À l’heure où la deuxième vague épidémique se développe et que des mesures drastiques sont mises en oeuvre dans différentes parties du territoire, force est de constater que c’est la politique de l’autruche qui prévaut dans l’Éducation nationale. Pourtant, un certain nombre de mesures simples peuvent être prises immédiatement :

-installer des points d’eau et du savon en quantité suffisante ;

une gestion des cas Covid-19 qui soit cadrée nationalement et non renvoyée au dialogue entre les ARS et les services académiques, en revenant aux critères d’évictions en vigueur au début de l’année (éviction d’une classe lors de l’apparition d’un cas), et sans application du jour de carence pour les personnels ;

une politique de dépistage facilitée pour l’ensemble des personnels, des élèves et des étudiant-e-s ;

la mise en place d’une médecine de prévention et scolaire efficiente, par le biais de la création de postes suffisants ;

la reconnaissance immédiate du Covid-19 comme maladie professionnelle ;

réduire immédiatement les effectifs par classe en créant le nombre de postes nécessaires ;

agrandir les locaux avec des constructions d’extensions, de nouvelles écoles et de nouveaux établissements, ce qui est en enjeu pour la salubrité de manière générale ;

augmenter massivement l’acquisition de masques par l’Éducation nationale, pour que les masques puissent être donnés gratuitement aux personnels et aux élèves en quantité suffisante.

Volet postes

Les enjeux liés à la crise sanitaire, que ce soit sur le plan des précautions sanitaires ou sur le plan pédagogique, nécessitent des créations de postes supplémentaires. Cela n’a pas été le cas en cette rentrée, et pourtant c’est encore possible. Pour SUD éducation, il y a plusieurs leviers pour créer dans l’urgence les postes nécessaires :

la titularisation à temps plein de l’ensemble des enseignant-e-s non titulaires, sans condition de concours ni de nationalité : les collègues en question sont déjà souvent en poste depuis longtemps, et ont déjà été employé-e-s devant élèves, il n’y a aucune raison pour qu’ils et elles ne bénéficient pas du statut de fonctionnaire ;

l’admission de l’ensemble des admissibles, aux concours internes comme externes : les recalé-e-s des oraux des concours constituent un nombre très important de potentiel-le-s futur-e-s collègues ; au vu de l’urgence de la situation, il est souhaitable qu’ils et elles  soient stagiarisé-e-s dans leur totalité ;

l’organisation de concours exceptionnels : il est arrivé, encore récemment, que des concours supplémentaires soient organisés en fonction des besoins pour le recrutement des professeur-e-s des écoles ; ce dispositif pourrait être généralisé, en fonction des besoins locaux, dans les départements ;

l’embauche de personnels aidant à la direction pour le primaire, avec un réel statut ;

l’embauche massive d’AESH et la titularisation dans le cadre d’emplois statutaires d’éducateurs-trices scolaires ;

le rétablissement des moyens en remplacement dans le 1er et le 2nd degré.

Volet social

La crise sanitaire a représenté une catastrophe sociale pour de très larges pans de la population, y compris bien sûr une part importante des élèves et des parents. L’Éducation nationale a une part de responsabilité dans cet état de fait, notamment en n’ayant pas compensé automatiquement l’absence de demi-pension par une attribution de fond social exceptionnel aux familles. Dans le cas de mesures d’évictions ou de confinements locaux, ces situations vont se renouveler.  Pour faire face à ces situations, SUD éducation revendique dès à présent :

-soit compensée dans son entièreté la baisse des fonds sociaux qui est intervenue au cours des années précédentes ;

-soient augmentées les aides à la demi-pension et les bourses ;

-soit anticipé, en cas de nouvelle crise sanitaire, le versement d’une attribution exceptionnelle aux familles pour compenser une nouvelle fermeture des services de demi-pension ;

-l’attribution ou le prêt de matériel informatique à chaque famille dans le besoin.

Volet pédagogique

La crise sanitaire a accru les inégalités scolaires. Durant le confinement, certain-e-s élèves ont pu bénéficier des conditions permettant de poursuivre en partie les apprentissages, les autres non. Le retour en classe de l’ensemble des élèves doit avoir pour objectif principal de compenser ces écarts. Pour cela, SUD éducation revendique plusieurs mesures immédiates :

la limitation des effectifs pour favoriser la différenciation, le travail coopératif entre élèves pour niveler les écarts de niveaux et permettre une reprise de contact avec l’école qui se fasse dans la sérénité. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation est de 20 élèves maximum en école élémentaire et en collège, et de 25 en lycée, mais les circonstances exceptionnelles impliquent de descendre encore en-deçà ;

l’aménagement des programmes, afin que les enseignant-e-s puissent mettre en oeuvre au mieux une pédagogie permettant de compenser les inégalités scolaires ;

la liberté pédagogique et de support notamment en CP dans le cadre de l’apprentissage de la lecture ;

une formation initiale et continue qui tienne compte de ces problématiques et de ces enjeux, qui vont nécessairement impliquer des pratiques pédagogiques particulières ;

-un retour des PDMQDC, y compris dans les classes à 12, et un rétablissement des RASED dans leur totalité ;

l’abandon de Parcoursup et de la sélection à l’entrée à l’université, qui cette année plus encore qu’à d’autres moment va fonctionner comme une machine de tri social, le ministère ayant maintenu coûte que coûte les délais.

Volet éducation prioritaire

Les conséquences négatives de la crise sanitaire ont été plus élevées dans les quartiers populaires qu’ailleurs, sur le plan économique et social, comme sur le plan pédagogique. Cette situation justifie un plan exceptionnel pour les écoles et établissements des quartiers populaires. SUD éducation porte à ce titre des revendications pour l’éducation prioritaire depuis longtemps : elles doivent être immédiatement mises en oeuvre pour répondre aux enjeux de la crise sanitaire.

une baisse des effectifs par classe. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation est de 16 élèves maximum en éducation prioritaire, tout en maintenant les CP et CE1 à 12 maximum ;

une vie scolaire renforcée pour les élèves : 1 CPE pour 120 élèves dans les collèges ordinaires et 1 pour 100 en éducation prioritaire et 1 personnel de vie scolaire pour 50 élèves en collège ordinaire et 2 pour 50 en éducation prioritaire ;

des dispositifs d’aide et de prévention complets : 1 RASED complet par groupe scolaire et 1 enseignant-e supplémentaire pour cinq classes (pour le 1er degré) et un recrutement massif de personnels médico-sociaux (assistance sociale, infirmerie, psychologue) ;

l’extension de la prime REP-REP+ à tous les personnels, et la baisse du temps de travail devant élèves pour favoriser la concertation, qui va s’avérer indispensable au vu des difficultés rencontrées depuis la rentrée  ;

l’abandon immédiat du projet de réforme de l’éducation prioritaire basée sur le rapport Mathiot-Azéma et l’ouverture de discussions sur la base des légitimes revendications des personnels, et notamment sur le maintien de la carte de l’éducation prioritaire et son élargissement aux lycées.

Volet enseignement adapté

La crise sanitaire a fragilisé encore davantage les élèves les plus fragiles, à commencer par les élèves en situation de handicap. L’éloignement de l’école pendant une longue période pose un certain nombre de difficultés spécifiques avec le retour à l’école, et les conditions actuelles de l’inclusion ou de la prise en charge du handicap ne permettent pas de le faire de manière satisfaisante. La crise sanitaire a en outre accentué les injonctions contradictoires endurées par les personnels de l’Education nationale en poste dans ces établissements médicaux sociaux considérés comme prioritaires et donc ouverts pendant le confinement. Les collègues AESH sur des postes d’ULIS n’ont pas été respecté-e-s par les chef-fe-s d’établissement qui ont profité de leur précarité pour palier les besoins, notamment administratifs, dans les collèges. SUD éducation porte à ce titre des revendications pour l’ASH depuis longtemps. Elles doivent être immédiatement mises en oeuvre pour répondre aux enjeux de la crise sanitaire :

-des moyens supplémentaires dans les établissements scolaires ordinaires pour permettre une réelle inclusion de ces élèves également accueillis dans des CMS ;

une baisse des effectifs par classe. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation pour la SEGPA est de 12 élèves maximum ;

des dispositifs d’aide et de prévention complets : 1 RASED complet par groupe scolaire et 1 enseignant-e supplémentaire pour cinq classes (pour le 1er degré) et un recrutement massif de personnels médico-sociaux (assistance sociale, infirmerie, psychologue);

l’extension de la prime “spécialisée” à tous et toutes les AESH  ;

une formation en accord avec les besoins rencontrés par les collègues en poste dans l’ASH.

Budget 2021 : l’Éducation n’est toujours pas la priorité

Ce communiqué a été publié le 01/10/2020

Le projet de loi de finances pour 2021 a été présenté en conseil des ministres lundi 28 septembre. SUD éducation en a pris connaissance et constate que l’éducation n’est toujours pas la priorité de ce gouvernement. Les beaux discours ne coûtent pas cher, mais quand il faut les mettre en musique c’est autre chose.

Un budget en hausse ?

Le ministre communique sur l’augmentation du budget de l’Éducation, pour la quatrième année consécutive. Cependant, alors que l’ensemble du budget de l’État augmente, la part du budget de l’Éducation nationale est en diminution depuis quatre ans.

Surtout, le budget 2021 comprend l’enveloppe de revalorisation beaucoup évoquée par le ministre mais qui semble consacrée également aux premiers échelons : les moins rémunérés mais aussi ceux auxquels on reste le moins longtemps.

Des suppressions de postes

Ainsi, si le communiqué accompagnant le projet de loi affirme que “les effectifs sont sanctuarisés pour 2021” on observe une suppression de 1800 ETP dans le 2d degré qui annonce des DHG en baisse dans les collèges et lycée et une diminution des postes pour la deuxième année consécutive. Une sanctuarisation toute relative donc, alors que les effectifs des élèves dans le second degré augmentent fortement depuis plusieurs années de plusieurs dizaines de milliers d’élèves en plus chaque année.

Le nombre d’élèves dans les classes augmente avec les suppressions de postes qui se cumulent dans le second degré année après année. En collège, le nombre moyen d’élèves par classe est ainsi passé (ULIS incluses) de 24,2 en 2010 à 25,1 en 2018. Pour compenser ces coupes sombres, les HSA sont en augmentation alors que le temps de travail augmente en flèche dans un contexte déjà difficile.

Si des efforts sont faits sur le 1er degré pour financer les CP à 12 et les seuils à 24 c’est dans le cadre d’une politique menée à moyens constants et au détriment des collèges et lycées. Et dans ce domaine, nous suggérons de regarder du côté de la Défense (6,8 Md€ de hausse depuis 2017) ou des plans de relances qui consistent à verser des milliards à des entreprises qui licencient.

Privatiser les profits, socialiser les pertes : on connaît la chanson mais elle dissone à nos oreilles.

Enseignement supérieur et recherche

Dans l’enseignement supérieur et la recherche, alors que le nombre d’étudiant-es augmente fortement sans discontinuer (+25 % entre 2011 et 2018), ce sont 198 postes qui sont supprimés dans les universités, dans un contexte où le gouvernement fait adopter un projet de loi de programmation plurinannuel contre lequel se mobilisent les personnels et dont on sent déjà les premiers effets.

AESH : en progrès mais peut beaucoup mieux faire

Ce budget qui prévoit le recrutement de 4000 AESH souligne le manque criant de personnel pour accompagner les élèves en situation de handicap après des années d’incurie. Si ce recrutement significatif va dans le bon sens, il reste en deçà des besoins des élèves et maintient ces collègues dans la précarité. Pour SUD éducation il faut en terminer avec les temps partiels imposés et aller au bout de la logique de la création du statut d’AESH en CDI en ouvrant un corps de titulaires de la Fonction publique qui intégrerait les contractuel-le-s actuellement en poste et reconnaîtrait tant l’importance de ce métier que l’enjeux de l’accompagnement des élèves en situation de handicap.

Crise sanitaire : où ça ?

Le grand absent de ce budget ? C’est la Covid. Alors que l’épidémie repart de plus belle et qu’aucune amélioration à court terme n’est prévisible rien n’est prévu pour corriger un tir catastrophique depuis la rentrée : aucun recrutement supplémentaire, pas de nouveau locaux, pas de dédoublements, pas de personnels de santés supplémentaires. L’Éducation nationale tient son cap de rigueur budgétaire, pandémie ou non. Et pour un « budget de relance » qui « répond à l’urgence immédiate » (Bruno Lemaire) : c’est un peu léger.

Une centaine de suppressions de poste aussi chez Canopé et l’Onisep

La restructuration du réseau Canopé, centrée uniquement sur formation des enseignant-e-s à distance, se traduit par de nouvelles suppressions de postes. De même pour l’orientation, après la suppression des DRONISEP, le passage de l’information depuis le réseau des CIO démantelé au profit des régions qui ne proposent que de l’information sur Internet confiée à des prestataires privés, l’ONISEP perd encore des postes.

Pour SUD éducation, la communication ministérielle ne doit tromper personne : ce que le ministre propose n’est qu’une gestion à courte vue, avec pour seul objectif à moyen terme la réduction des moyens de l’Éducation nationale, ainsi que de l’enseignement supérieur et la recherche.

Depuis plusieurs mois, à l’inverse des orientations de ce projet de loi de finance, SUD éducation revendique la mise en œuvre d’un plan d’urgence.

« Constellations » : la formation continue doit pouvoir être choisie pour répondre aux besoins des personnels

Depuis des années la formation continue des enseignant-e-s se réduit à peau de chagrin.

Manque de remplacement, réforme et appauvrissement de la formation initiale, volonté d’imposer la vision ministérielle du métier d’enseignant-e, le manque de moyens et de volonté politique pour former les personnels de l’éducation sur leur temps de travail s’accroît.

Depuis l’arrivée du ministre Blanquer, le peu de formation se fait de manière de plus en plus autoritaire, avec une normalisation des pratiques qui va dans le même sens que les évaluations nationales et autres préconisations. Ainsi, les professeur-e-s des écoles n’ont plus le choix depuis 2017 pour leurs animations pédagogiques : c’est 9 h de français et 9 h de mathématiques. On retrouve ici la vision tronquée du notre métier d’enseignant-e de moins en moins interdisciplinaire, de notre enseignement de moins en moins transversal, dans l’esprit des 2S2C.

Cette année, un nouveau pas est franchi avec la formation en “constellations”, des groupes constitués par les IENs selon les écoles ou niveaux de classe.

Le ministère voudrait que chaque année 1/6e des professeur-e-s des écoles suive une formation en français ou en mathématiques appelée « Plan français » / « Plan mathématiques ». Il s’agirait de 30h de formation : 18h sur les animations pédagogiques, et le reste constitué de visites en classe par des conseiller-e-s pédagogiques et d’autres collègues.

Ces groupes seront “pilotés” par des conseiller-e-s pédagogiques qui ne pourront pas avoir suffisamment de temps pour organiser cela convenablement.

Il s’agit bien de mettre en œuvre les orientations conservatrices du ministre et de ses proches plutôt que dans la réflexion sur les pratiques de classe. Les visites en classe prévues dans ces formations seront certainement vécues de manière intrusive vu la manière d’imposer les choses, alors même que les ateliers de pratiques réflexives, quand ils ne sont pas subis mais choisis peuvent être très formateurs. Se pose aussi la question des moyens de remplacement pour permettre à ces collègues ces visites croisées. Il est précisé dans les textes que le recours au remplacement peut être diminué par la mise en place de formations réalisées pendant les temps de vacances.

SUD éducation considère inacceptable cette organisation autoritaire de la formation.

La formation ne doit pas être un lieu d’imposition de pratiques au détriment de la liberté pédagogique qui permet de s’adapter à la réalité des besoins des élèves.

SUD éducation revendique une formation continue de qualité, librement choisie et sur le temps de service.

SUD éducation rappelle que les enseignant-e-s du premier degré peuvent défalquer 3 × 3h des ces formations en participant à des réunions d’informations syndicales (RIS) et que les collègues qui souhaiteraient s’opposer collectivement aux visites en classe sont couverts par un préavis de grève (cf. Préavis de grève de la Fédération SUD éducation du 15 septembre au 15 novembre 2020).

Rassemblement à Rennes, 14/10 à 15h devant le rectorat contre la répression anti-syndicale : soutien aux 4 de Melle (79) !

Nos collègues de Melle (79), mis-e- en cause pour leur participation à des rassemblements contre la mise en place des E3C, passent en Conseil de discipline les 12, 13, 14 et 16 octobre. Ce sont quatre collègues qui sont convoqué-e-s à des conseils de discipline : l’acharnement anti-syndical est encore monté d’un cran.

Face à cet exemple emblématique de la répression anti-syndicale dans l’éducation, SUD éducation appelle à participer à un rassemblement national à Poitiers à l’occasion de la tenue des CAPA disciplinaires le lundi 12 octobre à 13h.

SUD éducation 35 Solidaires appelle également à un rassemblement de soutien
devant le rectorat de Rennes le mercredi 14 octobre à 15h

SUD éducation appelle également l’ensemble des personnels à témoigner de leur solidarité avec les 4 de Melle par le biais de prises de positions, de motions en Conseil d’administration ou en Conseil d’école, par l’organisation de rassemblements de soutien devant les DSDEN et les rectorats à l’occasion des Conseils de discipline, et à suivre les initiatives proposées par le comité de soutien.

SUD éducation déposera un préavis de grève spécifique à cette occasion pour toute la semaine du 12 au 16 octobre.

Tract Melle 12 octobre

Le sexisme n’a sa place ni dans les établissements scolaires, ni dans les universités, ni ailleurs

Les injonctions contradictoires sur les tenues vestimentaires ne cessent de s’amplifier. À l’école, à l’université, au travail, dans tous les aspects de leur vie quotidienne, les femmes et les filles subissent des propos sexistes culpabilisants véhiculés par une société restée patriarcale. Les vêtements portés par les filles et les femmes ne correspondent jamais à la norme : trop longs, trop courts, trop enveloppants, trop décolletés… La volonté de contrôler le corps des femmes est une constante qui se manifeste aussi sur leur tenue par des sommations : « couvrez-vous » ou « découvrez-vous ».

Sur le front de l’égalité, Le ministère communique beaucoup, mais agit peu. Si les discussions sur le plan national d’action pour l’égalité femmes-hommes progressent, rien n’est visible pour les personnels dans les établissements et les services. Malgré le travail conduit par la DGRH, les personnels, comme les élèves et les parents d’élèves attendent toujours l’application de la circulaire du 9 mars 2018 contre les violences sexuelles et sexistes. La mission de référent-es égalité filles/garçons dans les établissements ne bénéficie que rarement ou que partiellement des moyens pour la mener. Cette mission n’est jamais une priorité dans les faits. Le constat est le même au sein des établissements de l’enseignement supérieur et notamment des universités, malgré la loi Fioraso de 2013 rendant obligatoire l’existence de chargé-e de mission égalité femme-homme.

Il existe toujours des règlements vestimentaires sexistes qui s’appliquent presque uniquement au corps des filles et des femmes, en contradiction avec l’article 9 de la Charte de la laïcité à l’école.

 

Des collégiennes et lycéennes se mobilisent pour lutter contre le sexisme dont elles sont victimes dans leurs établissements scolaires. Au lieu d’apporter son soutien dans la lutte contre le sexisme, le ministre Jean-Michel Blanquer demande à ce que les filles s’habillent “normalement”. Le lundi 21 septembre, il a encore franchi un cran dans cette voie en demandant de venir à l’école habillé “de manière républicaine”. Les filles et les femmes, comme les autres individus, doivent pouvoir s’habiller sans subir la sexualisation de leur corps. Le ministre semble oublier les pressions que subissent les filles et les injonctions qui leur sont faites concernant leurs vêtements, leur comportement, leur langage.

Contrôler les tenues des filles et des femmes nourrit et reproduit les inégalités de genre et les violences sexistes. Cela participe à la culpabilisation des femmes et des filles et à l’impunité des garçons et des hommes.

Alors qu’une femme sur trois est victime de harcèlement sexuel au travail au cours de sa vie, les procédures prévues par la circulaire du 9 mars 2018 relative à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans la Fonction Publique ne sont pas ou peu mises en œuvre dans l’Éducation nationale, ministère pourtant féminisé à plus de 68 %, sans doute faute d’engagement budgétaire suffisant dans la formation, et dans l’installation d’une véritable cellule d’écoute. L’accord Égalité entre les femmes et les hommes dans la fonction publique stipule pourtant explicitement que les employeurs publics ont un devoir d’exemplarité en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles et qu’il leur est demandé un principe de tolérance zéro.

Le plan national d’action pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes du MENJS et du MESRI doit permettre la prévention et la lutte contre ces violences et les agissements sexistes en tous genres.

 

Nos organisations, (CGT-FERC, FSU, SGEN-CFDT, SNALC, SUD éducation, UNSA-éducation, FIDL, MNL, Solidaires étudiant-e-s, UNEF, UNL) revendiquent :

  • une formation initiale et continue des personnels dédiés à la lutte contre les stéréotypes sexistes et aux inégalités entre femmes et hommes, déployée dans toutes les académies et accessibles à un grand nombre d’agent-es chaque année ;
  • une véritable éducation à l’égalité, à la sexualité et contre les stéréotypes sexistes pour les élèves ;
  • des moyens pour tout-es les référent-es Égalité filles-garçons dans les établissements ;
  • la mise à disposition et diffusion pour les personnels des résultats de la recherche sur les pratiques pédagogiques qui permettent de lutter contre les modes de domination reproduits à l’école ;
  • le bénéfice systématique de la protection fonctionnelle renforcée par le protocole Égalité pour les femmes qui dénoncent les violences sexistes et sexuelles au travail et les violences conjugales ;
  • une formation spécifique de tous les personnels à la prise en charge de ces violences ;
  • la prise en compte réelle des actions et propositions des élèves dans la modification des règlements intérieurs où subsistent des injonctions archaïques en matière de tenues vestimentaires, notamment à travers la mobilisation des CVC et CVL.

Courrier unitaire au ministre sur la liste complémentaire du concours de professeurs des écoles

Paris, le 21 septembre 2020

A

Monsieur Jean-Michel BLANQUER

Ministre de l’Éducation nationale

110 rue de Grenelle

75357 Paris 07 SP

Objet : liste complémentaire du concours de professeurs des écoles

Monsieur le Ministre,

Deux semaines après la rentrée scolaire, nos organisations syndicales constatent une situation difficile dans les écoles : les classes sont trop chargées, les remplaçant-e-s et les enseignant-e-s spécialisé-e-s manquent.

À ces difficultés, s’ajoutent les conséquences de la mise en isolement de nombreux et nombreuses collègues suspecté-e-s d’être positif ou positive au Covid19 ou ayant été en contact avec une personne positive.

Ces quatorzaines mobilisent fortement les remplaçant-e-s et conduisent parfois à reporter sine die des formations institutionnelles telles que les 18 demi-journées REP+, la formation CAPPEI… ce qui n’est pas acceptable.

Au mois de mars, vous aviez annoncé la création de 1248 postes supplémentaires, ce qui pour nos organisations syndicales reste une mesure insuffisante pour assurer des conditions de rentrée satisfaisantes.

Par ailleurs, cette annonce de 1248 postes supplémentaires ne s’est traduite que par une augmentation de 625 places aux différents concours (11415 places en tout) dont 526 pour le concours externe, celui-ci passant de 9 515 à 10 041 places.

Aujourd’hui, près de 2000 candidat-e-s au concours de professeur des écoles, qui ne demandent qu’à enseigner, sont inscrit-e-s sur liste complémentaire.

En cette rentrée difficile, nos organisations syndicales portent une exigence commune : il est urgent Monsieur le ministre, que vous donniez la consigne aux recteurs et rectrices  de recruter la totalité des candidat-e-s au concours inscrit-e-s sur les liste complémentaires et que celles-ci soient abondées si nécessaire.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations distinguées

Signataires :

  • Guislaine David – Co-Secrétaire générale, SNUipp-FSU

  • Stéphane Crochet – Secrétaire général, SE-UNSA
  • Frédéric Volle – Secrétaire général, SNUDI-FO
  • Catherine Nave-Bekhti – Secrétaire générale, SGEN-CFDT
  • Fatna Seghrouchni – Co-Secrétaire fédérale, SUD-Education
  • Patrick Désiré – Secrétaire général, CGT Educ’Action

Un an après la mort de Christine Renon, on n’oublie pas, on ne pardonne pas

Le suicide de Christine Renon a bouleversé les personnels de l’Éducation nationale. Dans une lettre qu’elle adresse à ses collègues avant de mourir le 24 septembre 2019, cette directrice d’école de Pantin décrit avec beaucoup de vérité les difficultés qui font le quotidien des personnels ainsi que le manque de soutien de l’institution.

La mort de Christine Renon a mis au jour une réalité trop souvent niée par l’Éducation nationale : celle de la dégradation des conditions de travail. Les personnels sont confronté-e-s à la précarité grandissante des habitant-e-s du département sans bénéficier des moyens nécessaires pour y faire face. La charge de travail est toujours plus importante alors que les conditions matérielles sont déplorables. L’État a reconnu le caractère imputable au service de la mort de Christine Renon et pourtant un an après, les réponses de l’administration sont largement en-deçà des besoins et des enjeux. Avec 86 médecin-ienne-s du travail pour plus d’un million de personnels et une gestion de management des ressources humaines, la situation ne cesse de se dégrader. Le Ministre Blanquer s’entête dans ses projets de réformes impopulaires : après la loi pour l’École de la confiance et les réformes du bac et du lycée, il entend s’attaquer aux directions d’école pour renforcer une organisation hiérarchique et pathogène du travail, calquée sur celle des collèges et des lycées.

 

La Fédération SUD éducation se joint à SUD éducation 93 pour relayer l’appel du collectif de Pantin à la marche contre l’oubli, pour la jeunesse et l’éducation et appelle tous les personnels à continuer de se mobiliser pour défendre leurs droits et pour un changement radical de politique éducative : l’intérêt du service public d’éducation et la santé des personnels doivent prévaloir sur les impératifs budgétaires et les logiques managériales.

Affiche sur les droits COVID 19

Le ministre l’a claironné haut et fort dans les médias à la rentrée, il est prêt à toute éventualité. S’il a bien prévu l’obligation de la continuité pédagogique, du port du masque, il a totalement oublié de préciser les droits des agent·es dans le contexte de la crise sanitaire. Un peu comme si le sort des personnels dont il a la responsabilité ne lui importait guère… Les textes arrivent au compte goutte et descendent tout doucement du ministère jusqu’aux oreilles des gestionnaires.

Vous trouverez donc ici une affiche qui résume les différents droits et obligations liés au COVID 19 à ce jour.

Vous pouvez la télécharger ici (pdf couleurs) : https://cloud.sudeducation35.fr/index.php/s/AcPkM94QgefE64Y

Vous pouvez la télécharger ici (pdf NB) : https://cloud.sudeducation35.fr/index.php/s/JWP9jNrqTrkmy9j

Alerte rouge dans l’éducation nationale

 

Toute la communication de l’exécutif est actuellement axée sur les signes inquiétants de reprise épidémique. De nombreux indicateurs soulignent une hausse des taux de positivité, taux de dépistage, taux d’incidence, nombre d’hospitalisation, de réanimation, de décès…
Plusieurs pays retournent au confinement total (Israël) ou partiel (Espagne), et durcissent les mesures de protection.

Mais en France, l’exécutif continue de se singulariser par une stratégie originale : l’incohérence et la réaction. Depuis janvier, rien n’a changé en ce domaine.

Mesures générales : des discours et des actes en décalage

Pays centralisé au possible, le gouvernement choisit pourtant en pleine crise majeure et totalement inédite de déléguer les urgences sanitaire, éducative et de droit à l’échelon local, renvoyant toutes les décisions et responsabilités aux ARS, aux Rectorats et aux Préfets.
L’heure est grave, mais le gouvernement n’est plus responsable de rien. Aucun service administratif n’est prêt à gérer cela à la place des ministères, au pied levé !

En mars, le gouvernement n’avait pas assez de masques à distribuer : ils étaient donc « inutiles », et mêmes dangereux.
Aujourd’hui, ne pas en porter peut nous coûter 135€. Nous devons porter le masque partout, tout le temps : dans la rue, dans les commerces, sur les lieux de travail, dans les écoles et établissements… Entre les temps de trajet, les temps de classe, les temps de réunion, les personnels de l’Éducation Nationale et de l’ESR passent en moyenne 8 à 10h par jour avec un masque sur le visage.

A partir de mai, la campagne de dépistage a été lancée. « Tester, tracer, isoler ».
Aujourd’hui chacun-e constate des difficultés pour obtenir un rendez-vous, pour obtenir des résultats dans des délais compatibles avec le risque de transmission de la maladie. Les laboratoires manquent de tests, de réactifs, de machines, de personnels…
Le gouvernement est toujours incapable de porter une campagne de dépistage d’ampleur et efficace. Nous sommes donc toujours aveugles, ou particulièrement malvoyant-es en ce qui concerne la propagation du virus…

Éducation Nationale : un monde à part

Le milieu scolaire est le 4ème lieu le plus propice au développement de foyers d’infection, et pourtant, le ministre de l’Education choisit d’alléger encore le protocole sanitaire.
Nous n’avions déjà plus de distanciation sociale, plus d’interdiction de brassage des groupes, plus de protection des personnels vulnérables.
Les masques DIM, fournis par l’EN mais dénoncés par l’ARS (de Bretagne, par exemple), deviennent soudain suffisants pour empêcher les porteurs de devenir des cas contacts (merci le Haut Conseil pour la Santé Publique – HCSP).

Désormais, pour éviter d’avoir trop de classes fermées et de personnels en ASA, les règles sont modifiées : nous devons apprendre à distinguer à l’école les cas contacts « à risque », et les cas contacts « non risqués ». Il faut au moins 3 cas positifs dans une classe pour envisager sa fermeture (on attend donc de développer des clusters). Les règles de traçage et d’isolement qui s’appliquent dans la société ne s’appliquent plus de la même manière dans les écoles et établissements…

Toutes ces décisions sont prises alors même que le nombre de clusters hors EHPAD, et notamment en milieu scolaire/universitaire augmente fortement dans la région, et particulièrement dans l’Ille et Vilaine.

L’analyse est simple : le ministre veut à tout prix que l’école remplisse sa fonction de « garderie des enfants de salarié-es » afin de servir la relance de la sacro-sainte économie, et modifie à l’avenant les outils de mesure et de protection des personnels et usagers. Blanquer, Castex et Macron jouent délibérément avec notre santé.

Résister, se protéger

L’action collective est toujours la plus efficace pour défendre nos droits et en gagner de nouveaux.

Nous vous recommandons d’utiliser le plus régulièrement possible le RSST, afin de signaler à l’institution chaque défaillance dans la protection des personnels et des usagers. N’hésitez pas à faire des fiches quotidiennement, sur :
• la qualité des masques DIM (trop petits, trop épais, glisse tout le temps…)
• le nombre de masques attribués
• le nettoyage des masques, qui doit être géré par l’employeur et non par le personnel
• la qualité du nettoyage des locaux, la fréquence…
• le nombre de sanitaires disponibles pour procéder régulièrement au lavage des mains
• l’exigüité des locaux, en lien avec les effectifs chargés
• …

L’institution a le devoir de répondre aux dysfonctionnements signalés par les personnels.

Nos revendications

La demande est simple :

→ Soit les indicateurs augmentent dangereusement, le risque est réel, et il faut donc prendre des mesures pour augmenter la protection des personnels et usagers :
• réduction des effectifs
• augmentation du nombre de locaux, du nombre de sanitaires
• augmentation de la fréquence du nettoyage des locaux
• recrutement de personnels
• remise en sécurité des personnels vulnérables
• fourniture de masques chirurgicaux, plus légers, pour laisser passer la voix des enseignant-es

→ Soit la communication est mensongère et le risque stabilisé, et donc les mesures peuvent être globalement allégées :
• fin du protocole sanitaire
• port du masque recommandé mais non obligatoire
• rétablissement des libertés publiques

L’exécutif ne peut pas continuer de jouer sur les deux tableaux, en espérant nous priver de toutes nos libertés, en ne nous laissant que la possibilité d’aller travailler et rentrer chez soi.

Si l’éducation et la santé sont bien des investissements et non des dépenses, comme l’affirme Blanquer dans les médias (interview du 2 juin), alors il faut cesser d’agir pour la réduction des coûts, des effectifs et l’augmentation des inégalités, et au contraire considérer avec sérieux les propositions faites par celles et ceux qui sont au plus près du terrain.

Depuis des mois, la fédération SUD éducation propose et revendique un plan d’urgence pour l’éducation :

→ soutenir financièrement les collectivités territoriales pour qu’elles aménagent les locaux scolaires et recrutent massivement du personnel pour leur nettoyage
→ recruter massivement du personnel : enseignant-es, psychologues de l’EN, enseignant-es spécialisé-es (RASED), AESH, AED… afin de constituer et d’encadrer des effectifs réduits pour tous les niveaux, d’accompagner les élèves en difficulté et en en situation de handicap
→ recruter du personnel médical pour enfin constituer une médecine scolaire (usagers) et une médecine de prévention (personnels) dignes de ce nom
→ recruter des assistant-es sociales-aux pour accompagner les familles victimes de la crise économique qui se profile
→ aménager les programmes pour tenir compte de la situation inédite que nous venons de vivre

Pour SUD éducation, les missions de service public doivent être effectuées par des agent-es du service public : des fonctionnaires, dont le statut garantit l’indépendance de toute influence extérieure (financière, idéologique, sociale…). Battons-nous pour préserver ce statut ou l’obtenir (pour les AED et les AESH) : le statut préserve la qualité du service public.

Écoles maternelles et élémentaires : le ministère ne protège ni les personnels, ni les élèves

Le ministère a fourni, tardivement, des masques aux personnels affectés dans les écoles maternelles et élémentaires. Toutefois, il ne fournit aucun dispositif de protection pour les élèves, et les mesures d’hygiène ont été considérablement allégées. À ce stade, les masques ne sont d’ailleurs toujours pas arrivés en quantité suffisante pour répondre aux besoins fixés par le protocole sanitaire lui-même, à savoir deux masques par jour et par adulte. Par ailleurs, les personnels ont reçu, au mieux, des masques en tissu qui ne constituent pas, du point de vue de l’agence nationale de santé, une protection suffisante. Le ministre prend donc sciemment la responsabilité, alors que plus de 260 classes sont déjà fermées, d’exposer les personnels et les élèves à la contamination.
Plus largement, il prend la responsabilité de favoriser l’apparition de clusters dont la conséquence sera la fermeture de classes, d’écoles ou d’établissements. En effet, l’agence nationale de santé définit clairement comme cas contact tout-e élève ou enseignant-e de la même classe qu’un-e élève ou personnel testé positif à la Covid-19, si l’un-e des deux ne porte pas de masque. Cela signifie que si un-e enseignant-e est testé-e positivement, toute la classe devra être mise en quatorzaine et testée. Cela signifie également que si un-e élève est testé-e positif ou positive, alors l’enseignant-e sera un cas contact également s’il ou elle n’était pas doté-e d’un masque chirurgical.

Pour SUD éducation, cela confirme la désinvolture avec laquelle le ministère et le ministre Blanquer ont préparé cette rentrée.
Les personnels contaminés par la Covid-19 doivent bénéficier de la reconnaissance en maladie professionnelle, et donc la journée de carence ne doit pas leur être décomptée.
SUD éducation revendique la mise en œuvre urgente de mesures permettant de limiter les risques de contamination, par le respect des mesures indispensables d’hygiène et de protection des élèves et des personnels, ainsi qu’une baisse significative des effectifs par classe permettant de réduire les risques de contamination.
Cela suppose des recrutements importants de personnels, en puisant dans le vivier des listes complémentaires aux concours, ainsi qu’au-delà dans les vivier des candidat-e-s admissibles aux concours.

Le sexisme fait sa rentrée

Après l’épisode des gendarmes qui demandent à des femmes de couvrir leurs seins nus à la plage ou celui d’une jeune femme qui s’est vue refuser l’entrée dans dans un musée à cause d’un décolleté jugé trop profond, le sexisme fait sa rentrée en grande pompe. Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer lui a déroulé le tapis rouge.

Lundi 14 septembre, des collégiennes et lycéennes se sont organisées et s’organisent encore pour lutter contre le sexisme dont elles sont victimes dans leurs établissements scolaires. En effet, dans de nombreux collèges et lycées, les élèves, majoritairement les filles, subissent des remarques sur leurs tenues. Les jupes sont trop courtes ou trop longues, les décolletés trop plongeants, les bandeaux trop larges, etc. En tant que personnel de l’Éducation nationale, nous avons été témoins à maintes reprises de ces commentaires voire de l’éviction de certaines élèves des établissements suite à l’ordre d’aller se changer.

Pour répondre à la mobilisation du lundi 14 septembre, le ministre évoque dans une allocution les excès de celles qui voudraient « se couvrir le visage » et de celles qui voudraient « avoir des tenues de tous ordres » en y opposant sa « position équilibrée » qui demande à ce que les élèves soient habillées « normalement ». Il conclut par “il suffit de s’habiller normalement et tout ira bien.”

M. Blanquer, pouvez-vous expliciter ce que signifie des « tenues normales » ? Oserez-vous expliquer aux femmes comment « s’habiller normalement » ? Quand une femme est-elle assez couverte, quand l’est-elle trop ? Les filles et les femmes comme les autres individus, doivent pouvoir choisir elles-mêmes leurs vêtements sans subir la sexualisation de leurs corps.

Cette manière d’enseigner les stéréotypes de genre et de pointer du doigt les tenues des filles et des femmes nourrit les inégalités de genre et les violences sexistes. Cela participe à la culture du viol. Rien d’étonnant dans un ministère dont l’inertie en matière de violences sexistes et sexuelles est effrayante. Les personnels comme les usagères attendent toujours l’application de la circulaire du 9 mars 2018 contre ces violences. Mais pour l’instant, les mesures de protection ne sont que trop rarement mises en place et les auteurs rarement sanctionnés.

De plus, comme les années précédentes le ministère fait usage d’images véhiculant des stéréotypes sexistes dans des exercices des évaluations nationales de CP. On voit ainsi, des garçons bricoler et scier du bois tandis que les filles se coiffent et s’endorment avec des petits nœuds dans les cheveux.

Aujourd’hui comme précédemment nous dénonçons ces exercices sexistes présents dans les évaluations mais aussi dans de trop nombreux manuels scolaires.

 

SUD éducation revendique une véritable éducation à l’égalité contre les stéréotypes racistes et sexistes.

SUD éducation soutient les élèves et les personnels dans leurs combats contre les injonctions vestimentaires sexistes.

SUD éducation revendique de véritable mesures contre les violences sexistes et sexuelles.

 

COVID 19. Quels sont mes droits et obligations ? Fiche SUD éducation

Covid-19: personne vulnérable, contact, malade, enfants… Quels sont mes droits et obligations?

Ci-dessous la fiche, provenant du site de la fédération SUD éducation, qui peut être utile pour info, pour affichage dans nos établissements.

Rentrée universitaire et protocole sanitaire : à qui la faute ?

Devant la multiplication des clusters dans les universités, alors même que celles-ci n’ont pas encore toutes reprises, le MESRI n’a visiblement pas d’autres réponses qu’en appeler à « l’engagement collectif » de la communauté universitaire et à la « responsabilité individuelle » des étudiant-e-s.

Il ne fallait pourtant pas être devin pour bien voir, depuis la fin d’année universitaire dernière, qu’accueillir plus d’étudiant-e-s avec le même nombre de personnels et le même nombre de m² et sans investissement financier significatif allait créer une situation intenable.

De quelle « responsabilité individuelle » parle-t-on quand on convoque plus d’étudiant-e-s que ne compte de places un amphi lors des réunions de pré-rentrée ? Quand l’accueil dans les RU (sans masques évidemment) se fait toujours dans les même conditions? quand l’Etat ne prend pas ses responsabilités en fournissant des masques aux étudiant-e-s?

De quel « engagement collectif » des enseignant-e-s ou des personnels parle-t-on alors que l’on a multiplié les injonctions contradictoires depuis des mois, que l’on s’est reposé sur un investissement personnel énorme des personnels, que l’on a bafoué le droit du travail en terme de « travail à domicile », que l’on ne fournit que quelques masques lavables en guise de protection ?

Protéger les étudiant-e-s et les personnels des universités, ce n’est pas croiser les doigts et fuir ses responsabilités de ministre en renvoyant la faute sur les soirées étudiantes et la vie sociale, c’est investir massivement et durablement dans l’ESR, associer les personnels dans la politique à mener qui allie protection sanitaire et pédagogie, embaucher des enseignant-e-s sur contrats pérennes afin de pouvoir dédoubler les cours, embaucher des personnels administratifs et médicaux, récupérer des bâtiments pour délocaliser des enseignements.

Le ministère n’a visiblement pas pris la mesure de ce qui se passe au quotidien dans les universités, trop attaché à faire passer au pas de charge sa Loi de Programmation de la Recherche (LPR) que la communauté universitaire rejette depuis des mois pourtant.

SUD éducation réaffirme son opposition à ce projet de loi et sa détermination à construire un véritable service public de l’ESR au service de toutes et tous seul à même à répondre à la crise actuelle à travers un investissement conséquent en moyens humains et matériels.

Que cela soit clair : l’“engagement collectif” des personnels sera bien au rendez-vous lors des mobilisations interprofessionnelles du 17 septembre et devant l’assemblée nationale le 21 septembre contre la LPPR à l’appel de l’intersyndicale de l’ESR.

ABANDON DE LA LPPR!

Le projet de loi de programmation de la recherche (LPR) ne répond pas aux revendications des personnels et des étudiant·es, il doit être abandonné 

L’urgence budgétaire est à la prise en charge des besoins immédiats dans l’enseignement supérieur et la recherche.

L’épidémie de la COVID-19 et sa gestion par le gouvernement ont un impact considérable sur notre système d’enseignement supérieur et de recherche. La rentrée universitaire 2020 s’annonce catastrophique, avec des dizaines de milliers de nouveaux étudiant·es dans le supérieur sans que les universités n’aient les moyens de les accueillir. Cette situation est notamment le résultat de plus de dix ans de restrictions sur le nombre de postes d’enseignant·es-chercheur/ses, de personnels ingénieur·es, technicien·nes, administratif/ves, ouvriers, de bibliothèque… Il aurait fallu recruter des dizaines de milliers d’agents et construire de nouveaux locaux depuis longtemps ; c’est d’autant plus prégnant et urgent maintenant que les conditions sanitaires nécessitent de dédoubler les amphis, les TD et TP ! Dans la recherche publique, les moyens manquent pour permettre aux laboratoires de relancer les recherches qui ont été mises entre parenthèses pendant les mois du confinement. Faute des postes de chercheur/ses et ingénieur·es et technicien·nes, la plupart des jeunes dans la recherche ont pour seul horizon l’incertitude, avec au mieux, la précarité de l’emploi.

C’est dans ce contexte que le gouvernement veut faire passer à la hâte au parlement, dès le 21 septembre, la loi de programmation de la recherche (LPR) rédigée avant la pandémie, dont le contenu est à l’opposé des revendications du personnel, et sans tirer aucune leçon de la situation actuelle. La COVID-19 a mis en évidence la nécessité de renforcer le service public. Des postes stables (dans le cadre du statut de la fonction publique) doivent être créés pour répondre aux besoins de l’enseignement supérieur et la recherche (ESR).

Pourquoi nous opposons-nous au projet de LPR ?

Ce projet institutionnalise la précarisation du personnel de l’ESR et remet en cause ses statuts, gage d’une recherche libre et indépendante. La mise en place des « tenure tracks » (chaires de professeurs juniors), contrats de « pré-titularisation conditionnelle » ouvre la possibilité de contourner les dispositifs nationaux d’accès à la profession d’enseignant·e/chercheur·e et de chercheur·e. La création de nouveaux contrats précaires, les contrats de projet scientifique, frauduleusement dénommés « CDI », dont la fin de contrat est conditionnée à la durée et au financement du projet de recherche, remet gravement en cause les recrutements de personnels titulaires.

Le projet de LPR favorise le financement de la recherche par appels à projets, notamment via l’ANR, au détriment de financements pérennes alloués aux unités de recherche dont les laboratoires ont besoin pour accomplir leurs missions. Il encourage ainsi la mise la concurrence à tous les étages, et oriente et limite les thématiques de recherche à des sujets « porteurs » et/ou jugés « rentables » et « valorisables » par le privé. Une telle logique a notamment fait perdre 10 ans de recherche sur les virus de type coronavirus !

En parallèle, l’annonce budgétaire de 5 milliards d’euros sur 10 ans ne permet même pas d’atteindre les 1 % du PIB pour la recherche publique, et laisserait la recherche française continuer son lent déclin. Ainsi la LPR prévoit 357 millions supplémentaires pour le budget 2021 ce qui représente une augmentation similaire aux dernières années. L’effort dans la programmation budgétaire serait prévu après les élections présidentielles ! Et aucun moyen conséquent n’est prévu pour répondre aux besoins urgents de l’ESR liés à la crise sanitaire.

Le personnel de l’ESR, comme les étudiant·es, ont massivement fait savoir par des manifestations, en particulier le 5 mars, ainsi que de multiples motions, qu’ils rejetaient ce projet de LPR. Aujourd’hui, la Ministre tente, à travers un protocole d’accord “relatif à l’amélioration des rémunérations et des carrières” de faire acter en force les dispositifs de précarité prévus dans la LPR en « échange » de promesses d’augmentation de primes largement individualisées.

Nous demandons des moyens et des postes statutaires en urgence.

Nous exigeons l’abandon de la LPR et comptons, par la mobilisation du personnel de l’ESR, afficher notre détermination à construire un grand service public de l’’enseignement supérieur et de la recherche, au service de toutes et tous, avec des moyens humains, financiers et matériels garantis et pérennes, ou la précarité n’est plus de mise.

Nous appelons les collègues à se réunir en assemblées générales, à rejoindre les actions interprofessionnelles de la rentrée partout sur le territoire et à se rassembler massivement le 21 septembre devant l’assemblée nationale à Paris à 14h, jour d’ouverture de l’examen du texte.

Signataires : SNTRS-CGT, CGT FERC SUP, CGT-INRAE, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, FO-ESR, SUD RECHERCHE
EPST-SOLIDAIRES, SUD EDUCATION, SOLIDAIRES ETUDIANT-E-S, UNEF, L’ALTERNATIVE, UNEF, FACS ET LABOS EN LUTTE.

« Tout est prêt », dit le ministre… SUD éducation 35 le dément !

« Tout est prêt », c’est ce que claironne partout Jean-Michel Blanquer. Sur le terrain, SUD éducation 35 ne fait pas le même constat. Le protocole sanitaire, réduit au strict minimum, entraîne de fortes inégalités sur le plan local. Nous constatons d’importantes disparités dans l’appréciation de ce protocole et dans les mesures sanitaires prises par les chef.fe.s d’établissements.

En Ille-et-Vilaine, les personnels n’ont pas reçu le même nombre de masques à la rentrée (4 au lycée professionnel Bel air à Tinténiac, 2 au collège René Cassin de Cancale…) ; certains établissements ont distribué des masques en tissu dits « grand public » à leurs élèves (Collège Morvan Lebesque à Mordelles), d’autres non ; au lycée Bréquigny, le personnel dénonce l’absence totale de gel hydroalcoolique et de produits virucides dans les salles de classe alors qu’on en trouve partout ailleurs… D’un établissement à un autre, élèves et personnels ne bénéficient plus du tout des mêmes protections sanitaires ; pour SUD éducation 35, c’est inacceptable.

Dans tous les cas, le nombre de masques distribués au personnel est largement insuffisant : pour une semaine de 5 jours, il faut au minimum 10 masques par agent.e enseignant.e et non-enseignant.e. Partout, nous constatons que nos collègues ont cassé leur tire-lire en achat de masques et de gel hydroalcoolique pour se protéger. Ce n’est pas au personnel d’assurer sa propre protection. Comme pour le matériel pédagogique, l’Éducation Nationale se repose encore une fois sur la bonne volonté de ses personnels. Mais pour nous, ces pratiques ont assez duré ; c’est à l’État employeur de nous fournir le matériel nécessaire pour travailler et assurer notre protection sanitaire.

Autres constats faits sur le terrain : la distanciation physique est une chimère. Jean-Michel Blanquer avait annoncé une rentrée « la plus normale possible » ; nos classes sont donc surchargées. SUD éducation 35 dénonce une contradiction totale entre les préconisations faites dans les médias et leurs applications concrètes sur le terrain. Les cas de Covid et de quatorzaine apparaissent dans nos établissements mais le protocole sanitaire ne prévoit pas de cadre réglementaire national : la gestion des personnes diagnostiquées et des « personnes contact » diffère donc d’un établissement à un autre et augmente ainsi le risque d’apparition de clusters.

Plus que jamais, SUD éducation revendique la gratuité des masques et du matériel sanitaire ainsi qu’un Plan d’Urgence pour l’éducation avec une baisse des effectifs par classe, la création de postes supplémentaires et la titularisation de l’ensemble des personnels non-titulaires, la rénovation des locaux et la construction de nouvelles écoles…

Rentrée scolaire : au journal télévisé, le ministre Blanquer ne rassure personne

Le ministre Blanquer, une fois encore, a choisi ce jeudi 20 août d’intervenir dans les médias plutôt que de s’adresser aux organisations syndicales ou aux personnels, ce qui montre une nouvelle fois le mépris qu’il leur porte. Disons-le d’emblée, il n’a pas annoncé la publication d’un nouveau protocole sanitaire, assurant que le protocole publié en juillet couvrait différents scénarios possibles d’évolution du virus, ce qui est un mensonge éhonté : il correspond uniquement à une situation de circulation faible du virus, et ne prévoit rien d’autre.

Le seul changement annoncé, dont on ne sait pas comment il sera traduit sur le plan réglementaire, concerne la systématisation du port du masque pour les personnels et les élèves de plus de onze ans dans les espaces clos, et ce sans que le masque ne soit fourni aux élèves. Sur tout le reste (prise de température, tests, fréquence de l’aération, brassage des élèves, nombre d’élèves par classe, personnels vulnérables), aucune évolution n’est prévue. Le ministre s’est montré particulièrement inquiétant concernant la procédure à adopter en cas de détection d’un cas de Covid-19 dans une classe : la fermeture de classes ou d’écoles serait alors laissée à l’appréciation locale, sans faire l’objet d’une procédure cadrée nationalement.

Le ministre assure qu’en cas de nouveaux confinements locaux tout sera prêt pour assurer l’enseignement à distance. Or, c’est encore une fois faux : le « plan de continuité pédagogique » publié en juillet est extrêmement lacunaire, les personnels ne sont toujours ni équipés ni formés, les plateformes ne sont toujours pas sécurisées. Plus grave, aucun moyen supplémentaire n’a été prévu depuis le printemps pour permettre une rentrée qui fasse sens sur le plan pédagogique en cas de reprise de l’épidémie, notamment en termes de créations de postes ou d’aménagement des locaux, comme le revendiquait déjà SUD éducation.

Pour SUD éducation, des réponses claires doivent être apportées aux personnels, aux élèves et aux familles. L’école n’est pas en-dehors de la société et le protocole sanitaire doit maintenant évoluer dans le respect des droits des personnels et des conditions d’apprentissage des élèves. À cette fin, des discussions doivent être immédiatement organisées avec les organisations syndicales aux différentes échelles concernant le contenu et l’application du protocole.