Fortes chaleurs et canicule : guide syndical pratique pour se protéger

Ce guide a été élaboré par le Groupe de Travail Conditions de travail de SUD éducation 35. Vous y trouverez les repères juridiques, les seuils techniques et les procédures concrètes pour protéger votre santé, celle de vos collègues et celle de vos élèves lors des épisodes de fortes chaleurs dans les écoles et établissements d’Ille-et-Vilaine.

A partir de quelle température dois-je m’inquiéter ? ⤴️​

Il n’existe pas de seuil réglementaire de température minimale ou maximale entraînant l’obligation d’interrompre le travail ou de fermer un établissement : ni le Code du travail, ni le Code de l’éducation ne fixent de températures. Nous choisissons de nous appuyer sur les données scientifiques de l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) et de l’OMS, pour avoir des repères.

Comment faire valoir mes droits face aux fortes chaleurs ? ⤴️

L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs
Ces mesures comprennent :
1° Des actions de prévention des risques professionnels, y compris ceux mentionnés à l’article L. 4161-1 ;
2° Des actions d’information et de formation ;
3° La mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.
L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes.

Article L4121-1 du Code du Travail

SUD éducation 35 rappelle que notre employeur est légalement tenu de garantir notre santé et notre sécurité au travail. Nous devons pouvoir exercer notre activité dans des conditions de sécurité, sans altération de notre santé. Précisons qu’il y a notamment une obligation de résultats (Article L. 4121-1 du Code du travail) et une priorité donnée aux protections collectives sur les consignes individuelles (Article L. 4121-2).

SUD éducation 35 soutient tous les personnels dans leurs actions nécessaires à la protection de leur santé : rédactions de fiches SST, exercices des droits d’alerte et de retrait, déclarations d’accidents de service ou demandes d’Autorisation Spéciale d’Absence pour les personnels vulnérables… Retrouvez ci-dessous les procédures concrètes pour exercer ces droits.

✅ Déposez massivement des signalements dans le RSST ⤴️​​

Sud éducation 35 vous recommande a minima de faire des fiches SST pour documenter et alerter sur les conditions de travail, notamment en relevant les températures dans les salles de classe et en signalant l’absence de dispositifs de rafraichissement.

Le Registre Santé et Sécurité au Travail (RSST) est entièrement dématérialisé dans l’académie de Rennes. Il est accessible depuis votre espace professionnel Toutatice. Pour être efficace, le signalement doit être strictement factuel et descriptif. Vous pouvez déposer autant de fiches que besoin et toustes les collègues peuvent signaler le même risque.

⚠️ Faites une capture d’écran ou imprimez votre fiche SST. Transmettez-en une copie à votre syndicat.

⚠️ Si vous subissez des pressions pour vous décourager, voire vous interdire de continuer à rédiger des fiches SST, contactez-nous !

Modèle de texte à adapter et à copier-coller dans le RSST :
« Ce jour [Date], dans la salle [Numéro ou nom du local], la température mesurée à l’aide d’un thermomètre a atteint [XX]°C à [Heure]. Cette situation présente un risque thermique pour la santé des enfants et des personnels contraints d’y travailler. Plusieurs élèves présentent des sueurs abondantes, des signes de fatigue prononcés et se plaignent de maux de tête. L’employeur ne garantit pas des conditions de travail adaptées à la sécurité des agentes et agents. »

✅ Exercez vos droits d’alerte et de retrait face à un Danger Grave et Imminent (DGI) ⤴️​​

« L’agent alerte immédiatement l’autorité administrative compétente de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ainsi que de toute défectuosité qu’il constate dans les systèmes de protection. »

(Article 5 – 6 du décret n°82 – 453)

Face à des températures élevées sur votre lieu de travail, avec ou sans dispositif de rafraichissement, vous pouvez estimer que cela constitue une situation de Danger Grave et Imminent (DGI). Vous pouvez alors user de votre droit d’alerte et de retrait. C’est un droit individuel mais il peut être exercé simultanément pour donner une dimension collective. Nous vous le conseillons.

⚠️ Ces situations et ces démarches, peu fréquentes et complexes, peuvent nécessiter un accompagnement syndical, n’hésitez pas à contacter SUD éducation 35 !

Procédure pour les droits d’alerte et de retrait :

  • Stoppez le travail, prenez en charge les élèves/étudiant·es et allez vous réfugier dans un lieu sécurisé (ici, le le lieu le plus frais à disposition). Les élèves doivent rester sous la surveillance réglementairement prévue.
  • Une fois les élèves/étudiant·e·s et les personnels hors du danger, il faut alerter votre supérieur hiérarchique par téléphone en expliquant que vous faites usage de votre droit de retrait (« Pour des motifs sérieux et raisonnables d’atteintes à la santé, j’amène mes élèves/étudiant·es dans un autre lieu et vous informe que je fais donc usage de mon droit de retrait, encadré par le décret 82-453 »).
    ⚠️ Chaque personnel concerné·e par le droit de retrait doit personnellement faire cette démarche auprès du/de la supérieur·e hiérarchique.
  • Doublez cette information par un e-mail de sa boite professionnelle personnelle à son/sa supérieur·e hiérarchique. Le mail est très succinct et peut prendre la forme suivante :

    « Madame/Monsieur l’inspecteur·trice/ le·la directeur·trice/le·la chef·fe d’établissement, [Contextualiser éventuellement le danger si des démarches antérieures ont été effectuées, telles qu’alertes autres, fiches RSST, etc.] Aujourd’hui, entre XX heure et XX heure, [décrire le danger]. Il est de ma responsabilité de protéger les élèves/étudiant·e·s qui me sont confiés ainsi que de protéger ma propre santé. C’est pourquoi je vous informe que, dans le carde du décret 82-453, je fais usage de mon droit de retrait : j’ai évacué avec mes élèves/mes étudiant·e·s ma classe et nous nous sommes réfugié·e·s [lieu de refuge]. Cet écrit fait suite à mon appel téléphonique qui vous a averti de la situation. »
  • Contactez en urgence un·e membre de la F3SCT (écrivez à syndicat@sudeducation35.fr ou appelez le 07 83 49 31 45) pour nous avertir que vous vous êtes placé·e·s en droit de retrait. Un.e membre de la F3SCT doit venir immédiatement sur place constater le danger grave et imminent auquel vous êtes confronté·e·s, puis à l’issue du déplacement et constat, cette personne inscrira un signalement au Registre Danger Grave et Imminent (RDGI) ce droit d’alerte.

✅ Déclarez des accidents de service ⤴️​​

En cas de malaise ou de maladie liés à la chaleur suite aux conditions de travail (trajet compris), il faut penser à le déclarer comme un accident de service, que ce soit avec ou sans arrêt de travail. Déclarer un accident de service, c’est essentiel. Individuellement, ça permet une prise en charge par l’employeur de tous les frais liés à l’accident et le maintien intégral du salaire. Collectivement, ça met notre employeur face à ses responsabilités : garantir notre santé et notre sécurité au travail !

✅ Demandez des Autorisations Spéciales d’Absence (personnel vulnérable) ⤴️​​

En Ille-et-Vilaine, les personnels vulnérables ont été les grands oubliés de cette crise. L’administration a demandé in extremis, dimanche 21 juin dans l’après-midi, aux chef.fes de service, directeurices et chef.fes d’établissement de recenser les personnes vulnérables par elles-mêmes. S’en sont suivies lundi une diversité de consignes contradictoires sur le terrain.

⚠️ Aujourd’hui, mardi 23 juin 2026, en GT CSA-D, M. Ruban (adjoint au DASEN) a assuré qu’il était possible de demander une Autorisation Spéciale d’Absence (ASA) en raison du contexte, avec certificat médical à l’appui. Cependant, il a précisé qu’il y aurait une « grande souplesse » dans les ASA (ex : femmes enceintes ou personnes sans possibilité d’avoir un certificat médical).

SUD éducation 35 dénonce un cadre flou qui ne garantit pas la protection de la santé des personnels les plus vulnérables. Si votre ASA est refusée, contactez-nous !

« Contre la répression syndicale, à Rennes 2 et ailleurs »

Dans le contexte actuel de montée des idées et des politiques réactionnaires, les mouvements sociaux sont de plus en plus réprimés. C’est vrai pour les mobilisations dans la rue, mais c’est aussi vrai sur les lieux de travail ou d’étude. Dans un grand nombre d’entreprises, des syndicalistes subissent des mesures de rétorsion, des mises à pied ou des licenciements lorsqu’ils s’opposent aux mesures anti-sociales. C’est le cas à la Poste, à la SNCF, dans les hôpitaux, à l’inspection du travail, etc.

En février 2026, la CGT a rendu publique une liste de plus de 1 000 militantes et militants CGT visé·es aujourd’hui par des procédures administratives, disciplinaires et judiciaires. Un rapport récent de la Confédération syndicale internationale a
pointé « un déclin prolongé des droits des travailleurs, notamment caractérisé par une répression des militants syndicaux et
des restrictions imposées aux manifestations ».

Dans les universités aussi, on constate une répression grandissante : banalisation des interventions de la police sur les campus, présidences d’universités qui tentent d’interdire des mobilisations antifascistes et antiracistes (notamment contre les frais différenciés et la préférence nationale ou encore en soutien à la Palestine), mise en place des règlements intérieurs restrictifs,
sanctions disciplinaires, distributions d’amendes, etc. Récemment, un militant syndical, co-secrétaire de la CGT Sorbonne Université, a été gravement blessé lors d’un rassemblement à la Sorbonne dans le cadre d’une mobilisation contre la hausse
xénophobe des frais d’inscription pour les étudiant·es étranger·es extra- communautaires. Mediapart, dans un article publié ce lundi 8 juin titre que les facs sont confrontées « à des répressions inédites » : https://www.mediapart.fr/journal/france/080626/sciences-po-paris-i-toulouse-les-facs-confrontees-des-repressions-ineditesonfrontees-des-repressions-inedites

L’Université Rennes 2 n’est malheureusement pas épargnée par ces tendances préoccupantes. Depuis trop longtemps, les instances représentatives des personnels sont méprisées et réduites à de simples chambres d’enregistrement. Les droits et les outils syndicaux sont régulièrement entravés (droit d’alerte, signalements dans le registre santé sécurité au travail, restriction de la communication syndicale et exigence d’un droit de regard sur les publications pour certaines organisations). La liberté syndicale est également remise en question, notamment avec des tentatives de la présidence d’empêcher la tenue de conférences organisées par les syndicats.
Ainsi, au printemps dernier, le « Village antifasciste », co-organisé par des syndicats des personnels et des organisations étudiantes, a été pris pour cible. La présidence a tenté de faire enlever le mot « antifasciste » du titre de l’événement pour éviter de déplaire « sur le plan médiatique et partenarial ». En représailles à notre refus, elle a suspendu certains droits syndicaux afin d’entraver l’organisation de cette journée.

Aujourd’hui, l’université Rennes 2 n’a pas renouvelé le contrat du représentant syndical de Sud Éducation dans le but de l’évincer. Cette décision intervient alors que ce représentant avait alerté sur la dégradation des conditions de travail au sein de son service, soulevant ainsi des préoccupations légitimes, également observées par la F3SCT. À cette occasion, la commission consultative paritaire (CCP), compétente pour contrôler l’absence de lien entre cette décision et l’exercice du mandat syndical, s’est réunie dans des conditions particulièrement dégradées, ne permettant pas de garantir le respect du débat contradictoire ni l’absence de discrimination dans ce choix de non-renouvellement du contrat.

Avec la précarisation massive de l’enseignement supérieur et une part toujours plus importante de contractuels parmi les personnels, cette ultime attaque représente une ligne rouge franchie et établit un précédent à Rennes 2. Elle nuit directement à l’engagement des personnels contractuels dans les organisations syndicales, les instances représentatives et la vie de l’établissement.
À quelques mois des élections professionnelles, cette mesure envoie un message profondément inquiétant à nos collègues contractuels, qui pourront craindre à l’avenir d’être évincés de leur poste en raison de leur engagement.

Cette situation est de plus en plus préoccupante et nous affirmons qu’il est impératif de mettre un terme à ces entraves aux droits syndicaux à l’université Rennes 2. Nous ne pouvons plus rester silencieux face à cette atteinte aux libertés fondamentales.

L’intersyndicale CGT FERC Sup Rennes 2 – SUD – Solidaires Etudiant.es – Union Pirate – Le Poing Levé – FSE dénonce cette répression qui menace l’exercice des libertés syndicales et demande la réintégration du représentant syndical de Sud Éducation.

L’intersyndicale CGT – SUD – Solidaires Etudiant.es – Union Pirate – Le Poing Levé – FSE s’inscrit dans la dynamique nationale de l’appel contre toutes les répressions, signé par un grand nombre d’organisations, de mouvements de jeunesse et de personnalités. Elle appelle à rejoindre la manifestation parisienne le samedi 20 juin.

Pour signer l’appel : https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfxBYKmUgh6IMvJFQyBxkoGWt6oYgAjzEnCW-hqAHhI09mUUA/viewform?pli=1

Elle appelle également à se rassembler à l’occasion du Comité Social d’Administration d’établissement (CSAe), mardi 30 juin à 12h30 devant la présidence du campus Villejean, afin d’exiger le respect du droit syndical à l’université Rennes 2.

Témoignage d’AESH numéro 1 : la réalité est souvent édulcorée

« J’ai longtemps travaillé dans la grande distribution, et je retrouve aujourd’hui un état d’esprit similaire [dans l’éducation nationale]. Les consignes sont données de manière très descendante, souvent maladroite. On nous demande, par exemple, si nous faisons grève, ou si nous pouvons remplacer des collègues grévistes. Ce type de pratiques se banalise et la situation se dégrade fortement.

J’ai le sentiment de ne plus vraiment appartenir à l’Éducation nationale, ni même au monde de l’instruction. On se rapproche davantage du fonctionnement d’une grande entreprise, sans bienveillance. Heureusement, il y a les élèves et une équipe enseignante globalement agréable. Sans cela, je serais déjà retournée dans la grande distribution, quitte à être maltraitée mais mieux payée.

Aujourd’hui, je cumule deux emplois : je travaille dans un collège et également dans une MFR, pour le ministère de l’Agriculture. Je fais environ 42 heures par semaine pour 1 600 euros. Pendant longtemps, j’ai aussi travaillé comme animatrice les mercredis et pendant les vacances pour pouvoir vivre. Après 15 ans de carrière, je gagne 1 200 euros pour 29 heures hebdomadaires. Les conditions de travail, combinées au salaire, rendent la situation très difficile.

Je suis confrontée à des élèves que je ne vois qu’une heure tous les quinze jours, alors qu’ils auraient besoin d’un accompagnement régulier. Certains arrivent en sixième avec un niveau de CE1. D’autres relèveraient d’une ULIS mais se retrouvent en classe ordinaire faute de place. Certains enseignants adaptent leurs pratiques, d’autres refusent totalement. Résultat : ces élèves passent leurs journées à ne rien comprendre, à s’ennuyer et à se sentir en échec. Ils se sentent inférieurs, isolés, et développent un profond mal-être.

Nous sommes censés les accompagner, mais dans les faits, nous les laissons tomber faute de moyens. Cela devient une forme de maltraitance institutionnelle. Les familles, qui ont souvent constitué des dossiers complexes auprès de la MDPH, pensent que leur enfant est correctement accompagné. En réalité, beaucoup ne le sont que très peu, voire pas du tout.

Je fais ce métier depuis 15 ans. J’y suis arrivée par hasard, après divers emplois dans le commerce. J’ai commencé comme EVS, puis je suis devenue AVS et enfin AESH. J’ai signé un CDI en 2018. Malgré les difficultés, je m’accroche.

Je crois profondément en l’inclusion. Tous les élèves ont leur place à l’école, et cela apporte aussi beaucoup aux autres élèves, qui font preuve d’une grande bienveillance. Mais l’inclusion a ses limites : certains élèves ne sont pas au bon endroit, et nous ne sommes pas suffisamment formés ni accompagnés pour répondre à tous les besoins.

J’ai connu des situations très positives. Par exemple, un élève avec trouble du spectre autistique que j’ai accompagné de manière quasi individuelle a pu progresser jusqu’à apprendre à lire, grâce à des adaptations que j’ai mises en place. Mais ce type de suivi devient impossible avec la mutualisation actuelle.

Lors de ma première année, j’ai accompagné un élève atteint de trisomie, non verbal et agressif. Grâce à un travail patient et adapté, il a progressé, s’est apaisé et a réussi à écrire son prénom. Ce fut une expérience extrêmement forte, mais aussi très éprouvante. Ce type de réussite repose sur un accompagnement constant, difficile à maintenir aujourd’hui.

Nous sommes très peu formés. La plupart du temps, nous nous auto-formons, échangeons entre collègues et bricolons avec les moyens du bord. Les enseignants eux-mêmes sont souvent démunis.

Le manque de reconnaissance est flagrant. Notre parole est peu considérée, notamment lors des réunions. On nous rappelle régulièrement notre place. Les différences de traitement avec les enseignants sont nombreuses, que ce soit dans les conditions de travail ou la considération.

La mutualisation est aujourd’hui la principale difficulté. Elle empêche tout suivi cohérent des élèves et nous place dans une position intenable. Lors des réunions, la réalité est souvent édulcorée. On n’ose pas dire aux familles que leur enfant est très peu accompagné.

Je pense qu’il faudrait reconnaître pleinement notre métier, évaluer nos compétences et nous accorder un véritable statut. Nous faisons partie intégrante de l’Éducation nationale et devrions être considérés comme tels. Il faudrait également mettre fin à la mutualisation pour permettre un accompagnement digne de ce nom.

Malgré tout, ce sont les élèves qui nous donnent la force de continuer. Lorsqu’un ancien élève nous remercie et nous dit que nous avons été importants pour lui, cela reste la plus belle des reconnaissances.

Mais aujourd’hui, le métier ne fait plus rêver. Beaucoup de collègues démissionnent, épuisés et découragés. Le manque de moyens, de reconnaissance et de perspectives rend la situation de plus en plus difficile. »

C.

AESH : prenons la parole !

Aujourd’hui, nous ouvrons un espace de parole qui relève autant du témoignage que de l’analyse sociale. Un espace où les AESH prennent la parole sur leur condition, leur place et leur rôle réel dans le champ scolaire.

Il s’agit ici de rendre visibles des rapports de domination souvent naturalisés, devenus si ordinaires qu’ils en paraissent légitimes. Le manque de droits, la précarité statutaire, la faible reconnaissance institutionnelle ne relèvent pas du hasard : ils participent à produire un déficit de capital symbolique qui pèse sur les pratiques, les corps et les trajectoires professionnelles des AESH.

Ces témoignages interrogent également le rapport hiérarchique qui structure le quotidien scolaire. 

Mais cet espace de parole ne parle pas seulement de domination. Il parle aussi de ce qui résiste.

Car malgré l’invisibilisation et la faible reconnaissance, les AESH développent au quotidien un savoir pratique, une intelligence du terrain, un rapport fin aux élèves et aux situations pédagogiques. Un savoir empirique, incorporé, construit dans l’expérience, qui ne trouve pas toujours sa traduction institutionnelle mais qui existe, agit et transforme. 

On peut penser ce travail à partir de la figure du bricoleur de Claude Lévi-Strauss : celui qui compose avec les moyens disponibles, observe, essaie, ajuste, invente des solutions concrètes. Les AESH bricolent, au sens noble du terme. Elles et ils construisent des médiations, inventent des outils, adaptent les situations, produisent des formes d’accompagnement qui ne figurent dans aucune fiche de poste mais qui rendent pourtant possibles de nombreuses situations d’apprentissage.

Dans l’école, la reconnaissance circule selon les positions, les titres et les appartenances, bien plus que selon l’engagement réel ou la connaissance intime du terrain. C’est précisément ce décalage que ces témoignages cherchent à éclairer. Nous donnons le droit de parler à celles et ceux qui sont « bien placé·s », sans toujours interroger ce que vivent réellement celles et ceux dont on attend pourtant qu’iels accompagnent, ajustent, soutiennent, rassurent, inventent.

Et si l’on acceptait de penser que la force pédagogique ne circule pas uniquement du haut vers le bas ?
Et si l’on reconnaissait que l’école inclusive se construit aussi à partir de ces savoirs discrets, de ces pratiques ajustées, de ces expériences incarnées ?

Donner la parole aux AESH, ce n’est pas seulement recueillir des récits : c’est produire une forme d’enquête sur le travail réel, interroger les fondements mêmes de l’institution scolaire, ses hiérarchies, ses aveuglements et ses possibles.

Les AESH sont souvent des figurant·es : présent·es partout  – dans les couloirs, dans les classes, dans la vie scolaire – mais représenté·es nulle part, rarement mis·es au centre. Leur travail apparaît sans exister pleinement. Iels agissent, mais l’institution ne les figure pas.

L’école repose sur un partage du travail éducatif qui n’est jamais complètement explicité, et qui distribue les responsabilités sans distribuer la reconnaissance. Les tâches effectives s’écartent souvent des tâches prescrites, et cet écart produit une forme d’injustice structurelle.

Ainsi, l’identité réelle – celle d’un·e accompagnant·e compétent·e, inventif·ve, engagé·e – se heurte à l’identité assignée par l’institution : celle d’un·e auxiliaire interchangeable. Une tension entre identité vécue et identité prescrite, qui traverse profondément le métier.

Pourquoi alors recueillir ces témoignages ?

Parce qu’il ne s’agit pas d’écrire sur, mais d’écrire avec. Donner la parole aux AESH, c’est faire émerger des savoirs situés, rendre perceptible ce que les cadres institutionnels peinent à voir : les gestes discrets, les ajustements permanents, les intuitions construites, les compétences acquises en situation.

Ces témoignages donnent accès à une connaissance du terrain qui échappe largement aux discours officiels. Ils permettent de faire apparaître un savoir souvent maintenu à la marge, un savoir efficace mais peu légitimé.

Dès lors, l’enjeu de ce travail est moins de dénoncer que de rendre visible. Faire apparaître ce qui, d’ordinaire, reste figurant. Redonner du poids à des voix que l’on réduit trop souvent à une simple fonction d’exécution, alors même qu’elles relèvent d’une véritable compétence relationnelle, pédagogique et pratique.

Ce recueil de témoignages vise ainsi à combler un écart devenu trop important entre ce que les AESH font réellement et ce que l’institution dit qu’iels font. Il s’agit de restituer une forme de justesse dans la compréhension de ce métier, en prenant au sérieux l’expérience de celles et ceux qui l’exercent.

Ce travail est enfin une manière de rappeler que l’école inclusive ne se construit pas uniquement à partir des prescriptions descendantes, mais aussi à partir de ces pratiques discrètes, de ces savoirs incorporés, de ces expériences situées. Autrement dit, à partir de celles et ceux qui, au quotidien, font tenir concrètement l’institution.

Si vous souhaitez participer à cette enquête, envoyez nous votre témoignage à syndicat@sudeducation35.fr.

Témoignage numéro 1 : la réalité est souvent édulcorée.

Mobilisons-nous le 28 mars pour la Journée de la terre, en solidarité avec le peuple palestinien !

Pour les Palestiniens, le jour de la terre symbolise la résistance continue contre l’expansion des colonies en Cisjordanie, contre les démolitions de maisons à Jérusalem Est, et pour le droit au retour des réfugiéEs. Ce jour du 50eme anniversaire marque l’attachement viscéral des PalestinienEs à leur sol et leur refus de l’expropriation territoriale.

Oui, la question palestinienne est une question syndicale, parce que les entreprises dans lesquelles nous travaillons, les universités que nous fréquentons sont parfois liées à l’économie israélienne. Et dans un contexte où les gouvernements ne prennent aucune sanction contre un pays qui bafoue toutes les règles internationales, commet un génocide, agit au-delà de toute morale, notre devoir est de faire pression depuis nos lieux de travail, de refuser que les travailleurs et les travailleuses participent, d’une quelconque manière que ce soit à ces violations du droit international.

Depuis octobre 2025, plus de 600 Palestiniens et Palestiniennes ont été tuées à Gaza : les bombardements israéliens restent quotidiens dans ce territoire palestinien occupé. Ces morts s’ajoutent aux plus de 70 000 personnes tuées et plus de 170 000 blessées depuis octobre 2023. La guerre destructrice menée par le gouvernement israélien n’est pas terminée : elle continue à plus bas bruit.

Le blocus de Gaza persiste et les obstacles logistiques à l’entrée de l’aide alimentaire, dénoncés par l’ONU, restent nombreux. Le terminal de Rafah est à nouveau fermé , après une ouverture brève sous domination militaire israélienne, qui n’a permis aux Gazaoui.es ni de circuler librement, ni aux réfugié.es qui le souhaitaient de revenir à Gaza..

Pourtant plus de 18 500 malades et blessées attendent toujours leur évacuation en urgence. La fermeture du territoire ralentit le déblaiement et la reconstruction : 90 % de la population vit au milieu des 68 millions de tonnes de gravats provoqués par les destructions. Pour deux millions de Gazaoui-es, les conditions d’existence, aggravées par les tempêtes hivernales, restent catastrophiques avec de la malnutrition et des campements précaires où l’accès à l’eau et à l’énergie est un défi de chaque instant. Plus de 60 % des enfants n’ont pas accès à l’éducation et le système de santé reste largement détruit, alors que les besoins de soins sont énormes.

En Cisjordanie, ce sont plus de 1 000 morts qui sont à déplorer. La colonisation se poursuit ouvertement, la terreur sur le terrain, avec les villages et les moyens de subsistance détruits, les agressions et assassinats perpétrés par des colons couverts par l’armée, se doublent désormais de décisions officielles du gouvernement israélien qui met en œuvre de nouvelles mesures foncières. En finançant l’achat de terres, en renforçant le contrôle israélien sur les Zones A et B et en imposant l’enregistrement foncier des transactions dans la Zone C, qui représente 60 % du territoire de la Cisjordanie, l’État israélien promeut une annexion officielle des territoires palestiniens. Ces mesures sont illégales au regard du droit international, contreviennent à l’avis de la Cour Internationale de Justice du 19 juillet 2024 et compromettent gravement toute perspective de paix juste et durable.

Sur le plan social, les conditions de vie des travailleurs et travailleuses· palestinien-nes s’aggravent : l’immense majorité est empêchée de travailler en Israël depuis le 7 octobre 2023 et des permis supplémentaires ont été mis en place entravant la mobilité. Dans le secteur public, les salaires sont amputés en raison des blocages des fonds dus à l’Autorité Palestinienne par le gouvernement israélien.

Dans ce contexte, nous appelons à faire pression depuis nos lieux de travail pour que cessent les collaborations des entreprises et des institutions françaises et européennes avec l’État israélien accusé de crimes de guerre et de génocide envers le peuple palestinien par de nombreuses organisations internationales. Nous refusons que les travailleurs et travailleuses soient rendus complices de la colonisation et de crimes de guerre.

Pour SUD éducation, le droit international doit être appliqué, et cela nécessite :

  • le droit au retour des réfugiés
  • la fin de la colonisation et la fin de l’occupation
  • la fin des politiques d’apartheid
  • De reconnaître l’illégalité de la construction du Mur de séparation (avis consultatif de la Cour Internationale de Justice) et du blocus inhumain sur Gaza depuis plus de 15 ans

Parce que notre syndicalisme est internationaliste, en Palestine, comme ailleurs, nous revendiquons le droit à l’autodétermination.

SUD éducation 35 appelle à se mobiliser le samedi 28 mars, à l’occasion de la Journée de la terre pour la défense des droits du peuple palestinien et exiger un cessez-le-feu définitif et la fin du génocide et des sanctions contre Israël.

Toustes en grève le 19 mars !

Notre académie est de celle qui souffre le plus des suppressions de poste avec 86 postes dans les écoles et 131 dans les collèges et lycées. 

Voici la réponse apportée à notre souffrance et à la détérioration de nos conditions de travail !

Notre avenir sera décidé lors des instances sur les cartes scolaires qui auront lieu les 25, 26, 27 mars.

N’attendons pas pour nous mobiliser et retrouvons-nous le jeudi 19 mars à l’appel de l’intersyndicale 35 :

– place de la République pour partir en manifestation à 10h30 

– en AG à l’hôtel Pasteur à 13h pour organiser la suite. 

Contre les conditions de travail dans le 1er degré, mobilisons nous le 27 janvier !

Pour protester contre l’ extrême dégradation des conditions de travail dans le 1er degré et pour demander plus de moyens, notamment pour l’inclusion, l’intersyndicale 35 appelle à une première journée de mobilisation le mardi 27 janvier. Rdv à 10h30 devant le rectorat avec vos fiches SST, pour un rassemblement et une demande d’audience avec la rectrice. Une AG Education suivra à 12H30 à l’hotêl Pasteur. Venez nombreus.ses !

https://www.sudeducation35.fr/2025/12/18/declaration-dintention-de-greve-periode-3/

Blocage d’un lycée privé par des personnels du public !

Communiqué de presse de l’Assemblée Générale Éducation 35

Nous relayons ici le communiqué de presse de l’Assemblée Générale Éducation de l’Ille-et-Vilaine (35), qui a mené une action spectaculaire ce matin, dans un contexte d’austérité budgétaire et d’accaparement de l’argent public par des minorités favorisées au détriment de la masse de la population et du service public. RENDONS L’ARGENT PUBLIC AU SERVICE PUBLIC !

Le 23.09.2025, à Rennes – Communiqué de presse de l’Assemblée Générale Éducation de l’Ille et Vilaine (35)


Dans la continuité de l’appel citoyen du 10 septembre, puis de l’appel intersyndical du 18 septembre, nous, personnel.les et étudiant.es de l’éducation de Rennes en lutte, avons décidé de bloquer l’accès du lycée privé Saint-Martin de Rennes ce mardi 23 septembre au matin.

Nous dénonçons le financement public de l’enseignement privé, vecteur d’inégalités sociales. Nous rappelons que le Conseil départemental d’Ille-et-Vilaine verse plus d’1,1 million d’euros de subventions non-obligatoires à l’enseignement privé alors qu’il réduit sa subvention de 451 000 euros aux collèges publics et ne remplace plus les agent.es des collèges lors d’absences inférieures à 15 jours. En France, l’argent public finance à plus de 75 % les établissements privés, notamment par des contributions facultatives accordées hors de tout contrôle. Nous rappelons que la part des élèves issu.es de familles très favorisées est passée de 26,4% à 40,2% dans les établissements privés entre 2000 et 2021. L’enseignement privé choisit ses élèves et s’adresse à des familles de plus en plus favorisées.

Nous réaffirmons notre attachement à une réelle mixité sociale au sein de nos établissements. Nous voulons une école qui s’adresse à tous.te.s sans distinction. Nous rappelons qu’aujourd’hui plus de 180 établissements privés sont concernés par des plaintes pour violence et abus sexuels. L’argent public ne peut pas être donné sans aucun contrôle de l’Etat. Nous continuerons à nous mobiliser contre ces financements injustes. A l’heure où 44 milliards d’économies sont demandés aux Français.es, nous dénonçons l’argent public qui sert des intérêts privés y compris dans l’Education. Notre mot d’ordre est simple : rendons l’argent public aux services publics !

Tract distribué à plusieurs centaines d’exemplaires aux élèves et personnels du lycée privé St Martin de Rennes bloqué-e-s, aux passant-e-s dans la rue et aux policiers en intervention pour débloquer le lycée en pièce jointe

Blocage d’un lycée privé par des personnels du public !

Communiqué de presse de l’Assemblée Générale Éducation 35 Nous relayons ici le communiqué de presse de l’Assemblée Générale Éducation de l’Ille-et-Vilaine (35), qui a mené une action spectaculaire ce matin, dans un contexte d’austérité budgétaire et d’accaparement de l’argent public par des minorités favorisées au détriment de la masse de la population et du service … Lire la suite
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CSA académique : RSU / Plan égalité diversité

Le CSA académique de novembre était consacré à la lecture du Rapport Social Unique (RSU) et du Plan académique Égalité professionnelle et Diversité. Vous trouverez ci-dessous le compte rendu du CSA-A et la déclaration de SUD éducation Bretagne.  Le RSU est un document dans lequel on peut trouver les données essentielles sur les effectifs, les … Lire la suite
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Grève en soutien à l’équipe des Clôteaux !

Nous étions plus de 200 (personnels de l’Éducation Nationale, personnels de la Ville de Rennes, parents d’élèves) réunis ce matin devant le groupe scolaire Clôteaux, en soutien au directeur, victime de menaces de mort de la part de parents d’élèves, et à l’équipe. Parmi nous, de nombreux.euses collègues en grève, pour témoigner de leur soutien. … Lire la suite
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Le 2 décembre toutes et tous mobilisé·es contre l’austérité et pour nos salaires

Par notre mobilisation depuis le mois de septembre nous avons obtenu l’abandon du vol de 2 jours fériés et le décalage de la réforme des retraites, première brèche en vue de son abrogation. Le Premier ministre a aussi été contraint de s’engager à ne pas utiliser le 49-3. Cependant, les premières semaines de débat parlementaire … Lire la suite
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Soirée Caisse de grève

SUD éducation 35 soutient sans ambiguïté le mouvement Bloquons tout et appelle à participer à ce mouvement social et populaire par la grève. D’ores et déjà, nos adhérent-es se mettent en grève pour participer aux actions de blocage. La nomination De Lecorne renforce notre volonté de poursuivre la mobilisation et de l’accélérer. Pas de grèves … Lire la suite
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AESH : indemnité REP/REP+ rétroactif !

Bonne nouvelle pour les AESH : le Conseil d’État reconnaît une discrimination dans le non-versement de l’indemnité REP/REP+. Cela ouvre la voie à des rappels de salaire pour les collègues concerné·es ! Le 16 juillet 2025, le Conseil d’État a donné raison à 9 AESH de la Seine-Saint-Denis : en les excluant du versement de … Lire la suite
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Quand la lesbophobie tue, les pouvoirs publics ferment les yeux !

C’est avec tristesse et colère que nous avons appris le suicide de notre collègue Caroline Grandjean, professeure des écoles et directrice dans un village du Cantal. SUD éducation présente ses sincères condoléances à sa compagne, sa famille et ses proches. Nous perdons une enseignante engagée auprès de ses élèves, victime de lesbophobie de la part … Lire la suite
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Les universités doivent accueillir les étudiant-es gazaoui-es !

SUD Éducation dénonce fermement l’annonce faite le 1ᵉʳ août 2025 par le ministre des Affaires étrangères, Jean‑Noël Barrot, selon laquelle toutes les évacuations de Gazaoui·es vers la France sont suspendues jusqu’à la conclusion d’une enquête interne concernant une étudiante accusée de propos antisémites.  Cette décision se fait sous la pression de groupuscules d’extrême droite soutiens … Lire la suite
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déclaration préalable à la grève – période 1

Pour les enseignant·es exerçant dans le 1er degré, le droit de grève est soumis à une déclaration préalable. SUD éducation 35 dénonce cette atteinte au droit de grève et appelle les collègues à déposer leur « déclaration individuelle d’intention de participer à une grève » pour tous les jours de la période, celle-ci n’obligeant pas … Lire la suite
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