Témoignage d’AESH numéro 2 : du savoir empirique

« Retourner pour la première fois dans une salle de classe depuis une vingtaine d’années, ça a quelque chose d’assez émouvant. On contemple pour la première fois avec un regard adulte ce qui nous a entouré pendant des années quand on était élève – les chaises miniatures du coté maternelle, l’odeur tenace d’urine impregnée dans les toilettes, le gris du goudron dans la cour, qui aura été végétalisée si vous avez de la chance – avec quelques arbres c’est vrai, mais quand même du goudron autour. Quand on revient pour y travailler, l’école entière devient accessible, on peut entrer dans la salle du personnel, ou obtenir la clé du précieux garage à vélos. Enfin, ça c’est la théorie. Parce que les AESH ont beau appartenir à l’équipe éducative au même titre que les professeurs sur le papier, mais dans les faits, certain.e.s ne sont pas les bienvenues dans cette fameuse salle des professeurs – un nom d’usage qui en dit long. A chaque changement d’école, j’ai du réclamer et attendre longtemps pour obtenir un double des clés et pouvoir entrer sans dépendre des allers et venues de mes collègues. Par contre la clé du garage à vélos, je l’ai jamais eue dans les mains.

Pourtant, ça m’aurait bien servi. Parce que des enfants à besoins particuliers qui étaient trop bruyants, trop agités, trop gênants pour rester en classe longtemps, j’en ai suivi beaucoup, et faire un peu de vélo tout seul dans la cour, ça peut être salutaire pour les aider à se calmer.

On ne m’a jamais donné la clé du local, mais ce n’est pas la seule qui m’ait manqué. J’ai l’impression que, chaque journée qui passe depuis que je travaille comme AESH, on m’a forcé à me débrouiller seul sans avoir accès à quoi que ce soit pour faire le job en question. Le fait qu’il n’y ait pas de réelle formation est déjà bien connu, mais il n’y a pas que ça : les classes ne sont pas adaptées à beaucoup de nos élèves. Quand les choses sont accessibles, certains renversent tout. Quand les portes ne sont pas fermées à clé, certains s’enfuient. Quand des plantes poussent sur le béton, certains les arrachent pour les manger. Très vite, on développe une première compétence dans la douleur : l’hypervigilence.

Là où le soutien d’une équipe fait tout, on peut passer de longues matinées isolé.e.s avec un enfant qui hurle mais ne parle pas, et qui montre tous les signes de mal-être dès qu’il passe le portail de l’école. On nous fait comprendre que sa présence en classe dérange alors on sort dans le couloir, mais sa présence dans le couloir est tout aussi dérangeante et il n’existe pas de salle adaptée au sein de l’école pour pallier à cela. Enfin, non : j’en ai déjà connu une. Une salle réservée aux élèves à besoins particuliers. Qu’y avait-il dedans ? Des jeux hors d’âge, des puzzles incomplets, laissés là par des générations de professeurs ayant vidé leurs classes de ce qu’ils ne voulaient plus. Et cette salle représente exactement la place que ces enfants ont dans l’école et le manque de considération qu’ils subissent. Reste la cour de récréation pour s’isoler, s’il ne pleut pas, s’il ne fait pas trop froid. Même avec un vélo ça devient vite triste.

Je n’ai jamais été invité à une réunion de l’école. Je n’ai jamais été officiellement présenté aux parents des enfants avec qui j’ai passé toutes mes journées. Ma parole et mon avis n’ont jamais été pris en compte lors d’une Equipe de Suivi de Scolarité. Je n’ai jamais été invité aux évènements collectifs, aux repas de Noël, aux sorties au bar entre profs. Les professeurs tentent presque systématiquement de me dicter comment faire mon travail.

On ne laisse pas de place aux AESH dans l’équipe éducative tout comme on ne laisse pas de place aux enfants à besoins particuliers à l’école. Eux et nous, on est là en parallèle des autres. On les porte, on les maintient, on les suit tous les jours mais ils sont souvent seuls dans la cour et on est souvent seul face à l’institution qui nous traite avec le plus grand des mépris et, par ricochet, au sein des écoles elles-mêmes cette exclusion peut aussi faire partie de notre quotidien.

On ne m’a que trop rarement expliqué comment m’occuper d’un enfant en particulier. Ce qui fonctionne avec lui. Ce qui avait été déjà mis en place l’année précédente. Quels objectifs on aimerait qu’il atteigne, quand, et comment. Chaque rentrée, on hérite de nouveaux profils livrés sans notice, sauf peut-être un gevasco auquel on devra souvent réclamer l’accès, s’il ne nous est pas interdit par une direction d’école hors sol. Le savoir d’un AESH est empirique. Elève après élève, on tente, on essaie, on propose. On voit ce que ça donne. On fait mal, parfois. Je regrette tellement de moments où j’aurais du faire mieux. On apprend à appréhender le danger, à sécuriser, à faire des compromis face à un enfant autiste et hyperactif qui escaladera chaque élément possible autour de lui. On apprend à agir au delà du mimétisme du professeur pour les faire lire, écrire, prononcer des mots. On essaie de trouver ce qui fonctionne sans aide, ou si peu. On affute son bagage rentrée après rentrée, élève après élève. Des élèves si différents, avec des troubles si différents, qui nous donnent le sentiment de ne pas faire le même métier avec l’un ou avec l’autre. Je suis convaincu qu’un AESH construit sa posture professionnelle dans l’adversité. Et tous ces savoirs accumulés qui permettent aux enfants à besoins particuliers de tenir dans l’école de la République, ils ne servent à rien. Enfin, disons qu’officiellement, ils n’existent pas. Rien ne reflète une quelconque valeur dans notre métier. A peine mille euros pour vivre dans la France de Macron, pas de voix pour s’exprimer, aucune place pour exister.

Un triste exemple en guise d’illustration : dernièrement, je voulais profiter de mes années d’expérience pour valider le CAP AEPE : 14 semaines de stage exigées, par exemple « en école ». Mais la réponse du rectorat est claire : « l’expérience professionnelle en tant qu’AESH ne peut pas être prise en compte pour satisfaire aux exigences du CAP AEPE ». Trois ans et plus à s’occuper d’enfants de toutes les façons (hygiène, gestion des émotions, accompagnement pour manger, se déplacer, apprendre, création de contenue pédagogique, auto formation)… qui ne valent rien aux yeux de l’institution éducative elle-même.

Tout le monde s’accorde à nous trouver indispensables, mais cette reconnaissance relève davantage de la bienséance morale que d’une vraie considération. C’est la magie permise par l’Education Nationale dans notre système libéral délétère : les AESH réussissent l’exploit d’être à la fois indispensables et invisibles. »

Anonyme

Vous êtes AESH ou vous assistez aux conditions de travail indignes des AESH et vous souhaitez témoigner ? Toutes les infos ici !

Commission AESH de Sud Education 35

AESH : ON SE REUNIT !

Commission AESH de Sud Education 35

  • Se retrouver et échanger entre AESH
  • Faire remonter nos réalités
  • Construire nos revendications
  • Imaginer des actions ensemble

Prochaine rencontre :

Mercredi 30 septembre de 14h à 16h au 35 rue de Lorraine, à Rennes.

Ouvert à toustes les AESH syndiqué.es ou non, donc parlez en à vos collègues !

Ramenez un petit truc à boire ou à grignoter à partager si vous le voulez/pouvez.

Dates indicatives des prochaines réunions de la commission :

Mercredi 30 septembre 2026

Mercredi 25 novembre 2026

Mercredi 27 janvier 2027

Mercredi 31 mars 2027

Mercredi 26 mai 2027

Contact, questions : syndicat@sudeducation35.fr ou 09.53.77.57.22

Vous avez la parole : nous avons également lancé un appel à témoignages pour rendre compte des réalités de terrain souvent éloignées de la fiche de poste des AESH, vous pouvez le consulter ici

CSAd 1er degré de rentrée – les conditions se dégradent

Le 3 septembre dernier a eu lieu le CSA départemental 1er degré de rentrée. Entre le manque de personnels, le dysfonctionnement d’ONDE et les failles de sécurité du système d’information du ministère de l’éducation nationale, la fuite des élèves vers le privé, l’effondrement du pouvoir d’achat des personnel.les et la dégradation des conditions de travail, on ne peut que s’inquiéter et se révolter. SUD Education 35 appelle à la grève de la fonction publique du 29 septembre ( https://nouveau.solidaires.org/connaitre-ses-droits/solidaires-fp/les-tracts-et-publications/pour-les-salaires-des-agentes-publics-mobilisation-le-29-septembre/ ).

Dans le premier degré, en effet, si aucun arrêt maladie « long » n’est actuellement non pourvu dans le département, dans certaines circonscriptions il n’y a déjà plus aucun remplaçant disponible. Cela entraînera un appel au vivier départemental de remplaçants dès le prochain arrêt de travail, entraînant des trajets plus longs pour les remplaçants, et sans doute un non remplacement important dans les mois à venir, comme c’était à craindre dès l’annonce de la refonte des systèmes de remplacement l’année scolaire dernière ( https://www.sudeducation.org/communiques/remplacement-dans-le-premier-degre-des-changements-pour-le-pire/ ). Les zones du sud du département ( Bain de Bretagne et Redon ) sont particulièrement en tension. Les nouveaux congés de naissance ( 36 prolongations de congés maternité à venir ) et l’augmentation des temps partiels thérapeutiques ( 64 cette année, en partie liés à la dégradation des conditions de travail ), entraînent des besoins de remplacements supplémentaires qui auraient du s’accompagner de postes supplémentaires, alors que la carte scolaire prévoit la suppression de 29 ETP dans le département.

Dans le second degré la situation n’est pas meilleure, avec des effectifs moyens de 35 élèves par classe en lycée, de nombreux postes notamment d’AED qui ont du être rendu faute de budget, et des conditions du public qui se dégradent à tel point que dans certaines villes du département comme Redon il y a maintenant 60% des élèves du secondaire scolarisés dans le privé, aggravant la fracture sociale. A Rennes ce sont plusieurs collèges du sud de la ville qui se sont mobilisés, voire mis en grève dès cette rentrée pour protester contre leurs conditions de travail dégradées. Nous les soutenons.

Concernant les PAS ( Pôles d’Appui à la Scolarité ), si les postes dépendant de l’ éducation nationale sont tous pourvus en cette rentrée sur les 17 PAS du département ( postes pris sur les seuls moyens du 1er degré, pour rappel ), les personnel.les médico-sociaux dépendant de l’ Agence Régionale de Santé sont manquant en très grande partie ( pour cause de salaires insuffisants ) et le projet d’ouverture des 17 nouveaux PAS a déjà été décalé par le ministère de l’éducation nationale, avec un déploiement pour l’année 27-28 ( plutôt que 26-27 initialement ), avec une demande d’évaluation et d’amélioration du pilotage et du fonctionnement de ceux-ci. Les PAS ne peuvent décidément pas être une réponse au manque de moyens pour l’inclusion ( https://www.sudeducation.org/communiques/pas-derriere-le-discours-de-simplification-une-nouvelle-etape-dans-la-gestion-de-la-penurie/ ). Le manque d’AESH se fait toujours cruellement ressentir, avec seulement 90 nouveaux recrutés dans le département pendant l’été, et 60 à venir d’ici octobre, alors qu’il y a eu 36 démissions pendant l’été, qu’il y a eu 1200 élèves avec une nouvelle notification AESH pour cette rentrée et qu’il manquait environ 200 AESH dans le département l’année dernière.

Un point a aussi été fait concernant la canicule. Si des moyens ont été débloqués pour améliorer la situation ( un plan d’urgence ministériel et un plan « été 2026 » à destination des collectivités ), ils semblent extrêmement insuffisants pour pallier au manque de préparation et à une adaptation réelle de l’école au climat à venir : le plan « été 2026 » prévoit une aide de 4000 euros maximum , pour les collectivités ( financé par le MEN ), pour l’achat de petit matériel ( ventilateurs… ) avant fin septembre , et une seconde aide pouvant aller jusqu’à 10 000 euros pour des petits travaux d’amélioration ( pose de stores extérieurs par exemple ) jusqu’en décembre 2026. Le plan d’urgence ministériel, lui, consiste en l’amélioration des process techniques pour identifier les zones de fraicheur dans les écoles, envisager une réponse plus rapide en cas de canicule et dans le même temps une meilleure continuité du service public ( l’accueil des enfants des personnel.les prioritaires notamment ). Encore une fois on est donc en train de chercher à améliorer une situation à moyens constants ou presque, les vrais investissements nécessaires pour une amélioration du bâti en profondeur ne sont pas prévus. ( https://www.sudeducation.org/communiques/canicule-renover-les-ecoles-pour-ne-pas-avoir-a-les-fermer/ )

Finalement, la cérémonie du 11 novembre a aussi été abordée lors de ce CSAd, avec les inquiétudes qu’elle soulève quant à sa visée militaro-patriotique. https://www.sudeducation.org/communiques/lecole-ne-doit-pas-etre-lantichambre-des-armees-sud-education-contre-la-militarisation-de-la-jeunesse/

Témoignage d’AESH numéro 1 : la réalité est souvent édulcorée

« J’ai longtemps travaillé dans la grande distribution, et je retrouve aujourd’hui un état d’esprit similaire [dans l’éducation nationale]. Les consignes sont données de manière très descendante, souvent maladroite. On nous demande, par exemple, si nous faisons grève, ou si nous pouvons remplacer des collègues grévistes. Ce type de pratiques se banalise et la situation se dégrade fortement.

J’ai le sentiment de ne plus vraiment appartenir à l’Éducation nationale, ni même au monde de l’instruction. On se rapproche davantage du fonctionnement d’une grande entreprise, sans bienveillance. Heureusement, il y a les élèves et une équipe enseignante globalement agréable. Sans cela, je serais déjà retournée dans la grande distribution, quitte à être maltraitée mais mieux payée.

Aujourd’hui, je cumule deux emplois : je travaille dans un collège et également dans une MFR, pour le ministère de l’Agriculture. Je fais environ 42 heures par semaine pour 1 600 euros. Pendant longtemps, j’ai aussi travaillé comme animatrice les mercredis et pendant les vacances pour pouvoir vivre. Après 15 ans de carrière, je gagne 1 200 euros pour 29 heures hebdomadaires. Les conditions de travail, combinées au salaire, rendent la situation très difficile.

Je suis confrontée à des élèves que je ne vois qu’une heure tous les quinze jours, alors qu’ils auraient besoin d’un accompagnement régulier. Certains arrivent en sixième avec un niveau de CE1. D’autres relèveraient d’une ULIS mais se retrouvent en classe ordinaire faute de place. Certains enseignants adaptent leurs pratiques, d’autres refusent totalement. Résultat : ces élèves passent leurs journées à ne rien comprendre, à s’ennuyer et à se sentir en échec. Ils se sentent inférieurs, isolés, et développent un profond mal-être.

Nous sommes censés les accompagner, mais dans les faits, nous les laissons tomber faute de moyens. Cela devient une forme de maltraitance institutionnelle. Les familles, qui ont souvent constitué des dossiers complexes auprès de la MDPH, pensent que leur enfant est correctement accompagné. En réalité, beaucoup ne le sont que très peu, voire pas du tout.

Je fais ce métier depuis 15 ans. J’y suis arrivée par hasard, après divers emplois dans le commerce. J’ai commencé comme EVS, puis je suis devenue AVS et enfin AESH. J’ai signé un CDI en 2018. Malgré les difficultés, je m’accroche.

Je crois profondément en l’inclusion. Tous les élèves ont leur place à l’école, et cela apporte aussi beaucoup aux autres élèves, qui font preuve d’une grande bienveillance. Mais l’inclusion a ses limites : certains élèves ne sont pas au bon endroit, et nous ne sommes pas suffisamment formés ni accompagnés pour répondre à tous les besoins.

J’ai connu des situations très positives. Par exemple, un élève avec trouble du spectre autistique que j’ai accompagné de manière quasi individuelle a pu progresser jusqu’à apprendre à lire, grâce à des adaptations que j’ai mises en place. Mais ce type de suivi devient impossible avec la mutualisation actuelle.

Lors de ma première année, j’ai accompagné un élève atteint de trisomie, non verbal et agressif. Grâce à un travail patient et adapté, il a progressé, s’est apaisé et a réussi à écrire son prénom. Ce fut une expérience extrêmement forte, mais aussi très éprouvante. Ce type de réussite repose sur un accompagnement constant, difficile à maintenir aujourd’hui.

Nous sommes très peu formés. La plupart du temps, nous nous auto-formons, échangeons entre collègues et bricolons avec les moyens du bord. Les enseignants eux-mêmes sont souvent démunis.

Le manque de reconnaissance est flagrant. Notre parole est peu considérée, notamment lors des réunions. On nous rappelle régulièrement notre place. Les différences de traitement avec les enseignants sont nombreuses, que ce soit dans les conditions de travail ou la considération.

La mutualisation est aujourd’hui la principale difficulté. Elle empêche tout suivi cohérent des élèves et nous place dans une position intenable. Lors des réunions, la réalité est souvent édulcorée. On n’ose pas dire aux familles que leur enfant est très peu accompagné.

Je pense qu’il faudrait reconnaître pleinement notre métier, évaluer nos compétences et nous accorder un véritable statut. Nous faisons partie intégrante de l’Éducation nationale et devrions être considérés comme tels. Il faudrait également mettre fin à la mutualisation pour permettre un accompagnement digne de ce nom.

Malgré tout, ce sont les élèves qui nous donnent la force de continuer. Lorsqu’un ancien élève nous remercie et nous dit que nous avons été importants pour lui, cela reste la plus belle des reconnaissances.

Mais aujourd’hui, le métier ne fait plus rêver. Beaucoup de collègues démissionnent, épuisés et découragés. Le manque de moyens, de reconnaissance et de perspectives rend la situation de plus en plus difficile. »

C.

AESH : prenons la parole !

Aujourd’hui, nous ouvrons un espace de parole qui relève autant du témoignage que de l’analyse sociale. Un espace où les AESH prennent la parole sur leur condition, leur place et leur rôle réel dans le champ scolaire.

Il s’agit ici de rendre visibles des rapports de domination souvent naturalisés, devenus si ordinaires qu’ils en paraissent légitimes. Le manque de droits, la précarité statutaire, la faible reconnaissance institutionnelle ne relèvent pas du hasard : ils participent à produire un déficit de capital symbolique qui pèse sur les pratiques, les corps et les trajectoires professionnelles des AESH.

Ces témoignages interrogent également le rapport hiérarchique qui structure le quotidien scolaire. 

Mais cet espace de parole ne parle pas seulement de domination. Il parle aussi de ce qui résiste.

Car malgré l’invisibilisation et la faible reconnaissance, les AESH développent au quotidien un savoir pratique, une intelligence du terrain, un rapport fin aux élèves et aux situations pédagogiques. Un savoir empirique, incorporé, construit dans l’expérience, qui ne trouve pas toujours sa traduction institutionnelle mais qui existe, agit et transforme. 

On peut penser ce travail à partir de la figure du bricoleur de Claude Lévi-Strauss : celui qui compose avec les moyens disponibles, observe, essaie, ajuste, invente des solutions concrètes. Les AESH bricolent, au sens noble du terme. Elles et ils construisent des médiations, inventent des outils, adaptent les situations, produisent des formes d’accompagnement qui ne figurent dans aucune fiche de poste mais qui rendent pourtant possibles de nombreuses situations d’apprentissage.

Dans l’école, la reconnaissance circule selon les positions, les titres et les appartenances, bien plus que selon l’engagement réel ou la connaissance intime du terrain. C’est précisément ce décalage que ces témoignages cherchent à éclairer. Nous donnons le droit de parler à celles et ceux qui sont « bien placé·s », sans toujours interroger ce que vivent réellement celles et ceux dont on attend pourtant qu’iels accompagnent, ajustent, soutiennent, rassurent, inventent.

Et si l’on acceptait de penser que la force pédagogique ne circule pas uniquement du haut vers le bas ?
Et si l’on reconnaissait que l’école inclusive se construit aussi à partir de ces savoirs discrets, de ces pratiques ajustées, de ces expériences incarnées ?

Donner la parole aux AESH, ce n’est pas seulement recueillir des récits : c’est produire une forme d’enquête sur le travail réel, interroger les fondements mêmes de l’institution scolaire, ses hiérarchies, ses aveuglements et ses possibles.

Les AESH sont souvent des figurant·es : présent·es partout  – dans les couloirs, dans les classes, dans la vie scolaire – mais représenté·es nulle part, rarement mis·es au centre. Leur travail apparaît sans exister pleinement. Iels agissent, mais l’institution ne les figure pas.

L’école repose sur un partage du travail éducatif qui n’est jamais complètement explicité, et qui distribue les responsabilités sans distribuer la reconnaissance. Les tâches effectives s’écartent souvent des tâches prescrites, et cet écart produit une forme d’injustice structurelle.

Ainsi, l’identité réelle – celle d’un·e accompagnant·e compétent·e, inventif·ve, engagé·e – se heurte à l’identité assignée par l’institution : celle d’un·e auxiliaire interchangeable. Une tension entre identité vécue et identité prescrite, qui traverse profondément le métier.

Pourquoi alors recueillir ces témoignages ?

Parce qu’il ne s’agit pas d’écrire sur, mais d’écrire avec. Donner la parole aux AESH, c’est faire émerger des savoirs situés, rendre perceptible ce que les cadres institutionnels peinent à voir : les gestes discrets, les ajustements permanents, les intuitions construites, les compétences acquises en situation.

Ces témoignages donnent accès à une connaissance du terrain qui échappe largement aux discours officiels. Ils permettent de faire apparaître un savoir souvent maintenu à la marge, un savoir efficace mais peu légitimé.

Dès lors, l’enjeu de ce travail est moins de dénoncer que de rendre visible. Faire apparaître ce qui, d’ordinaire, reste figurant. Redonner du poids à des voix que l’on réduit trop souvent à une simple fonction d’exécution, alors même qu’elles relèvent d’une véritable compétence relationnelle, pédagogique et pratique.

Ce recueil de témoignages vise ainsi à combler un écart devenu trop important entre ce que les AESH font réellement et ce que l’institution dit qu’iels font. Il s’agit de restituer une forme de justesse dans la compréhension de ce métier, en prenant au sérieux l’expérience de celles et ceux qui l’exercent.

Ce travail est enfin une manière de rappeler que l’école inclusive ne se construit pas uniquement à partir des prescriptions descendantes, mais aussi à partir de ces pratiques discrètes, de ces savoirs incorporés, de ces expériences situées. Autrement dit, à partir de celles et ceux qui, au quotidien, font tenir concrètement l’institution.

Si vous souhaitez participer à cette enquête, envoyez nous votre témoignage à syndicat@sudeducation35.fr.

Témoignage numéro 1 : la réalité est souvent édulcorée

Témoignage numéro 2 : du savoir empirique

Résumé de la réunion de présentation des PAS à la DSDEN.

Un certain nombre de départements expérimentateurs sont déjà rentrés dans le système des PAS à la rentrée 2024 ; le 35 ne devait pas y entrer avant 2026 mais le ministère a demandé a ce qu’un maximum de départements effectue le basculement les PIAL vers les PAS pour la rentrée 2025. C’est un système établit en partenariat avec l’ARS et la MDPH.

Le but est de s’affranchir de la MDPH pour fournir de l’aide aux élèves aux besoins éducatifs particuliers : ils n’ont pas besoin d’avoir une notification MDPH pour y recourir.

Le PAS proposera des expertises pour les élèves vus (avec suivi, analyse du cas, plans d’action vers l’accessibilité des apprentissages, des interventions ponctuelles sur le site…). Les aménagements pourront être pédagogiques en classe / sous la forme d’une aide pédagogique et éducative (EN, éducateur, appui paramédical) / via du matériel pédagogique adapté. Possibilité également d’établir desliens avec les professionnels libéraux (psychomotricien, orthophoniste…). Les PAS ne fournissent PAS d’aide humaine (AESH), c’est du ressort de la MDPH. En revanche ils peuvent fournir une aide au remplissage du GEVASCO pour les professeur.es.

Une équipe de PAS : un.e éduc spé + un.e pilote de PAS de l’éducation nationale (c’est à dire enseignant spécialisé « de préférence mais ce n’est pas une obligation ») En cas de congé maladie/maternité etc de l’éduc spé cela relève du médico social; dans le cas du pilote de PAS, il n’y a pas de solution de remplacement.

Cette démarche prend appui sur un travail en partenariat avec le secteur medico-social (CMPP notamment : mais cela ne permettra pas d’accéder plus vite à un suivi au CMPP, c’est une aide « supplémentaire »).

Cette analyse et ces adaptations mises en place par les PAS sont aussi un éclairage pour le travail de maMDPH si les familles ont recours à cette dernière pour leur enfant (d’où le partenariat).

La MDPH aurait souvent dit que l’accompagnement humain paraissait être une solution (AESH) faute d’informations antécédentes sur les élèves, alors que d’autres types d’adaptations pourraient être mieux.

Liste des PAS pour la rentrée 2025 dans le 35 et lieux d’implantation dits « Guichets d’Accueil » :

Bain de Bretagne 1 (college le chene vert)

Pacé 1 (college dolto)

Rennes Est 2 (EEPU tregain et EEPU marcel pagnol)

Saint Jacques 1 (antenne RASED)

Saint Malo 1 (EEPU alain colas) + circonscription de St Malo ville

(Il reste 14 PIAL)

Le nombre de PAS est encore à déterminer pour la rentrée 2026, mais à la rentrée 2027 tout le département devrait avoir basculé et abandonné les PIAL pour les PAS.

Pour une école égalitaire : agir et faire entendre sa voix avec SUD éducation !

Des réformes très largement rejetées par la profession

L’augmentation de la part du contrôle continu dans le baccalauréat, fait exploser les inégalités entre établissements et élèves et remet en cause, une nouvelle fois, la liberté pédagogique des équipes, via le Projet Local d’Évaluation.
Par ailleurs, le ministère a accéléré la mise en place d’un statut de directeur·trice avec la loi Rilhac : cette mesure ne répond absolument pas aux besoins des équipes, au contraire.

2022-2023 : un budget de l’Éducation nationale insuffisant à tous les étages

Le budget annoncé pour la rentrée 2022 est largement en-deçà des enjeux auxquels est confronté le système éducatif, épuisé par cinq années de refus du gouvernement de donner au service public d’éducation les moyens de fonctionner correctement et de garantir l’égalité de traitement des élèves sur le territoire.

À tous les niveaux, les moyens manquent cruellement :

  • pas assez de personnels médico-sociaux (un médecin pour 12 000 élèves),
  • pas assez de personnels AESH pour accompagner les élèves en situation de handicap,
  • dans le second degré, le budget prévoit la suppression de 500 postes d’enseignant⋅es. Cela porte à 8 000 le nombre de postes supprimés dans le second degré dans un contexte de hausse démographique,
  • dans le premier degré, il n’y a pas assez de moyens pour recréer les postes de RASED dont les écoles ont besoin,
  • les augmentations de salaire sont insuffisantes et limitées à des mesures catégorielles.
  • encore du mépris pour les AED : alors que les parlementaires avaient adopté un amendement visant à versant l’indemnité REP aux AED, le ministre a empêché la mesure d’aboutir et entend proposer aux AED, déjà à 41h à temps complet, de faire des heures supplémentaires pour améliorer leur rémunération : quelle honte !
Zoom sur l’école inclusive !

Les AESH se sont massivement mobilisé·es le 19 octobre dernier pour la reconnaissance de leur métier avec la création d’un vrai statut avec un vrai salaire et pour l’abandon de la politique de mutualisation des moyens dans les PIAL. SUD éducation appelle les AESH ainsi que l’ensemble des personnels à poursuivre la mobilisation. Sans les AESH, il n’y a pas d’école inclusive !

Nos revendications pour un plan d’urgence pour l’éducation !
  • des recrutements massifs afin de diminuer les effectifs en classe,
  • des recrutements de personnels médico-sociaux.
  • un accent mis sur la formation continue des personnels,
  • des moyens matériels permettant une mise à niveau du bâti scolaire pour faire face aux enjeux sanitaires et climatiques des années à venir,
  • pour l’école inclusive : la création d’un vrai statut de la Fonction publique pour les AESH et l’abandon des PIAL,
  • la titularisation des personnels précaires.
L’école face à la menace réactionnaire

L’action du ministre Blanquer flatte les néo-libéraux qui voient dans le service public d’éducation un outil de la reproduction des inégalités sociales. Mais elle répond également aux exigences de l’extrême-droite identitaire et conservatrice qui s’oppose au progrès social. La récente campagne d’affichage dévoyant la laïcité en est un nouvel exemple. SUD éducation continue de s’opposer à cette vision réactionnaire de l’école et mène vigoureusement le combat pour la laïcité. Blanquer préfère répondre aux attentes de l’enseignement privé et confessionnel plutôt que de garantir l’accès à un service public d’éducation pour tou·tes les élèves qu’importe leur classe sociale, leurs origines, leur genre, leur orientation sexuelle ou leur religion… En effet, les discriminations ne sont pas suffisamment combattues au sein du service public d’éducation à tel point qu’elles mettent en danger la scolarité et parfois la vie de certain·es élèves.
La banalisation dans le débat public des idées réactionnaires, racistes, xénophobes, intolérantes profitent aux partis d’extrême-droite. Or l’extrême-droite ne porte aucune proposition sociale : dans le champ de l’école, les partis d’extrême-droite ne disent rien des véritables difficultés d’un service public d’éducation mis à mal par des années de politiques libérales. Au contraire, l’extrême-droite porte le retour à une école de la ségrégation sociale à partir d’une vision fantasmée de l’école de la IIIe République qui scolarisait séparément les enfants des classes populaires et les enfants des classes supérieures, qui maintenait les inégalités entre hommes et femmes et qui défendait la colonisation.

Pour SUD éducation, l’extrême-droite reste l’ennemie du service public d’éducation.
Face à son inquiétante progression :

  • bâtissons l’école de demain : une école de l’Égalité,
  • renforçons le syndicalisme de transformation sociale en adhérant à SUD éducation.

Nouveau Bulletin d’adhésion 2021-2022

Depuis l’année dernière, vous pouvez également adhérer en ligne – ponctuellement ou avec un renouvellement annuel !

L’adhésion en ligne ou notre Bulletin d’adhésion 2021-2022 sont disponibles ici : https://www.sudeducation35.fr/adherer-a-sud-education-35/

Important : ce bulletin intègre notamment les cotisations adaptées aux AED AESH APS et contractuels telles que décidées lors de notre AG du 3 février 2021. Ces cotisations adaptées devraient être bientôt disponibles en ligne également.

Rémunération et temps de travail des AESH : les organisations syndicales FSU / SE-UNSA / SGEN-CFDT / CGT Éduc’Action / SNALC / SUD éducation dénoncent un statu quo inacceptable.

Rémunération et temps de travail des AESH : les organisations syndicales FSU / SE-UNSA / SGEN-CFDT / CGT Éduc’Action / SNALC / SUD éducation dénoncent un statu quo inacceptable.

Alors que l’amélioration de la situation des AESH est présentée comme un objectif du Comité Consultatif AESH installé le 27 février dernier, et que le constat est sans appel, aucune proposition satisfaisante au regard de l’urgence sociale n’est formulée par le ministère.

Les constats sont flagrants :
• Le temps incomplet est la règle : malgré leur demande de travailler à temps plein, les AESH sont massivement maintenu·es à temps incomplet (en moyenne 62 %).
• Les augmentations de rémunération liées à l’ancienneté ne sont quasiment pas appliquées : 72 % des AESH sont rémunéré·es à l’indice plancher (indice 329), parmi les salaires les plus bas de la Fonction publique
• Le salaire moyen est de 760 € net par mois.

La seule piste évoquée pour augmenter les rémunérations est d’augmenter le temps travaillé en proposant des missions hors fonction d’accompagnement d’élèves en situation de handicap et en multipliant les contrats de travail à temps incomplet avec différents employeurs, ce qui maintient les AESH dans la précarité. Ces pistes vont à l’encontre de l’objectif de professionnalisation et de reconnaissance des missions des accompagnant-es d’élèves en situation de handicap. La flexibilité imposée par la mise en place des PIAL n’a pas permis d’aboutir à des contrats à temps plein, comme promis par le ministre.

Les organisations syndicales FSU / SE-UNSA / SGEN-CFDT / CGT Éduc’Action / SNALC / SUD éducation exigent des mesures immédiates et significatives en termes de sortie de la précarité pour les AESH. Cela implique dès à présent un budget pour les financer :
• En finir avec le recours aux contrats à temps incomplets subis et respecter l’intégralité des notifications d’accompagnement ;
• Reconnaître l’exigence des missions des AESH par une revalorisation immédiate et conséquente de leurs rémunérations ;
• Refondre l’espace indiciaire de rémunération en relevant dès à présent l’indice plancher et l’indice de haut de grille pour une évolution de carrière décente. Cela implique un élargissement de la grille.

La reconnaissance professionnelle des AESH doit passer par la création d’un corps de fonctionnaires correspondant aux besoins permanents indispensables au bon fonctionnement du service public d’éducation.

Le Premier Ministre et le Président de la République doivent sans attendre prendre les arbitrages qui s’imposent pour que la situation des AESH soit réellement améliorée dès la rentrée de septembre 2020. Il en va de la crédibilité et de la réussite de l’École Inclusive. C’est une urgence pour les élèves en situation de handicap et les personnels qui les accompagnent.

Paris, le 15 juin 2020

Pas de rentrée en mai pour les AED, AP et AESH !

SUD éducation revendique que l’administration protège ses salarié-e-s précaires en terme de santé. L’urgence est d’abord sanitaire !

AED : protégeons les travailleurs et travailleuses précaires face au Covid-19 : https://www.sudeducation.org/AED-protegeons-les-travailleurs-et-travailleuses-precaires-face-au-Covid-19.html?var_mode=calcul

AESH : Protégeons les travailleurs précaires face au Covid-19 : https://www.sudeducation.org/AESH-Protegeons-les-travailleurs-precaires-face-au-Covid-19.html?var_mode=calcul

AED, AESH, Enseignant-e-s et Agent-e-s contractuel-le-s : la reprise ne devra pas se faire au détriment de votre santé !
https://www.sudeducation.org/AED-AESH-Enseignant-e-s-et-Agent-e-s-contractuel-le-s-la-reprise-ne-devra-pas.html?var_mode=calcul

Le guide AESH de SUD éducation : https://www.sudeducation.org/Guide-AESH.html?var_mode=calcul

AESH : Protégeons les travailleurs précaires face au Covid-19

Depuis le lundi 16 mars, les écoles sont fermées pour tenter d’endiguer l’épidémie de Covid-19. Il aura fallu attendre le dernier moment pour que des informations claires soient transmises aux Accompagnant-es d’Elèves en Situation de Handicap. Les AESH ne doivent pas se rendre sur leur lieu de travail et conservent leur salaire.
Néanmoins beaucoup d’accompagnant-e-s, qui sont ordinairement employé-e-s par les mairies pour assurer des vacations sur le temps périscolaire ou reçoivent dans le second degré des heures supplémentaires dans le cadre de l’aide au devoir, vont voir leurs revenus diminuer.

De plus l’administration exige qu’elles-ils participent à la continuité pédagogique et éducative, en contactant les enseignant-e-s, en adaptant les supports, en continuant à s’auto-former, en renseignant des questionnaires, en répondant à des mails, en contactant des élèves par tous les moyens possibles, y compris en utilisant le téléphone personnel ou en sortant poster un courrier.
Pourtant le métier d’AESH, qui accompagne des élèves en situation de handicap dans leur parcours scolaire, est difficilement adaptable au télétravail. Et le faible salaire des accompagnant-e-s ne leur permet d’ailleurs souvent pas d’être équipé-e-s en matériel numérique. Le télétravail ne fait qu’accentuer les inégalités entre élèves et entre salarié-e-s. Les AESH font donc comme ils et elles peuvent, avec les outils à leur disposition.

Certaines administrations ont demandé à leurs services de lister les AESH qui seraient volontaires pour effectuer des gardes d’enfants de soignant-e-s sur des temps périscolaires (cantine, temps de garderie, week-end). Cette demande n’a pas de cadre légal : les missions des AESH (spécifiées dans la circulaire n° 2017-084 du 3-5-2017) ne peuvent concerner que des élèves en situation de handicap et doivent être rémunérées par les collectivités territoriales. S’il s’agit de temps scolaire, les AESH n’ont pas à être présent-e-s dans des locaux scolaires seul-e-s, puisque leurs missions s’effectuent d’après les textes sous la responsabilité pédagogique d’enseignant-e-s.

Encore une fois, ces demandes pointent l’impréparation des services de l’ Éducation nationale face à cette crise et met en évidence les inégalités entre personnels.

SUD éducation revendique que l’administration protège ses salarié-e-s précaires en terme de santé et tienne compte de la situation sociale des AESH et de la spécificité de leur métier.

L’urgence est d’abord sanitaire : ce n’est pas de faire travailler les personnels coûte que coûte, et de les exposer aux risques de contamination !

Exigeons la prime REP et REP + pour les AED et les AESH

Depuis la création des REP (réseaux d’éducation prioritaires) en 2014, les personnels touchent une indemnité au nom de la spécificité de leur travail et la pénibilité de leurs conditions de travail. Tous les personnels ? Non. Malgré la communication du ministère de Jean-Michel Blanquer à la rentrée 2018 qui avait pu le laisser espérer, les Assistant-e-s d’Éducation et les Accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap ne perçoivent toujours pas l’indemnité REP, autour de 208 euros pour un contrat annuel d’une quotité de 50 %. Pourtant AED et AESH font partie du personnel d’encadrement et d’accompagnement et contribuent au même titre que les autres personnels, titulaires ou non titulaires, à la réussite de tous les élèves en éducation prioritaire. Ils et elles sont confronté-e-s directement à la grande difficulté des élèves en vie scolaire et en classe et participent pour une part plus qu’importante à la bonne marche des établissements REP ou REP +. Cette injustice flagrante contrevient à l’égalité de traitement des agents de la fonction publique.

La brochure pour se mobiliser pour demander la prime REP/REP + :

SUD éducation revendique le versement de l’indemnité REP à tous les personnels travaillant en éducation prioritaire.

SUD éducation invite :

  • Chaque AESH et AED travaillant en éducation prioritaire à envoyer massivement un courrier de réclamation à leur administration (modèles pages 5 et 6 de la brochure). L’administration a deux mois pour vous répondre. Une absence de réponse équivaut à refus. Pour la suite des démarches (recours et tribunal administratif, contacter votre syndicat SUD éducation local).
  • l’ensemble des personnels titulaires ou non titulaires à faire voter des motions (cf modèle de motion ci-dessous dans les conseils d’administration et les conseils d’école.

N’hésitez pas à contacter votre syndicat SUD éducation dans votre département pour vous aider à calculer le montant de l’indemnité qui vous est dû.

Au-delà du versement de l’indemnité REP à tous les personnels travaillant en éducation prioritaire, SUD éducation revendique une augmentation de salaire pour tous les contractuel-le-s et leur titularisation immédiate sans condition de nationalité ni de diplôme.

Le temps de travail des AESH : Analyse de la fédération SUD éducation

La nouvelle circulaire relative aux missions des personnels accompagnant les élèves en situation de handicap publiée le 5 juin 2019 introduit des modifications sur le temps de travail des AESH.
Dans les départements, les DSDEN interprètent la circulaire souvent au détriment des AESH.
SUD éducation appelle les personnels à faire respecter leurs droits et accompagne les AESH dont l’employeur ne respecte pas la réglementation.

Que dit la circulaire ?

Le temps de travail des AESH est calculé sur la base d’une durée annuelle à temps plein de 1607h pour un temps complet sur 41 semaines.
Pour calculer le temps de travail d’un-e AESH, il faut diviser la durée annuelle du travail par le nombre de semaines travaillées qui est de 41.

Ce temps de travail inclut les missions d’accompagnement des élèves, de préparation et de formation telles que définies dans la circulaire au point 3.4 :
« Ce temps de service inclut l’ensemble des activités réalisées par l’AESH au titre du plein exercice de ses missions :
—  l’accompagnement du ou des élèves ;
—  les activités préparatoires connexes pendant ou hors la période scolaire ;
—  les réunions et formations suivies pendant et hors temps scolaire. »

Dans nombre de département, les DSDEN tentent de faire calculer le temps de travail hebdomadaire des AESH sur 39 semaines et non sur 41 semaines au prétexte que les élèves ne sont en classe que 36 semaines. Ce calcul augmente considérablement le temps de travail hebdomadaire : pourtant ce calcul est illégal ! La circulaire est explicite à ce sujet :
« Les semaines en sus des 36 semaines de temps scolaire permettent de tenir compte des missions que l’AESH effectue en lien avec l’exercice de ses fonctions en dehors du temps scolaire. Dès lors, le temps de service hebdomadaire d’accompagnement du ou des élèves sert de référence pour la détermination du temps de service. »

Si votre employeur décide de calculer votre temps de service hebdomadaire à partir des 39 semaines, contactez le syndicat SUD éducation de votre département qui interviendra auprès de l’administration pour réclamer le respect de la réglementation. Si cela ne suffit pas, SUD éducation vous accompagnera dans les recours juridiques vous permettant de faire respecter vos droits !

La circulaire considère que l’écart entre le temps de service effectué avec élèves de 36 semaines et la durée annuelle du travail de 41 semaines correspond au travail de préparation, de coordination et de formation : cela ne peut servir à justifier un dépassement de votre temps de service hebdomadaire.

La formation des AESH

La circulaire du 6 juin prévoit 60h de formation initiale auxquelles peuvent s’ajouter des « formations suivies pendant et hors temps scolaire ». SUD éducation revendique des formations sur leur temps de service (c’est-à-dire sur le temps d’accompagnement devant élèves prévu dans leur emploi du temps hebdomadaire). Les personnels AESH ne sont pas à disposition de l’employeur et ne peuvent se rendre disponibles selon le bon-vouloir de celui-ci.
Si nous ne pouvons pas refuser légalement ces formations hors temps scolaire, le mercredi après-midi ou pendant les vacances, SUD éducation appelle les AESH à boycotter collectivement ces formations afin d’éviter qu’elles ne se généralisent.
Le salaire
SUD éducation continue de dénoncer les insuffisances de cette circulaire qui ne garantit toujours pas un vrai statut aux personnels AESH.

Les personnels AESH sont encore largement employés sur des temps incomplets avec par conséquent des salaires incomplets et une retraire incomplète.
SUD éducation revendique des emplois à temps complets de fonctionnaires pour les AESH avec une prise en charge de tout le travail invisible.
—  un temps plein de 24h devant élèves,
—  un salaire de base à 1700 euros,
—  de véritables augmentations salariales à l’ancienneté.

Les missions des AESH :

Souvent, dans les écoles, les collèges ou les lycées, la hiérarchie demande aux AESH de remplir des missions qui ne sont pas les leurs en aidant soit la vie scolaire soit le secrétariat. Les AESH ne sont pas tenu-e-s d’effectuer des missions qui ne sont pas présentes dans leurs contrats. On ne peut vous demander de faire du travail administratif ou de surveiller la récréation. Si vous êtes confronté-e-s à ces difficultés dans votre travail, contactez le syndicat SUD éducation de votre département !

L’éducation nationale encourage la précarité en recrutant sous des contrats précaires.
Pour la titularisation de tous les personnels AESH sans condition de concours ni de nationalité.
AESH, c’est un métier, il doit être reconnu et intégré dans le statut de la Fonction Publique !

ENSEIGNANT-E-S CONTRACTUEL-LE-S ET AESH : SUD EDUCATION DENONCE UN PLAN DE LICENCIEMENT SILENCIEUX

Cette rentrée 2019 marque un tournant dans la gestion des ressources humaines par l’éducation nationale : entre les non-renouvellements de contrat, les retards d’envoi des attestations Pôle Emploi, le non-respect du cadre réglementaire qui encadre le temps de travail, les personnels précaires sont particulièrement maltraité-e-s.

Des conditions de rentrée inadmissibles pour les AESH

C’est particulièrement vrai pour les AESH (accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap). Ceux et celles-ci devaient signer à la rentrée des contrats de trois ans avec une durée du travail annualisée (1607h sur 41 semaines à temps plein) selon la circulaire ministérielle du 6 juin 2019. Or plusieurs rectorats ont été incapables d’éditer ces contrats à la rentrée (plusieurs milliers), d’autres ont commencé à réinterpréter la circulaire en augmentant le temps de travail hebdomadaire des AESH sans augmentation ni de la quotité horaire contractuelle, ni du salaire. Ces difficultés de rentrée viennent s’ajouter à la précarité que subissent déjà les personnels AESH. Aucune revalorisation salariale n’est prévue à l’heure actuelle, pourtant les salaires des AESH sont insuffisants : entre les temps incomplets imposés, le refus de leur faire bénéficier de la prime « éducation prioritaire » et l’absence d’augmentation salariale au cours de la carrière, le salaire moyen d’un-e AESH peine à s’élever au-dessus de 600 à 800 euros par mois.
Enfin, la mutualisation des personnels AESH, telle qu’elle est prévue dans la circulaire du 6 juin 2019 avec les PIALs (pôle inclusif d’accompagnement localisé) a considérablement dégradé les conditions de travail avec de plus en plus de service partagé sur plusieurs établissements, ce qui signifie un accompagnement beaucoup plus morcelé. De nombreux-ses AESH manifestent aujourd’hui leur désir de démissionner. Du côté des élèves, il y a toujours de nombreuses notifications pour lesquelles il n’y a encore pas d’AESH affecté-es.

Un plan social chez les enseignant-e-s contractuel-le-s

Après avoir massivement eu recours aux contractuel-le-s ces deux dernières années, le gouvernement a entamé d’autre part un plan de licenciement qui ne dit pas son nom. Les contractuel-le-s sont les premier-e-s à subir les suppressions de postes annoncées par le gouvernement Macron. Des centaines de contractuel-le-s enseignant-e-s, mais aussi des contrats aidés, des AESH et des AED n’ont pas été renouvelé-e-s, sans légitimation, ni respect des règles, en arguant de bilans professionnels à charge parfois ignorés du ou de la salarié-e, voire sur des motifs discriminants. Et pourtant il reste des postes vacants et des besoins à couvrir. L’inquiétude monte à juste titre chez les parents d’élèves. Et non contente de ne pas renouveler les contrats, l’administration tarde à délivrer les attestations Pôle Emploi, laissant ces agent-e-s de la fonction publique sans revenu. Cette « restructuration des moyens humains » n’est-elle pas le résultat de la réforme du lycée ou de la généralisation d’une 2ème heure supplémentaire obligatoire ? Toujours moins de personnels, pour de plus en plus de charge de travail, les contractuel-le-s faisant office de variable d’ajustement.

SUD Éducation revendique :

– la titularisation de tou-te-s les agent-e-s de l’Éducation nationale,

– la mise en place d’un système paritaire de gestion des affectations et des renouvellements de contrats,

– une harmonisation des conditions de travail pour tou-te-s les contractuel-le-s sur l’ensemble du territoire

– un renforcement de la CCP,

– une revalorisation salariale à l’ancienneté des contractuel-le-s, ainsi que le même droit aux primes.

SUD Éducation invite les contractuel-le-s à se faire entendre et à organiser la défense de leurs conditions de travail.

AESH : c’est un métier, il doit être reconnu ! Mobilisations 15 et 23 mai

AESH c’est un métier, il doit être reconnu !

Dans le cadre de la loi “pour une école de la confiance et de la concertation pour une école inclusive”, le ministère a annoncé une série de mesures concernant « l’école inclusive ». SUD éducation dénonce cette duperie du Ministre qui consiste à scolariser les élèves à besoins spécifiques dans des classes ordinaires sans former les enseignant-e-s, sans fournir les moyens humains nécessaires au suivi de leur scolarité dans les classes et sans produire d’avancées concernant le statut et les conditions de travail des Accompagnant-e-s des Élèves en Situation de Handicap (AESH).

Décryptage des annonces Blanquer

La fin des contrats aidés ? c’est insuffisant pour sortir le métier de la précarité !

SUD éducation se félicite de la fin du recours à des personnels en contrat aidé pour accompagner les élèves en situation de handicap. Néanmoins, l’Éducation nationale doit impérativement réembaucher les personnels qui travaillaient jusqu’alors avec ces contrats afin qu’ils et elles puissent continuer d’exercer leur métier. SUD éducation revendique le réemploi de tous les personnels qui travaillaient en contrat CUI.

La fin des CUI ne sonne pas la fin des contrats précaires pour les personnels AESH pour qui le gouvernement refuse de créer un véritable statut de titulaire dans la Fonction Publique. Les CUI et les contrats d’un an renouvelables pendant 6 ans avant l’obtention d’un CDI devraient être remplacés par des contrats de 3 ans renouvelables une fois avant l’obtention d’un CDI. Cette disposition n’est pas nouvelle car elle était déjà préconisée par les textes de loi mais les rectorats refusaient de l’appliquer. Même les personnels AESH qui exercent en CDI ne sont pas titulaires, ils et elles subissent les temps incomplets imposés, les bas salaires et les affectations arbitraires !

Les PIAL ? Rentabilité et renforcement de la hiérarchie dans la gestion des AESH !

Le Ministre a annoncé l’instauration à la rentrée 2019 des Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisé (PIAL) pour organiser la présence des personnels AESH auprès des élèves en situation de handicap. Ces PIAL réuniront plusieurs établissements scolaires (collèges et lycées) et écoles d’une même zone. Les AESH seront alors contraint-e-s de :
- accompagner plusieurs élèves simultanément et/ou successivement autant de fois que la direction du PIAL le décidera en cours d’année. L’’administration ne se préoccupe pas du lien éducatif et pédagogique entre l’élève et l’AESH, ce qui empêche le suivi sur du long terme.C’est du saupoudrage d’accompagnement que nous promet le ministère !
- changer de lieu de travail jusqu’à plusieurs fois dans la même journée : les AESH pourront accompagner un enfant en élémentaire de 8h à 10h puis un autre dans le collège d’à côté de 10h à 12h puis encore un autre au lycée l’après-midi.

L’objectif du Ministre est simple : « rentabiliser » et « mutualiser » au maximum les personnels AESH en les rendant plus mobiles et en mutualisant les moyens. Il sera encore facile pour les chef-fe-s de généraliser le regroupement des élèves en situation de handicap dans la même classe et de nommer un-e ou plusieurs AESH pour s’occuper de tous ces élèves alors même que certain-e-s d’entre eux et elles ont besoin d’un suivi individualisé. Ceci témoigne d’un mépris du rôle éducatif des personnels AESH. Les AESH ne sont pas interchangeables et corvéables à merci !

Le double employeur ? Une dégradation des conditions de travail et la non-reconnaissance des compétences des personnels AESH !

Les personnels AESH subissent les bas salaires, puisqu’ils et elles sont payé-e-s au SMIC, ainsi que les temps incomplets imposés : ils et elles gagnent 600 à 850 euros pour 20 à 28h de travail par semaine.
Pour pallier cette rémunération précaire, le ministère veut proposer aux AESH de compléter leur service en étant recruté-e-s par les collectivités territoriales pour assurer la surveillance des élèves pendant le temps périscolaire (cantine – garderie…). C’est un refus de reconnaître le rôle éducatif et pédagogique des AESH en les renvoyant à des tâches qui ne sont pas les leurs.

SUD éducation dénonce cette proposition qui consiste à maintenir des personnels dans la précarité afin de leur imposer une dégradation de leurs conditions de travail.
SUD éducation revendique l’emploi à temps plein des personnels AESH dont les missions d’accompagnement des élèves en situation de handicap constituent un emploi à temps plein : aux heures avec les élèves s’ajoute tout un travail invisible de préparation, de formation et de coordination qui devrait être reconnu !

Verso :
Gagnons un vrai statut pour les AESH !
Titularisation sans conditions de tous les personnels AESH !

Des AESH syndiqué-e-s et non syndiqué-e-s se sont réuni-e-s dans un stage de formation syndicale de SUD éducation et ont élaboré une plateforme revendicative pour améliorer leurs conditions de travail et d’existence. SUD éducation soutient leurs revendications !

→ Statut
• Titularisation sans conditions de diplôme ou de nationalité
→ Salaire
• Salaire à l’entrée dans le métier : 1700€ nets
• Accès aux mêmes primes, pondérations et indemnités que les personnels titulaires (REP, indemnités de résidences, pondération pour affectation multiple…)
→ Conditions d’accès au métier
• Formation initiale d’un an rémunérée, à l’Espé, statut de stagiaire
→ Temps de travail
• Temps plein à 28h/semaine ◦ 24h max avec élèves ◦ 4h pour le travail invisible
→ Formation continue
• Accès au plan de formation académique avec une offre spécifique de formation pour les AESH ◦ Inscriptions aux formations sur la base du volontariat ◦ Formations sur le temps de travail
→ Nom du métier
• Éducateur scolaire spécialisé
→ Conditions de travail
• Affectation sur 2 établissements au maximum
• Création de commissions paritaires pour les affectations des AESH
• Pas plus de 2 élèves en accompagnement individualisé
• Respect des notifications MDPH
• Pas plus de 1 accompagnant/élève en primaire, 2 acc./élève dans le 2nd degré
• Constitution d’une brigade de remplacement AESH
→ Évaluation
• Pas d’évaluation, avancement à l’ancienneté

SUD éducation appelle les AESH à se rassembler, à se coordonner en Assemblée Générale et à se mettre en grève pour défendre leurs droits et en gagner de nouveaux :

  • le 15 mai à l’appel des syndicats de l’intersyndicale AESH (SUD éducation – CGT éduc’action – SNES – SNUEP – SNUipp – FO – SNALC – SGEN – UNSA) en participant aux rassemblements et aux assemblées générales qui seront appelés dans les départements
  • le 23 mai en participant à la grève et aux rassemblements appelés par SUD éducation

La lutte collective est notre arme pour améliorer nos conditions de travail !

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Lire un contrat d’AESH