Assassinat d’un enseignant dans les Yvelines : SUD éducation exprime son horreur

Un enseignant d’un collège des Yvelines a été décapité en fin d’après-midi, ce vendredi 16 octobre. D’après une publication revendiquant l’attentat sur les réseaux sociaux, l’assassinat ferait suite à un cours de l’enseignant sur la liberté d’expression, utilisant les caricatures de Mahomet faites dans Charlie Hebdo.

SUD éducation exprime son horreur face à cet assassinat et adresse ses pensées à ses proches, ses collègues, ses élèves, sa famille. La douleur de perdre un proche, un professeur, un collègue est insupportable, particulièrement dans de telles conditions.

Les enseignant-e-s doivent pouvoir aborder les différents sujets du programme en classe en utilisant les supports pédagogiques qui leur paraissent pertinents sans avoir à craindre des représailles, sans même parler des menaces sur leurs vies. À ce titre, l’ensemble des enseignant-e-s se montrent solidaires des proches de notre collègue, de sa famille, de ses élèves, de ses collègues.

Samuel Paty : l’heure est au recueillement, pas aux récupérations

Beaucoup de monde dans les rues de Rennes pour rendre hommage à Samuel Paty samedi dernier.
Nous continuerons à nous battre contre tous les fascismes qu’ils soient nationalistes ou religieux.
 

Le communiqué de Sud Education :

À la suite de l’assassinat ignoble de notre collègue, l’heure est avant tout au recueillement. SUD éducation a appelé les personnels à participer aux rassemblements en hommage à notre collègue, notamment à toutes les initiatives prévues le dimanche 18 octobre. L’heure est au recueillement, au deuil et à la solidarité avec les proches, la famille, les élèves et collègues de Samuel Paty.

Les dérapages islamophobes, qui se sont multipliés à la faveur du débat autour de la loi dite sur les “séparatismes”, ont depuis hier encore crû en intensité. Des personnalités médiatiques, des responsables politiques, des parlementaires, se croient autorisé-e-s à déverser leur haine. SUD éducation condamne toutes les généralisations, stigmatisations et récupérations réactionnaires de ce drame, d’où qu’elles viennent.

Les personnels savent que l’éducation, le partage du savoir et l’esprit critique sont des remparts contre l’obscurantisme et le fanatisme et constituent la cible des tenant-e-s d’idéologies meurtrières et rétrogrades.

Le ministre Blanquer a déclaré à la presse se préparer à imposer un “cadrage strict” aux enseignant-e-s amené-e-s à évoquer cet attentat avec les élèves à la rentrée. Cette annonce est inquiétante, quand on sait que dans la perspective du déconfinement, le ministère de l’Éducation nationale a produit des fiches éduscol stigmatisant ouvertement les élèves de confession musulmane. Ces fiches ont été retirées précipitamment suite à l’intervention d’organisations syndicales dont SUD éducation. Rappelons que le ministre n’a eu de cesse de stigmatiser et caricaturer les musulman-e-s..

Les professionnel-le-s de l’éducation n’ont pas besoin que le ministre leur explique leur métier de pédagogue. Ils et elles ont besoin d’être protégé-e-s par leur employeur quand ils et elles sont victimes de menaces. Ils et elles ont également besoin que les infirmier-ère-s, assistante-s sociales-aux, médecins, psychologues soient suffisamment nombreuses et nombreux dans les établissements pour prendre en charge tou-te-s les élèves qui en ont besoin.

A ce sens, les rassemblements prévus appartiennent à celles et ceux qui font le service public, pas à celles et ceux qui le détruisent : la présence du ministre au rassemblement parisien résonne à ce titre comme une récupération indigne. Les personnels ne s’y trompent pas.

Covid19 : Stop à la mascarade !

Avec un protocole sanitaire allégé et surtout aucun moyen pour le faire respecter, nous savons depuis la rentrée que nous courons à la catastrophe. Aujourd’hui le gouvernement adopte un discours culpabilisateur et Macron vient d’annoncer ce mercredi 14 octobre de nouvelles restrictions. Pour SUD éducation l’heure est à la prise de mesures fortes pour protéger l’ensemble des salarié-e-s et les usagers et usagères des services publics.

Pas de moyens supplémentaires

Alors que l’Éducation nationale a été durement impactée par l’épidémie avec une longue fermeture des établissements scolaires, rien n’a pourtant été organisé pour permettre une rentrée garantissant l’accueil des élèves comme la sécurité des personnels.
Pour SUD éducation, répéter l’expérience des fermetures d’établissements n’est pas souhaitable. C’est pour ça que le gouvernement devrait tout faire pour l’éviter. Force est de constater que nous en sommes loin : aucun recrutement significatif, pas de plan de constructions ou de réquisitions de locaux, pas de dédoublements, pas d’investissements, pas de dotation en masques gratuits pour les élèves et le rationnement en masques pour les personnels.

La gestion de l’épidémie par le déni

Au contraire, l’Éducation nationale pratique la politique de l’autruche. Alors que ce qui était bon en juin dernier n’est plus valable en septembre, plus le nombre de cas augmente et moins ils sont comptabilisés. Presque aucun cas contact sur nos lieux de travail, pas de test systématique des élèves lorsqu’il y a des cas dans une classe, mesures d’isolement au compte goutte : à force de vouloir cacher l’épidémie pour valider les décisions politiques désastreuses on la nourrit. Les établissements ne fermant pas en cas de personnels positifs dans le premier degré, même dans le cas où toute l’équipe est atteinte, se sont des enseignant-e-s remplaçant-e-s qui se déplacent d’écoles en écoles, parfois par demi-journée avec le risque accru d’attraper le virus. De plus, au lieu de prendre leurs responsabilités, de nombreux-ses DASEN et IEN culpabilisent les équipes en les accusant de négligence pendant leur pause repas. Par ailleurs l’administration n’anticipe aucunement d’éventuelles fermetures d’établissements à des échelles plus larges : rien sur l’attribution de matériel aux familles, et aux élèves et aux enseignant-e-s, rien sur le cadrage réglementaire de l’enseignement à distance, rien sur l’organisation à prévoir des enseignements et l’accueil des publics fragiles par exemple. Comme début mars, le ministère répète en boucle “on est prêts”, alors qu’il n’a rien communiqué sur le sujet depuis une circulaire laconique de début juillet. Ce n’est pas acceptable : les personnels doivent avoir des éléments d’anticipation pour débattre, entre eux, des meilleures manière d’assurer la continuité des apprentissage dans le respect de leurs statuts et de leurs conditions de travail.

Il faut un plan d’urgence

Plutôt que de tout renvoyer à la responsabilité individuelle, il faut des mesures fortes. SUD éducation propose depuis juin dernier un plan d’urgence pour l’éducation. Du retard a été pris mais il n’est pas trop tard ! SUD éducation propose 34 mesures à appliquer immédiatement ! Nous appelons les personnels à s’organiser dans les établissements pour faire imposer les mesures sanitaires essentielles et à continuer de faire remonter toutes les difficultés rencontrées localement.
SUD éducation appelle les personnels à se mobiliser par tous les moyens pour faire appliquer ces 34 mesures.

Covid-19 : SUD éducation revendique un plan d’urgence pour l’éducation

La rentrée de septembre 2020 a montré l’étendue de l’impréparation du ministère. Aucun poste n’a été créé, le protocole sanitaire de juillet n’a été adapté qu’à la marge, et la gestion des  cas de Covid-19 est toujours davantage renvoyée au local. SUD éducation revendique depuis le printemps un plan d’urgence  pour l’éducation, à même de garantir les meilleures conditions de travail possibles pour les personnels, dans des conditions sanitaires acceptables. Il doit notamment comprendre des recrutements massifs de personnels, la titularisation de l’ensemble des non-titulaires sans condition de concours ni de nationalité, et un plan d’investissement massif dans la construction et la rénovation du bâti scolaire permettant d’accueillir les élèves avec davantage d’espaces. Il s’agit également dans ce cadre et dès à présent de réfléchir aux modalités pédagogiques adaptées à cette période de réouverture en septembre, en tenant compte des inégalités qui se sont accrues.

Ce plan d’urgence est toujours d’actualité : les créations de postes peuvent se faire à n’importe quel moment de l’année, par le biais du recours aux listes complémentaires, de la titularisation à temps plein des contractuel-le-s, de l’ouverture de concours exceptionnels.

Volet sanitaire

À l’heure où la deuxième vague épidémique se développe et que des mesures drastiques sont mises en oeuvre dans différentes parties du territoire, force est de constater que c’est la politique de l’autruche qui prévaut dans l’Éducation nationale. Pourtant, un certain nombre de mesures simples peuvent être prises immédiatement :

-installer des points d’eau et du savon en quantité suffisante ;

une gestion des cas Covid-19 qui soit cadrée nationalement et non renvoyée au dialogue entre les ARS et les services académiques, en revenant aux critères d’évictions en vigueur au début de l’année (éviction d’une classe lors de l’apparition d’un cas), et sans application du jour de carence pour les personnels ;

une politique de dépistage facilitée pour l’ensemble des personnels, des élèves et des étudiant-e-s ;

la mise en place d’une médecine de prévention et scolaire efficiente, par le biais de la création de postes suffisants ;

la reconnaissance immédiate du Covid-19 comme maladie professionnelle ;

réduire immédiatement les effectifs par classe en créant le nombre de postes nécessaires ;

agrandir les locaux avec des constructions d’extensions, de nouvelles écoles et de nouveaux établissements, ce qui est en enjeu pour la salubrité de manière générale ;

augmenter massivement l’acquisition de masques par l’Éducation nationale, pour que les masques puissent être donnés gratuitement aux personnels et aux élèves en quantité suffisante.

Volet postes

Les enjeux liés à la crise sanitaire, que ce soit sur le plan des précautions sanitaires ou sur le plan pédagogique, nécessitent des créations de postes supplémentaires. Cela n’a pas été le cas en cette rentrée, et pourtant c’est encore possible. Pour SUD éducation, il y a plusieurs leviers pour créer dans l’urgence les postes nécessaires :

la titularisation à temps plein de l’ensemble des enseignant-e-s non titulaires, sans condition de concours ni de nationalité : les collègues en question sont déjà souvent en poste depuis longtemps, et ont déjà été employé-e-s devant élèves, il n’y a aucune raison pour qu’ils et elles ne bénéficient pas du statut de fonctionnaire ;

l’admission de l’ensemble des admissibles, aux concours internes comme externes : les recalé-e-s des oraux des concours constituent un nombre très important de potentiel-le-s futur-e-s collègues ; au vu de l’urgence de la situation, il est souhaitable qu’ils et elles  soient stagiarisé-e-s dans leur totalité ;

l’organisation de concours exceptionnels : il est arrivé, encore récemment, que des concours supplémentaires soient organisés en fonction des besoins pour le recrutement des professeur-e-s des écoles ; ce dispositif pourrait être généralisé, en fonction des besoins locaux, dans les départements ;

l’embauche de personnels aidant à la direction pour le primaire, avec un réel statut ;

l’embauche massive d’AESH et la titularisation dans le cadre d’emplois statutaires d’éducateurs-trices scolaires ;

le rétablissement des moyens en remplacement dans le 1er et le 2nd degré.

Volet social

La crise sanitaire a représenté une catastrophe sociale pour de très larges pans de la population, y compris bien sûr une part importante des élèves et des parents. L’Éducation nationale a une part de responsabilité dans cet état de fait, notamment en n’ayant pas compensé automatiquement l’absence de demi-pension par une attribution de fond social exceptionnel aux familles. Dans le cas de mesures d’évictions ou de confinements locaux, ces situations vont se renouveler.  Pour faire face à ces situations, SUD éducation revendique dès à présent :

-soit compensée dans son entièreté la baisse des fonds sociaux qui est intervenue au cours des années précédentes ;

-soient augmentées les aides à la demi-pension et les bourses ;

-soit anticipé, en cas de nouvelle crise sanitaire, le versement d’une attribution exceptionnelle aux familles pour compenser une nouvelle fermeture des services de demi-pension ;

-l’attribution ou le prêt de matériel informatique à chaque famille dans le besoin.

Volet pédagogique

La crise sanitaire a accru les inégalités scolaires. Durant le confinement, certain-e-s élèves ont pu bénéficier des conditions permettant de poursuivre en partie les apprentissages, les autres non. Le retour en classe de l’ensemble des élèves doit avoir pour objectif principal de compenser ces écarts. Pour cela, SUD éducation revendique plusieurs mesures immédiates :

la limitation des effectifs pour favoriser la différenciation, le travail coopératif entre élèves pour niveler les écarts de niveaux et permettre une reprise de contact avec l’école qui se fasse dans la sérénité. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation est de 20 élèves maximum en école élémentaire et en collège, et de 25 en lycée, mais les circonstances exceptionnelles impliquent de descendre encore en-deçà ;

l’aménagement des programmes, afin que les enseignant-e-s puissent mettre en oeuvre au mieux une pédagogie permettant de compenser les inégalités scolaires ;

la liberté pédagogique et de support notamment en CP dans le cadre de l’apprentissage de la lecture ;

une formation initiale et continue qui tienne compte de ces problématiques et de ces enjeux, qui vont nécessairement impliquer des pratiques pédagogiques particulières ;

-un retour des PDMQDC, y compris dans les classes à 12, et un rétablissement des RASED dans leur totalité ;

l’abandon de Parcoursup et de la sélection à l’entrée à l’université, qui cette année plus encore qu’à d’autres moment va fonctionner comme une machine de tri social, le ministère ayant maintenu coûte que coûte les délais.

Volet éducation prioritaire

Les conséquences négatives de la crise sanitaire ont été plus élevées dans les quartiers populaires qu’ailleurs, sur le plan économique et social, comme sur le plan pédagogique. Cette situation justifie un plan exceptionnel pour les écoles et établissements des quartiers populaires. SUD éducation porte à ce titre des revendications pour l’éducation prioritaire depuis longtemps : elles doivent être immédiatement mises en oeuvre pour répondre aux enjeux de la crise sanitaire.

une baisse des effectifs par classe. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation est de 16 élèves maximum en éducation prioritaire, tout en maintenant les CP et CE1 à 12 maximum ;

une vie scolaire renforcée pour les élèves : 1 CPE pour 120 élèves dans les collèges ordinaires et 1 pour 100 en éducation prioritaire et 1 personnel de vie scolaire pour 50 élèves en collège ordinaire et 2 pour 50 en éducation prioritaire ;

des dispositifs d’aide et de prévention complets : 1 RASED complet par groupe scolaire et 1 enseignant-e supplémentaire pour cinq classes (pour le 1er degré) et un recrutement massif de personnels médico-sociaux (assistance sociale, infirmerie, psychologue) ;

l’extension de la prime REP-REP+ à tous les personnels, et la baisse du temps de travail devant élèves pour favoriser la concertation, qui va s’avérer indispensable au vu des difficultés rencontrées depuis la rentrée  ;

l’abandon immédiat du projet de réforme de l’éducation prioritaire basée sur le rapport Mathiot-Azéma et l’ouverture de discussions sur la base des légitimes revendications des personnels, et notamment sur le maintien de la carte de l’éducation prioritaire et son élargissement aux lycées.

Volet enseignement adapté

La crise sanitaire a fragilisé encore davantage les élèves les plus fragiles, à commencer par les élèves en situation de handicap. L’éloignement de l’école pendant une longue période pose un certain nombre de difficultés spécifiques avec le retour à l’école, et les conditions actuelles de l’inclusion ou de la prise en charge du handicap ne permettent pas de le faire de manière satisfaisante. La crise sanitaire a en outre accentué les injonctions contradictoires endurées par les personnels de l’Education nationale en poste dans ces établissements médicaux sociaux considérés comme prioritaires et donc ouverts pendant le confinement. Les collègues AESH sur des postes d’ULIS n’ont pas été respecté-e-s par les chef-fe-s d’établissement qui ont profité de leur précarité pour palier les besoins, notamment administratifs, dans les collèges. SUD éducation porte à ce titre des revendications pour l’ASH depuis longtemps. Elles doivent être immédiatement mises en oeuvre pour répondre aux enjeux de la crise sanitaire :

-des moyens supplémentaires dans les établissements scolaires ordinaires pour permettre une réelle inclusion de ces élèves également accueillis dans des CMS ;

une baisse des effectifs par classe. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation pour la SEGPA est de 12 élèves maximum ;

des dispositifs d’aide et de prévention complets : 1 RASED complet par groupe scolaire et 1 enseignant-e supplémentaire pour cinq classes (pour le 1er degré) et un recrutement massif de personnels médico-sociaux (assistance sociale, infirmerie, psychologue);

l’extension de la prime “spécialisée” à tous et toutes les AESH  ;

une formation en accord avec les besoins rencontrés par les collègues en poste dans l’ASH.

Budget 2021 : l’Éducation n’est toujours pas la priorité

Ce communiqué a été publié le 01/10/2020

Le projet de loi de finances pour 2021 a été présenté en conseil des ministres lundi 28 septembre. SUD éducation en a pris connaissance et constate que l’éducation n’est toujours pas la priorité de ce gouvernement. Les beaux discours ne coûtent pas cher, mais quand il faut les mettre en musique c’est autre chose.

Un budget en hausse ?

Le ministre communique sur l’augmentation du budget de l’Éducation, pour la quatrième année consécutive. Cependant, alors que l’ensemble du budget de l’État augmente, la part du budget de l’Éducation nationale est en diminution depuis quatre ans.

Surtout, le budget 2021 comprend l’enveloppe de revalorisation beaucoup évoquée par le ministre mais qui semble consacrée également aux premiers échelons : les moins rémunérés mais aussi ceux auxquels on reste le moins longtemps.

Des suppressions de postes

Ainsi, si le communiqué accompagnant le projet de loi affirme que “les effectifs sont sanctuarisés pour 2021” on observe une suppression de 1800 ETP dans le 2d degré qui annonce des DHG en baisse dans les collèges et lycée et une diminution des postes pour la deuxième année consécutive. Une sanctuarisation toute relative donc, alors que les effectifs des élèves dans le second degré augmentent fortement depuis plusieurs années de plusieurs dizaines de milliers d’élèves en plus chaque année.

Le nombre d’élèves dans les classes augmente avec les suppressions de postes qui se cumulent dans le second degré année après année. En collège, le nombre moyen d’élèves par classe est ainsi passé (ULIS incluses) de 24,2 en 2010 à 25,1 en 2018. Pour compenser ces coupes sombres, les HSA sont en augmentation alors que le temps de travail augmente en flèche dans un contexte déjà difficile.

Si des efforts sont faits sur le 1er degré pour financer les CP à 12 et les seuils à 24 c’est dans le cadre d’une politique menée à moyens constants et au détriment des collèges et lycées. Et dans ce domaine, nous suggérons de regarder du côté de la Défense (6,8 Md€ de hausse depuis 2017) ou des plans de relances qui consistent à verser des milliards à des entreprises qui licencient.

Privatiser les profits, socialiser les pertes : on connaît la chanson mais elle dissone à nos oreilles.

Enseignement supérieur et recherche

Dans l’enseignement supérieur et la recherche, alors que le nombre d’étudiant-es augmente fortement sans discontinuer (+25 % entre 2011 et 2018), ce sont 198 postes qui sont supprimés dans les universités, dans un contexte où le gouvernement fait adopter un projet de loi de programmation plurinannuel contre lequel se mobilisent les personnels et dont on sent déjà les premiers effets.

AESH : en progrès mais peut beaucoup mieux faire

Ce budget qui prévoit le recrutement de 4000 AESH souligne le manque criant de personnel pour accompagner les élèves en situation de handicap après des années d’incurie. Si ce recrutement significatif va dans le bon sens, il reste en deçà des besoins des élèves et maintient ces collègues dans la précarité. Pour SUD éducation il faut en terminer avec les temps partiels imposés et aller au bout de la logique de la création du statut d’AESH en CDI en ouvrant un corps de titulaires de la Fonction publique qui intégrerait les contractuel-le-s actuellement en poste et reconnaîtrait tant l’importance de ce métier que l’enjeux de l’accompagnement des élèves en situation de handicap.

Crise sanitaire : où ça ?

Le grand absent de ce budget ? C’est la Covid. Alors que l’épidémie repart de plus belle et qu’aucune amélioration à court terme n’est prévisible rien n’est prévu pour corriger un tir catastrophique depuis la rentrée : aucun recrutement supplémentaire, pas de nouveau locaux, pas de dédoublements, pas de personnels de santés supplémentaires. L’Éducation nationale tient son cap de rigueur budgétaire, pandémie ou non. Et pour un « budget de relance » qui « répond à l’urgence immédiate » (Bruno Lemaire) : c’est un peu léger.

Une centaine de suppressions de poste aussi chez Canopé et l’Onisep

La restructuration du réseau Canopé, centrée uniquement sur formation des enseignant-e-s à distance, se traduit par de nouvelles suppressions de postes. De même pour l’orientation, après la suppression des DRONISEP, le passage de l’information depuis le réseau des CIO démantelé au profit des régions qui ne proposent que de l’information sur Internet confiée à des prestataires privés, l’ONISEP perd encore des postes.

Pour SUD éducation, la communication ministérielle ne doit tromper personne : ce que le ministre propose n’est qu’une gestion à courte vue, avec pour seul objectif à moyen terme la réduction des moyens de l’Éducation nationale, ainsi que de l’enseignement supérieur et la recherche.

Depuis plusieurs mois, à l’inverse des orientations de ce projet de loi de finance, SUD éducation revendique la mise en œuvre d’un plan d’urgence.

« Constellations » : la formation continue doit pouvoir être choisie pour répondre aux besoins des personnels

Depuis des années la formation continue des enseignant-e-s se réduit à peau de chagrin.

Manque de remplacement, réforme et appauvrissement de la formation initiale, volonté d’imposer la vision ministérielle du métier d’enseignant-e, le manque de moyens et de volonté politique pour former les personnels de l’éducation sur leur temps de travail s’accroît.

Depuis l’arrivée du ministre Blanquer, le peu de formation se fait de manière de plus en plus autoritaire, avec une normalisation des pratiques qui va dans le même sens que les évaluations nationales et autres préconisations. Ainsi, les professeur-e-s des écoles n’ont plus le choix depuis 2017 pour leurs animations pédagogiques : c’est 9 h de français et 9 h de mathématiques. On retrouve ici la vision tronquée du notre métier d’enseignant-e de moins en moins interdisciplinaire, de notre enseignement de moins en moins transversal, dans l’esprit des 2S2C.

Cette année, un nouveau pas est franchi avec la formation en “constellations”, des groupes constitués par les IENs selon les écoles ou niveaux de classe.

Le ministère voudrait que chaque année 1/6e des professeur-e-s des écoles suive une formation en français ou en mathématiques appelée « Plan français » / « Plan mathématiques ». Il s’agirait de 30h de formation : 18h sur les animations pédagogiques, et le reste constitué de visites en classe par des conseiller-e-s pédagogiques et d’autres collègues.

Ces groupes seront “pilotés” par des conseiller-e-s pédagogiques qui ne pourront pas avoir suffisamment de temps pour organiser cela convenablement.

Il s’agit bien de mettre en œuvre les orientations conservatrices du ministre et de ses proches plutôt que dans la réflexion sur les pratiques de classe. Les visites en classe prévues dans ces formations seront certainement vécues de manière intrusive vu la manière d’imposer les choses, alors même que les ateliers de pratiques réflexives, quand ils ne sont pas subis mais choisis peuvent être très formateurs. Se pose aussi la question des moyens de remplacement pour permettre à ces collègues ces visites croisées. Il est précisé dans les textes que le recours au remplacement peut être diminué par la mise en place de formations réalisées pendant les temps de vacances.

SUD éducation considère inacceptable cette organisation autoritaire de la formation.

La formation ne doit pas être un lieu d’imposition de pratiques au détriment de la liberté pédagogique qui permet de s’adapter à la réalité des besoins des élèves.

SUD éducation revendique une formation continue de qualité, librement choisie et sur le temps de service.

SUD éducation rappelle que les enseignant-e-s du premier degré peuvent défalquer 3 × 3h des ces formations en participant à des réunions d’informations syndicales (RIS) et que les collègues qui souhaiteraient s’opposer collectivement aux visites en classe sont couverts par un préavis de grève (cf. Préavis de grève de la Fédération SUD éducation du 15 septembre au 15 novembre 2020).

Rassemblement à Rennes, 14/10 à 15h devant le rectorat contre la répression anti-syndicale : soutien aux 4 de Melle (79) !

Nos collègues de Melle (79), mis-e- en cause pour leur participation à des rassemblements contre la mise en place des E3C, passent en Conseil de discipline les 12, 13, 14 et 16 octobre. Ce sont quatre collègues qui sont convoqué-e-s à des conseils de discipline : l’acharnement anti-syndical est encore monté d’un cran.

Face à cet exemple emblématique de la répression anti-syndicale dans l’éducation, SUD éducation appelle à participer à un rassemblement national à Poitiers à l’occasion de la tenue des CAPA disciplinaires le lundi 12 octobre à 13h.

SUD éducation 35 Solidaires appelle également à un rassemblement de soutien
devant le rectorat de Rennes le mercredi 14 octobre à 15h

SUD éducation appelle également l’ensemble des personnels à témoigner de leur solidarité avec les 4 de Melle par le biais de prises de positions, de motions en Conseil d’administration ou en Conseil d’école, par l’organisation de rassemblements de soutien devant les DSDEN et les rectorats à l’occasion des Conseils de discipline, et à suivre les initiatives proposées par le comité de soutien.

SUD éducation déposera un préavis de grève spécifique à cette occasion pour toute la semaine du 12 au 16 octobre.

Tract Melle 12 octobre

Le sexisme n’a sa place ni dans les établissements scolaires, ni dans les universités, ni ailleurs

Les injonctions contradictoires sur les tenues vestimentaires ne cessent de s’amplifier. À l’école, à l’université, au travail, dans tous les aspects de leur vie quotidienne, les femmes et les filles subissent des propos sexistes culpabilisants véhiculés par une société restée patriarcale. Les vêtements portés par les filles et les femmes ne correspondent jamais à la norme : trop longs, trop courts, trop enveloppants, trop décolletés… La volonté de contrôler le corps des femmes est une constante qui se manifeste aussi sur leur tenue par des sommations : « couvrez-vous » ou « découvrez-vous ».

Sur le front de l’égalité, Le ministère communique beaucoup, mais agit peu. Si les discussions sur le plan national d’action pour l’égalité femmes-hommes progressent, rien n’est visible pour les personnels dans les établissements et les services. Malgré le travail conduit par la DGRH, les personnels, comme les élèves et les parents d’élèves attendent toujours l’application de la circulaire du 9 mars 2018 contre les violences sexuelles et sexistes. La mission de référent-es égalité filles/garçons dans les établissements ne bénéficie que rarement ou que partiellement des moyens pour la mener. Cette mission n’est jamais une priorité dans les faits. Le constat est le même au sein des établissements de l’enseignement supérieur et notamment des universités, malgré la loi Fioraso de 2013 rendant obligatoire l’existence de chargé-e de mission égalité femme-homme.

Il existe toujours des règlements vestimentaires sexistes qui s’appliquent presque uniquement au corps des filles et des femmes, en contradiction avec l’article 9 de la Charte de la laïcité à l’école.

 

Des collégiennes et lycéennes se mobilisent pour lutter contre le sexisme dont elles sont victimes dans leurs établissements scolaires. Au lieu d’apporter son soutien dans la lutte contre le sexisme, le ministre Jean-Michel Blanquer demande à ce que les filles s’habillent “normalement”. Le lundi 21 septembre, il a encore franchi un cran dans cette voie en demandant de venir à l’école habillé “de manière républicaine”. Les filles et les femmes, comme les autres individus, doivent pouvoir s’habiller sans subir la sexualisation de leur corps. Le ministre semble oublier les pressions que subissent les filles et les injonctions qui leur sont faites concernant leurs vêtements, leur comportement, leur langage.

Contrôler les tenues des filles et des femmes nourrit et reproduit les inégalités de genre et les violences sexistes. Cela participe à la culpabilisation des femmes et des filles et à l’impunité des garçons et des hommes.

Alors qu’une femme sur trois est victime de harcèlement sexuel au travail au cours de sa vie, les procédures prévues par la circulaire du 9 mars 2018 relative à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans la Fonction Publique ne sont pas ou peu mises en œuvre dans l’Éducation nationale, ministère pourtant féminisé à plus de 68 %, sans doute faute d’engagement budgétaire suffisant dans la formation, et dans l’installation d’une véritable cellule d’écoute. L’accord Égalité entre les femmes et les hommes dans la fonction publique stipule pourtant explicitement que les employeurs publics ont un devoir d’exemplarité en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles et qu’il leur est demandé un principe de tolérance zéro.

Le plan national d’action pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes du MENJS et du MESRI doit permettre la prévention et la lutte contre ces violences et les agissements sexistes en tous genres.

 

Nos organisations, (CGT-FERC, FSU, SGEN-CFDT, SNALC, SUD éducation, UNSA-éducation, FIDL, MNL, Solidaires étudiant-e-s, UNEF, UNL) revendiquent :

  • une formation initiale et continue des personnels dédiés à la lutte contre les stéréotypes sexistes et aux inégalités entre femmes et hommes, déployée dans toutes les académies et accessibles à un grand nombre d’agent-es chaque année ;
  • une véritable éducation à l’égalité, à la sexualité et contre les stéréotypes sexistes pour les élèves ;
  • des moyens pour tout-es les référent-es Égalité filles-garçons dans les établissements ;
  • la mise à disposition et diffusion pour les personnels des résultats de la recherche sur les pratiques pédagogiques qui permettent de lutter contre les modes de domination reproduits à l’école ;
  • le bénéfice systématique de la protection fonctionnelle renforcée par le protocole Égalité pour les femmes qui dénoncent les violences sexistes et sexuelles au travail et les violences conjugales ;
  • une formation spécifique de tous les personnels à la prise en charge de ces violences ;
  • la prise en compte réelle des actions et propositions des élèves dans la modification des règlements intérieurs où subsistent des injonctions archaïques en matière de tenues vestimentaires, notamment à travers la mobilisation des CVC et CVL.

Courrier unitaire au ministre sur la liste complémentaire du concours de professeurs des écoles

Paris, le 21 septembre 2020

A

Monsieur Jean-Michel BLANQUER

Ministre de l’Éducation nationale

110 rue de Grenelle

75357 Paris 07 SP

Objet : liste complémentaire du concours de professeurs des écoles

Monsieur le Ministre,

Deux semaines après la rentrée scolaire, nos organisations syndicales constatent une situation difficile dans les écoles : les classes sont trop chargées, les remplaçant-e-s et les enseignant-e-s spécialisé-e-s manquent.

À ces difficultés, s’ajoutent les conséquences de la mise en isolement de nombreux et nombreuses collègues suspecté-e-s d’être positif ou positive au Covid19 ou ayant été en contact avec une personne positive.

Ces quatorzaines mobilisent fortement les remplaçant-e-s et conduisent parfois à reporter sine die des formations institutionnelles telles que les 18 demi-journées REP+, la formation CAPPEI… ce qui n’est pas acceptable.

Au mois de mars, vous aviez annoncé la création de 1248 postes supplémentaires, ce qui pour nos organisations syndicales reste une mesure insuffisante pour assurer des conditions de rentrée satisfaisantes.

Par ailleurs, cette annonce de 1248 postes supplémentaires ne s’est traduite que par une augmentation de 625 places aux différents concours (11415 places en tout) dont 526 pour le concours externe, celui-ci passant de 9 515 à 10 041 places.

Aujourd’hui, près de 2000 candidat-e-s au concours de professeur des écoles, qui ne demandent qu’à enseigner, sont inscrit-e-s sur liste complémentaire.

En cette rentrée difficile, nos organisations syndicales portent une exigence commune : il est urgent Monsieur le ministre, que vous donniez la consigne aux recteurs et rectrices  de recruter la totalité des candidat-e-s au concours inscrit-e-s sur les liste complémentaires et que celles-ci soient abondées si nécessaire.

Dans l’attente de votre réponse, veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos salutations distinguées

Signataires :

  • Guislaine David – Co-Secrétaire générale, SNUipp-FSU

  • Stéphane Crochet – Secrétaire général, SE-UNSA
  • Frédéric Volle – Secrétaire général, SNUDI-FO
  • Catherine Nave-Bekhti – Secrétaire générale, SGEN-CFDT
  • Fatna Seghrouchni – Co-Secrétaire fédérale, SUD-Education
  • Patrick Désiré – Secrétaire général, CGT Educ’Action

Formation : Rendre visibles les atteintes à la santé liées au travail

Voici le programme de la formation « Rendre visibles les atteintes à la santé liées au travail’ qui se tiendra le 24 novembre prochain à la maison de quartier de Villejean.
 
Inscriptions avant le 16 octobre 2020 à : santetravail@solidaires35.fr
Vous trouverez la fiche d’inscription pour le stage ici.
 
Cette journée ouvre droit au congé de formation économique et syndicale (CFESS)

Un an après la mort de Christine Renon, on n’oublie pas, on ne pardonne pas

Le suicide de Christine Renon a bouleversé les personnels de l’Éducation nationale. Dans une lettre qu’elle adresse à ses collègues avant de mourir le 24 septembre 2019, cette directrice d’école de Pantin décrit avec beaucoup de vérité les difficultés qui font le quotidien des personnels ainsi que le manque de soutien de l’institution.

La mort de Christine Renon a mis au jour une réalité trop souvent niée par l’Éducation nationale : celle de la dégradation des conditions de travail. Les personnels sont confronté-e-s à la précarité grandissante des habitant-e-s du département sans bénéficier des moyens nécessaires pour y faire face. La charge de travail est toujours plus importante alors que les conditions matérielles sont déplorables. L’État a reconnu le caractère imputable au service de la mort de Christine Renon et pourtant un an après, les réponses de l’administration sont largement en-deçà des besoins et des enjeux. Avec 86 médecin-ienne-s du travail pour plus d’un million de personnels et une gestion de management des ressources humaines, la situation ne cesse de se dégrader. Le Ministre Blanquer s’entête dans ses projets de réformes impopulaires : après la loi pour l’École de la confiance et les réformes du bac et du lycée, il entend s’attaquer aux directions d’école pour renforcer une organisation hiérarchique et pathogène du travail, calquée sur celle des collèges et des lycées.

 

La Fédération SUD éducation se joint à SUD éducation 93 pour relayer l’appel du collectif de Pantin à la marche contre l’oubli, pour la jeunesse et l’éducation et appelle tous les personnels à continuer de se mobiliser pour défendre leurs droits et pour un changement radical de politique éducative : l’intérêt du service public d’éducation et la santé des personnels doivent prévaloir sur les impératifs budgétaires et les logiques managériales.

Affiche sur les droits COVID 19

Le ministre l’a claironné haut et fort dans les médias à la rentrée, il est prêt à toute éventualité. S’il a bien prévu l’obligation de la continuité pédagogique, du port du masque, il a totalement oublié de préciser les droits des agent·es dans le contexte de la crise sanitaire. Un peu comme si le sort des personnels dont il a la responsabilité ne lui importait guère… Les textes arrivent au compte goutte et descendent tout doucement du ministère jusqu’aux oreilles des gestionnaires.

Vous trouverez donc ici une affiche qui résume les différents droits et obligations liés au COVID 19 à ce jour.

Vous pouvez la télécharger ici (pdf couleurs) : https://cloud.sudeducation35.fr/index.php/s/AcPkM94QgefE64Y

Vous pouvez la télécharger ici (pdf NB) : https://cloud.sudeducation35.fr/index.php/s/JWP9jNrqTrkmy9j

Alerte rouge dans l’éducation nationale

 

Toute la communication de l’exécutif est actuellement axée sur les signes inquiétants de reprise épidémique. De nombreux indicateurs soulignent une hausse des taux de positivité, taux de dépistage, taux d’incidence, nombre d’hospitalisation, de réanimation, de décès…
Plusieurs pays retournent au confinement total (Israël) ou partiel (Espagne), et durcissent les mesures de protection.

Mais en France, l’exécutif continue de se singulariser par une stratégie originale : l’incohérence et la réaction. Depuis janvier, rien n’a changé en ce domaine.

Mesures générales : des discours et des actes en décalage

Pays centralisé au possible, le gouvernement choisit pourtant en pleine crise majeure et totalement inédite de déléguer les urgences sanitaire, éducative et de droit à l’échelon local, renvoyant toutes les décisions et responsabilités aux ARS, aux Rectorats et aux Préfets.
L’heure est grave, mais le gouvernement n’est plus responsable de rien. Aucun service administratif n’est prêt à gérer cela à la place des ministères, au pied levé !

En mars, le gouvernement n’avait pas assez de masques à distribuer : ils étaient donc « inutiles », et mêmes dangereux.
Aujourd’hui, ne pas en porter peut nous coûter 135€. Nous devons porter le masque partout, tout le temps : dans la rue, dans les commerces, sur les lieux de travail, dans les écoles et établissements… Entre les temps de trajet, les temps de classe, les temps de réunion, les personnels de l’Éducation Nationale et de l’ESR passent en moyenne 8 à 10h par jour avec un masque sur le visage.

A partir de mai, la campagne de dépistage a été lancée. « Tester, tracer, isoler ».
Aujourd’hui chacun-e constate des difficultés pour obtenir un rendez-vous, pour obtenir des résultats dans des délais compatibles avec le risque de transmission de la maladie. Les laboratoires manquent de tests, de réactifs, de machines, de personnels…
Le gouvernement est toujours incapable de porter une campagne de dépistage d’ampleur et efficace. Nous sommes donc toujours aveugles, ou particulièrement malvoyant-es en ce qui concerne la propagation du virus…

Éducation Nationale : un monde à part

Le milieu scolaire est le 4ème lieu le plus propice au développement de foyers d’infection, et pourtant, le ministre de l’Education choisit d’alléger encore le protocole sanitaire.
Nous n’avions déjà plus de distanciation sociale, plus d’interdiction de brassage des groupes, plus de protection des personnels vulnérables.
Les masques DIM, fournis par l’EN mais dénoncés par l’ARS (de Bretagne, par exemple), deviennent soudain suffisants pour empêcher les porteurs de devenir des cas contacts (merci le Haut Conseil pour la Santé Publique – HCSP).

Désormais, pour éviter d’avoir trop de classes fermées et de personnels en ASA, les règles sont modifiées : nous devons apprendre à distinguer à l’école les cas contacts « à risque », et les cas contacts « non risqués ». Il faut au moins 3 cas positifs dans une classe pour envisager sa fermeture (on attend donc de développer des clusters). Les règles de traçage et d’isolement qui s’appliquent dans la société ne s’appliquent plus de la même manière dans les écoles et établissements…

Toutes ces décisions sont prises alors même que le nombre de clusters hors EHPAD, et notamment en milieu scolaire/universitaire augmente fortement dans la région, et particulièrement dans l’Ille et Vilaine.

L’analyse est simple : le ministre veut à tout prix que l’école remplisse sa fonction de « garderie des enfants de salarié-es » afin de servir la relance de la sacro-sainte économie, et modifie à l’avenant les outils de mesure et de protection des personnels et usagers. Blanquer, Castex et Macron jouent délibérément avec notre santé.

Résister, se protéger

L’action collective est toujours la plus efficace pour défendre nos droits et en gagner de nouveaux.

Nous vous recommandons d’utiliser le plus régulièrement possible le RSST, afin de signaler à l’institution chaque défaillance dans la protection des personnels et des usagers. N’hésitez pas à faire des fiches quotidiennement, sur :
• la qualité des masques DIM (trop petits, trop épais, glisse tout le temps…)
• le nombre de masques attribués
• le nettoyage des masques, qui doit être géré par l’employeur et non par le personnel
• la qualité du nettoyage des locaux, la fréquence…
• le nombre de sanitaires disponibles pour procéder régulièrement au lavage des mains
• l’exigüité des locaux, en lien avec les effectifs chargés
• …

L’institution a le devoir de répondre aux dysfonctionnements signalés par les personnels.

Nos revendications

La demande est simple :

→ Soit les indicateurs augmentent dangereusement, le risque est réel, et il faut donc prendre des mesures pour augmenter la protection des personnels et usagers :
• réduction des effectifs
• augmentation du nombre de locaux, du nombre de sanitaires
• augmentation de la fréquence du nettoyage des locaux
• recrutement de personnels
• remise en sécurité des personnels vulnérables
• fourniture de masques chirurgicaux, plus légers, pour laisser passer la voix des enseignant-es

→ Soit la communication est mensongère et le risque stabilisé, et donc les mesures peuvent être globalement allégées :
• fin du protocole sanitaire
• port du masque recommandé mais non obligatoire
• rétablissement des libertés publiques

L’exécutif ne peut pas continuer de jouer sur les deux tableaux, en espérant nous priver de toutes nos libertés, en ne nous laissant que la possibilité d’aller travailler et rentrer chez soi.

Si l’éducation et la santé sont bien des investissements et non des dépenses, comme l’affirme Blanquer dans les médias (interview du 2 juin), alors il faut cesser d’agir pour la réduction des coûts, des effectifs et l’augmentation des inégalités, et au contraire considérer avec sérieux les propositions faites par celles et ceux qui sont au plus près du terrain.

Depuis des mois, la fédération SUD éducation propose et revendique un plan d’urgence pour l’éducation :

→ soutenir financièrement les collectivités territoriales pour qu’elles aménagent les locaux scolaires et recrutent massivement du personnel pour leur nettoyage
→ recruter massivement du personnel : enseignant-es, psychologues de l’EN, enseignant-es spécialisé-es (RASED), AESH, AED… afin de constituer et d’encadrer des effectifs réduits pour tous les niveaux, d’accompagner les élèves en difficulté et en en situation de handicap
→ recruter du personnel médical pour enfin constituer une médecine scolaire (usagers) et une médecine de prévention (personnels) dignes de ce nom
→ recruter des assistant-es sociales-aux pour accompagner les familles victimes de la crise économique qui se profile
→ aménager les programmes pour tenir compte de la situation inédite que nous venons de vivre

Pour SUD éducation, les missions de service public doivent être effectuées par des agent-es du service public : des fonctionnaires, dont le statut garantit l’indépendance de toute influence extérieure (financière, idéologique, sociale…). Battons-nous pour préserver ce statut ou l’obtenir (pour les AED et les AESH) : le statut préserve la qualité du service public.

Guide des AED

Aujourd’hui, dans l’Éducation nationale, 1 personnel sur 4 est  contractuel-le : assis-tant-e-s d’éducation, accompagnant-es d’élèves en  situation de handicap, assis- tant-es pédagogiques, enseignant-e-s et administratif-ves contractuel-le-s,  agent- e-s d’entretien…

Les Assistant-es d’éducation et les Assis-tant-e-s pédagogiques  travaillent sous des contrats de droit public de la Fonction publique d’État. Ces  contrats offrent très peu de protections collectives : bas salaires, temps incomplets imposés, pressions sur les renouvellements de contrats… Les contrats qui  offrent peu de garanties créent de la précarité. Sur le terrain, cette situation se traduit par le non-respect des missions des AED, une quasi-absence de formation, des abus d’autorité de la part du-de la chef-fe ou des CPE, la non-reconnaissance du rôle pédagogique et éducatif du  travail, l’absence de fiches de poste précises (avec pour conséquence la multiplication des tâches demandées, qui  peuvent être assez éloignées des missions).

Se  défendre pour faire respecter nos droits ! C’est l’objectif de ce guide qui s’adresse plus particulièrement aux personnels effectuant des missions de surveillance et d’éducation, AED et AP. Connaître ses droits et les faire respecter est un premier pas,mais nous devons aller plus loin et exiger de véritables améliorations dans le statut et dans les conditions de travail des personnels de Vie scolaire.

Ce guide consacré aux droits des AED et des AP a été écrit à partir de l’expérience de militant-e-s syndicaux-ales AED et AP. La Fédération SUD éducation, syndicat de lutte, revendique la titularisation de tou-te-s les précaires de l’éducation, sans conditions de concours ni de nationalité, la réduction du temps de travail et l’augmentation  des salaires. SUD éducation revendique  un  vrai  statut  d’éducateur pour les personnels des équipes de Vie scolaire, sans limite dans le temps. Nous pensons que la précarité au  travail  doit disparaître au même titre que la précarisation généralisée de la société. C’est pour cela que SUD éducation se bat pour une autre école et une autre société, à l’opposé des politiques libérales et réactionnaires du gouvernement.

 

Télécharger le guide

Guide des accompagnant-e‑s d’élèves en situation de handicap

AED, AVS, AESH, Aides humaines… La multiplication et le flou des appellations, depuis l’instauration de « la loi de 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées », pour désigner les accompagnant-es d’élèves en situation de handicap est révélatrice du peu de considération accordée à ce métier. Les représentations ont la vie dure. Loin de l’image du/de la pousseur/euse de fauteuil ou du/de la preneur/euse de notes, il a pris une dimension dont les gouvernements ne veulent pas reconnaître la mesure.
La dernière circulaire du 5 juin 2019 servant de cadre de gestion des AESH a créé énormément de frustration par rapport à la reconnaissance attendue et d’inquiétude par rapport aux dégradations de travail que les nouvelles règles instaurées parce texte génèrent.
Les acccompagnant-es d’élèves en situation de handicap qui travaillent pour certain-es depuis plus de 10 ans dans l’Éducation nationale ont développé des compétences en matière d’éducation et de pédagogie qui ont rendu leur rôle indispensable en matière d‘école inclusive et de pédagogie différenciée. Les personnels enseignants et administratifs comme les parents d’élèves tardent parfois aussi eux-mêmes à les considérer comme des collègues ou des partenaires à part entière.
La fédération syndicale Sud Éducation revendique pour les AESH un véritable statut de fonctionnaire sans lequel toutes les intentions affichées par les gouvernements de promouvoir l’égalité des chances pour les élèves en situation de handicap est pur affichage.

 

Marche des Solidarités

Nous appelons à une manifestation de lancement de la marche le samedi 3 octobre à 10 h Place Hoche.

La marche passera peut-être par chez vous car il y aura 3 étapes en Ille-et-Vilaine:

– Samedi 3 octobre: Rennes / Liffré

– Dimanche 4 octobre : Liffré / Saint-Aubin du Cormier

– Lundi 5 octobre: Saint-Aubin du cormier / Fougères

Si vous pouvez et souhaitez participer à l’accueil des marcheurs et marcheuses, merci d’en avertir le Collectif Inter-Orga à l’adresse suivante: mds_rennes@protonmail.com

 
Une manifestation nationale est prévue le samedi 17 octobre à Paris pour clore cette marche nationale des Sans-papiers.
Un départ de Rennes en car est prévu. Il partira le samedi 17 à 7h au métro la poterie pour un retour vers minuit à la Poterie.
 
Réservation obligatoire : 
  • par mail à mds_rennes@protonmail.com, avec comme objet « Inscription Car », et veillez à laisser vos noms, prénoms, numéro de téléphone, et participation aux frais envisagée en prix libre, gratuité possible (coût de la place unitaire : 27,30€): le paiement se fera le jour du départ.
  • Ou lors de la Fête des Possibles, sur le stand de vente de T-shirt, samedi 26 septembre entre 12h et 20h place Charles de Gaulle
 
Pour soutenir la marche (logistiques, restauration des marcheurs.euses, etc.) :
  • Vous pouvez participer au pot commun : www.lepotcommun.fr/pot/202qdipp-MdSGrandOuest
  • Solidaires propose des T-shirts de soutien « Marche des Solidarités » au prix de 10 E: ils seront vendus pendant la fête des possibles qui a lieu samedi 26 septembre de 12h à 22h esplanade Charles de Gaulle ainsi qu’au moment des manifestations des 3 et 17 octobre. Je peux aussi vous en réserver si vous le souhaitez.

Écoles maternelles et élémentaires : le ministère ne protège ni les personnels, ni les élèves

Le ministère a fourni, tardivement, des masques aux personnels affectés dans les écoles maternelles et élémentaires. Toutefois, il ne fournit aucun dispositif de protection pour les élèves, et les mesures d’hygiène ont été considérablement allégées. À ce stade, les masques ne sont d’ailleurs toujours pas arrivés en quantité suffisante pour répondre aux besoins fixés par le protocole sanitaire lui-même, à savoir deux masques par jour et par adulte. Par ailleurs, les personnels ont reçu, au mieux, des masques en tissu qui ne constituent pas, du point de vue de l’agence nationale de santé, une protection suffisante. Le ministre prend donc sciemment la responsabilité, alors que plus de 260 classes sont déjà fermées, d’exposer les personnels et les élèves à la contamination.
Plus largement, il prend la responsabilité de favoriser l’apparition de clusters dont la conséquence sera la fermeture de classes, d’écoles ou d’établissements. En effet, l’agence nationale de santé définit clairement comme cas contact tout-e élève ou enseignant-e de la même classe qu’un-e élève ou personnel testé positif à la Covid-19, si l’un-e des deux ne porte pas de masque. Cela signifie que si un-e enseignant-e est testé-e positivement, toute la classe devra être mise en quatorzaine et testée. Cela signifie également que si un-e élève est testé-e positif ou positive, alors l’enseignant-e sera un cas contact également s’il ou elle n’était pas doté-e d’un masque chirurgical.

Pour SUD éducation, cela confirme la désinvolture avec laquelle le ministère et le ministre Blanquer ont préparé cette rentrée.
Les personnels contaminés par la Covid-19 doivent bénéficier de la reconnaissance en maladie professionnelle, et donc la journée de carence ne doit pas leur être décomptée.
SUD éducation revendique la mise en œuvre urgente de mesures permettant de limiter les risques de contamination, par le respect des mesures indispensables d’hygiène et de protection des élèves et des personnels, ainsi qu’une baisse significative des effectifs par classe permettant de réduire les risques de contamination.
Cela suppose des recrutements importants de personnels, en puisant dans le vivier des listes complémentaires aux concours, ainsi qu’au-delà dans les vivier des candidat-e-s admissibles aux concours.