Revalorisations : des annonces toujours très insuffisantes

Le ministère a annoncé lundi 16 novembre des mesures concernant les revalorisations dans l’éducation. Celles-ci s’inscrivent dans les orientations déjà annoncées auparavant et les précisent.

Une première tranche de 173 millions d’euros sera consacrée à l’octroi de primes d’attractivité pour les débuts de carrière, avec un versement dégressif du 2e (1400 euros bruts annuels) au 7e échelon (500 euros brut annuels). Cette prime serait la même pour les PE, les certifié-e-s et les agrégé-e-s. Les contractuel-le-s seraient également concerné-e-s, avec une prime dégressive allant de 54 euros nets par mois à 27 euros nets par mois.

La position de SUD éducation sur cette prime d’attractivité est claire : la revalorisation doit se faire sous forme indiciaire et non indemnitaire, et doit correspondre à une enveloppe bien supérieure, pour compenser a minima la baisse du niveau de vie des personnels depuis le gel du point d’indice en 2010. Depuis 1995, à échelon constant, les personnels ont vu leur salaire fondre de près de 20% en tenant compte de l’inflation. Il n’est également pas garanti que cette enveloppe s’inscrive dans une programmation pluriannuelle comme c’était annoncé par le ministère : ces augmentations indiciaires doivent se faire dans la durée, les montants devant se cumuler sur plusieurs années. Enfin, les augmentations de salaires doivent concerner l’ensemble des personnels à tous les échelons, et pas seulement les enseignant-e-s, psyÉN et CPE.

Une deuxième tranche de 178 millions d’euros est consacrée à la prime d’équipement informatique, ce qui représente un versement unique de 150 euros par enseignant-e ou psyÉN. Pour SUD éducation, ce versement est très en-deçà de ce qui est nécessaire pour correspondre aux dépenses des personnels, particulièrement en cette période de crise sanitaire. Enfin, comme pour l’augmentation salariale, cette prime doit être versée à l’ensemble des personnels.

Enfin, une troisième tranche sera versée pour diverses mesures catégorielles. Parmi celles-ci, les 45 millions d’euros versés aux directeurs et directrices d’école, à peu près dans les mêmes proportions que la prime versée cette année en octobre, ne sont pas suffisants : les revendications des personnels portent non seulement sur la revalorisation, mais aussi sur les aides administratives et les décharges dans des proportions conséquentes.

Par ailleurs, ces annonces risquent d’être un levier pour que le ministre exige des contreparties sur le temps de travail, les congés scolaires et le numérique. SUD éducation appellera les personnels à faire barrage à toute mesure allant dans le sens d’une dégradation de leurs conditions de travail.

Salaires : les annonces du ministre ne sont que des miettes

Le ministère a finalement dévoilé ses propositions sur les salaires aux organisations syndicales le 13 octobre. Sur les 400 millions d’euros consacrés à cette augmentation des seuls personnels enseignants, 396 serviront à des primes. Ce ne sont que des miettes jetées par le ministre Blanquer qui promettait encore des milliards consacrés à l’augmentation des salaires des personnels il y a moins d’un an.

Il s’agit tout d’abord d’une « prime d’attractivité » qui serait versée aux enseignant-e-s en début de carrière, seulement après leur titularisation. Selon les scénarii, il s’agit d’une prime au montant dégressif, versée durant les 9, 12, 14, 18 premières années d’enseignement.

Dans le meilleur des cas, la prime ne sera attribuée selon l’aveu du ministère qu’à 42% des enseignant-e-s, et encore dans cette hypothèse à des montants ridicules pour les personnels avec le plus d’ancienneté, de l’ordre de 35 euros par mois pour un-e PE, 21 euros pour un-e agrégé-e si les primes étaient différenciées selon les corps.

Quant aux enseignant-e-s contractuel-le-s, ils et elles ne percevraient qu’une prime forfaitaire de 50 à 66 euros nets mensuels.

Il s’agit ensuite d’une « prime d’équipement » de 150 euros nets, versée annuellement à tous les personnels, dont les contractuel-le-s embauché-e-s pour au moins une année scolaire. Cette prime ne serait versée, en une fois, qu’à partir de septembre 2021. Pour SUD éducation, cette prime, bien que faible, est une avancée. Mais ne doit pas dispenser le ministère d’indemniser les personnels pour le travail à distance réalisé durant toute la période du confinement.

Enseignante heureuse avec son nouvel ordinateur acheté grâce à la prime « informatique » annuelle de 150€.

Ces primes ne rattraperont en aucun cas la décennie de stagnation des salaires de tous les  personnels de la fonction publique. SUD éducation exige que ces primes soient intégrées au  salaire, afin qu’elles entrent dans l’assiette des cotisations pour la retraite ou l’arrêt-maladie.

Pour SUD éducation, il faut construire dès maintenant la mobilisation pour gagner une  augmentation de la rémunération pour tous les personnels sans contrepartie, qui se  traduirait immédiatement par :

  • l’indexation des salaires sur l’inflation pour garantir le maintien du niveau de vie des personnels les moins bien rémunérés ;

  • l’intégration des primes et indemnités au salaire ;

  • une augmentation significative des salaires, d’autant plus forte que le salaire de l’agent-e est bas, pour réduire les inégalités salariales.

SUD éducation revendique également dans le cadre du projet d’égalité salariale qu’elle porte :

  • avec l’Union syndicale Solidaires, une augmentation du Smic à 1700€ nets ;

  • la titularisation sans condition de concours ni de nationalité de tous les personnels contractuels de l’Éducation nationale.